Les héros galonnés sont toujours de pacotille !

Posté par emmanuelesliard le 1 juin 2010

Aujourd’hui, je vais vous compter la pathétique histoire d’Andrew Cowley ou les illusions perdues d’un britannique bon teint, héros militaire sous Thatcher, puis oublié, vilipendé, rejeté, comme le seront les brutes de l’armée israélienne qui viennent d’attaquer des civils récalcitrants en haute mer.

- Quelle application ! Quelle aisance existentielle ! Quel détachement des basses contingences terrestres ! Je vous l’affirme, nous sommes sans l’ombre d’un doute en face d’un des esprits les plus brillants de notre siècle !
- De qui parles-tu ? Revel ?
- Tais-toi, il ne déconne pas !
- Voyez-vous même ! Le geste auguste du loufiat distingué, harmonie élégante de l’exécution manuelle et de la méditation transcendantale, tout nous conduit à l’expression majeure et accomplie de la synthèse de la matière et de l’esprit ! Nous côtoyons le sublime !
- Nous atteignons le sublime de l’abscons !
- Raillez, raillez ! Notre Quess est un modèle dans la profession, champion reconnu du plateau en salle, du demi sans faux col, du rond de jambe sans affectation, de l’addition service compris, de la retenue dans l’expression orale, de la parité sans les femmes !
- Sans les femmes ? On pige pas !
- Dis : « je », pas : « on », toi c’est toi, moi c’est moi !
- S’il est à voiles et à vapeur, votre comprenette est elle satisfaite, toi et toi ?
- Oh, Oh ! Vous me prêtez, me semble-t’il, des intentions qui sont à mille lieues de mes prétentions ! Je ne vous fais pas de procès, mais reconnaissez que vos procédés sont loin d’être parfaitement catholiques !
- Orthodoxes non plus ! Nous avons été un tantinet surpris par ton air extasié. Certain a pu même évoquer l’absorption, accidentelle il se doit, de substances illicites, rassure-nous ! Donne-nous la, là, nous serons kif-kif des caméléons !
- Vous vous foutez vraiment de ma poire !
- A te voir ainsi, concentré et travailleur, tu nous a rappelé quelqu’un ! Un de ceux qui font et défont le monde !
- Ben oui, je pensais !
- Il pensait ! Il maniait la lavette et il pensait !
- L’inculture progresse à grands pas, même dans nos riantes contrées ! Je voulais dire que Quess est devenu un essuyeur penseur, un archétype pascalien ! « Je pense donc j’essuie », quelle revanche sur les ilotes, qu’ils soient d’ici ou d ‘ailleurs, de nulle part ou d’à côté, il n’en revient pas lui même ! N’oublie pas ceci, mon cher ami de la limonade et des salades de houblon réunies ! C’est un magnifique point d’ancrage pour te reconstruire pas à pas, sans relâche. Courage !
- Pourtant, quand on le voit l’après-midi, assis sur son tabouret, les yeux mi-clos, bien calé sur les côtés, balançant harmonieusement d’avant en arrière son corps sinon gracile, parce que ne cillant point, du moins au physique intéressant, personne ne peut qu’avoir à l’esprit le souvenir d’un autre maître en la matière : le roseau pensant !
- Aujourd’hui, c’était plutôt le roseau penchant !
- Le baobab serait un mot plus juste !
- Avouez que c’est apaisant, d’observer notre Quess aussi serein, imperturbable, un repère majeur dans ce monde désemparé. Jour après jour, nous le retrouvons avec la même joie mêlée d’un sentiment étrange. Alors, qu’il soit pascalien, rousseauiste ou encore saintjossiste, que m’importe, la statue est toujours à la même place !
Nous avons tous besoin d’être rassurés, le : « dormez braves gens ! » du Moyen Âge a bien évolué. Les éléments sécurisants ne s’agitent plus dans la rue, mais sur les petits écrans à l’intérieur des habitations. L’image dans sa troublante, dangereuse et apparente simplicité ne suffit pas toujours. Par contre, que dire des fastueuses animations des cartes météo ? Sinon qu’elles semblent indestructibles, éternelles,  comme un ultime repère impérissable, un phare sacré dans notre monde si agité ! Comment, elles sont ringardes, figées ? Que nenni ! Elles sont immuables, des exemples je vous dis !
Ah, il faut voir ces petits nuages défiler fièrement d’ouest en est sur la carte de notre beau pays, même si la perturbation vient du sud. Je vous l’affirme : un océan de félicité dans une télé de brutes ! Une seule petite pointe d’inquiétude : symbolisant des vents violents, les vilaines grosses flèches sudistes, traîtreusement immobiles, ne vont tout de même pas se mettre en marche pour venir culbuter nos vaillants petits nuages qui foncent de toute la vitesse de leurs petites jambes, sublimes dans leur auguste traversée de l’écran. Mais oh miracle, la frayeur est de courte durée, il ne se passe rien, ouf ! Tout le monde l’a échappé belle !
Andrew Cowley, intrépide vétéran de la Royal Air Force, ancien des Falklands, osa un jour braver les vilaines flèches, il traversa le Channel et au cri de : « exocet ! », fondit sur notre bas pays tout surpris par l’intrusion d’un guerrier, certes retraité, mais au port altier, presque avenant, si ce n’était le filet de bave coulant négligemment à la commissure gauche des lèvres. Attirant inévitablement des réflexions un tant soi peu franchouillardes du genre : « les rosbifs, toujours les mêmes, des sourires hypocrites, n’empêche, la perfidie et le cynisme se lisent sur leur visage, avec eux on n’a pas fini d’en baver ! », ou encore : « les bêtes enragées, faut les éliminer, lors de la prochaine battue aux renards, on fera un détour par ici », pas très sympa, ni accueillant, avouons-le.
Admettons qu’au début, l’affaire se présentait mal ! Cowley ne voulut pas y voir autre chose que la xénophobie primaire si courante dans son île adorée. Il la quittait pourtant avec un soulagement manifeste, mêlé de regrets nostalgiques.
Trop de moments douloureux l’éloignaient de sa patrie adulée. Le souvenir de son cher ami Tom, coulant à pic dans les eaux glaciales de l’Atlantique, au large de l’Argentine, était de ceux-là. Leur navire venait d’être touché, coulé diront les pessimistes et les historiens, par un missile ennemi. Une arme redoutable traîtreusement fournie, lâchement vendue, par une nation prétendument amie. Ni lui ni ses collègues ne purent agir, pressés qu’ils étaient de fuir le théâtre du combat dans leurs canots de sauvetage. Plus tard, il racontait volontiers qu’il eut préféré, à l’instar de Nelson à Trafalgar, qu’un missile lui emporta une jambe et lui rendit son Tom. Décoré par la reine en présence de Margaret Thatcher, il oublia un temps ses rancœurs passées et prit exemple sur la dame de fer. Comme toute l’Angleterre, il avait l’impression d’exister, de jouer à nouveau dans la cour des grands.
Il avait raison, ses titres de gloire (easy), sa valeur technique que personne n’osait alors contester, son échine souple à peine dissimulée par une totale raideur qui n’était malheureusement pour lui qu’une illusion, lui offrirent rapidement un poste envié dans une société aéronautique. Il avait presque oublié sa grande peine, tout guilleret il se mit au travail.
Très vite les choses se gâtèrent, sa femme le quitta subitement pour rejoindre un perchiste dans un cirque, ce qui financièrement le laissa raide, chose rare pour un anglais ! Elle était partie avec le contenu du compte en banque. De déprime en déprime, il finit par se faire virer avec une facilité qui l’étonna ! Trois années étaient passées, la dame de fer n’avait plus besoin de ses pantins guerriers et de la connerie populaire pour rester au pouvoir. Cowley se rendit compte très tardivement de l’inanité de ses efforts, ses patrons avaient compris qu’ils pouvaient gagner dix fois plus d’argent l’année suivante en licenciant le quart du personnel, après ? On verra bien… ! On trouvera bien un pigeon pour racheter l’affaire.
Quelle andouille, me direz-vous ! Non ! Les britanniques ne connaissent pas cette sublime cochonnaille. Mes amis et moi toujours aussi audacieux, osons-nous suggérer sans être taxés d’anti-british primaires, quel bacon !
La maison qu’il avait achetée du temps de sa splendeur, se trouvait au bord du chemin, en haut de ma cour. Quelques semaines en été, un week-end de temps à autre, les nouveaux voisins ne se montraient pas envahissants, ni totalement désagréables, si ce n’était l’humeur très inégale de ce britannique plus lunatique que flegmatique. Les choses se gâtèrent après le départ définitif de sa femme. Il devint irascible, la moindre des contrariétés le sortait de ses gonds. Je mis cela sur le coup du choc de la séparation, ne me rendant pas compte que la porte était désormais ouverte.
La situation empirait, à mesure que les séjours de cet envahisseur du haut de la cour devenaient de plus en plus longs et de plus en plus fréquents. Il arrivait dans sa vieille Rover, le visage fermé, nous ignorant comme si nous étions les habitants d’un village africain visité par une escouade de clients abrutis d’un tour-opérateur.
Il débarquait rageusement une valise et quelques sacs fatigués, ainsi qu’un vieux chat à demi-aveugle, mauvais comme une teigne et planqué sous un faux plancher, afin d’échapper aux règlements sanitaires britanniques en matière de transport d’animaux domestiques ou de l’idée qu’il s’en faisait. Ces conditions de voyage ne pouvaient qu’influer défavorablement sur l’horrible caractère de la bestiole. Il en est des bêtes comme des hommes, ils deviennent ce que leurs maîtres les conduisent à être !
Suivant les cycles lunaires ou le calendrier des marées, sans mésestimer l’influence de l’andropause qui devait sournoisement le guetter, notre homme passait ainsi par de rares phases optimistes, noyées dans un océan d’idées noires, voire suicidaires, avec comme conséquence le pourrissement de notre vie quotidienne.
À la seule vue de sa face de carême déambulant en haut de la cour, ma fille était assurée d’une nuit de cauchemars, pas besoin des âneries diffusées par « la six » ! D’où le slogan, quelque peu réducteur : « la six en plus, un anglais en moins ! », qui a fleuri récemment sur nos vénérables écrans cathodiques. Ont-ils eu vent de nos problèmes albionnaires ? Nul ne le sait ! Sont-ils à l’écoute via Échelon ? Possible ! Mais, je les préviens : s’ils continuent à piller notre répertoire de chansons de Gainsbourg, je leur envoie les bérets verts !
- Not’Manu dérape encore ! Dès qu’il s’énerve, il dit n’importe quoi. Ces âneries, tu les a trouvées dans le fond d’un verre de chouchen ?
- Sûrement dans plusieurs ! Mais laisse dire, sinon il va perdre le fil et s’exciter davantage. Ce serait mauvais pour son cœur, pense à sa femme et à ses multiples enfants !
- Fais comme si nous n’avions rien dit !
Le jour, où je le vis rappliquer avec une nouvelle grue, cendrée celle-là, une couleur de poil qui s’accordait mal avec les multiples taches de rousseur couvrant son visage, je poussais un ouf de soulagement ! Quelle erreur mes aïeux ! Les épreuves de la vie britannique avaient définitivement brisé son petit cœur. Car tout british qu’il fût, un jour il avait dû en avoir un, même minuscule, voire un ersatz !
Quelques jours plus tard, un matin alors que l’aube n’avait pas encore accompli son bout de chemin, je me promenais tout guilleret dans la cour. Je me dirigeais vers le consulat britannique, après avoir salué les oiseaux locataires d’un trou du mur de la façade. Avec leur habituelle courtoisie ils me répondirent par un joyeux gazouillis, annonce d’une bien belle journée. Nous étions en été, la fenêtre de leur chambre était ouverte, j’entendais que l’on parlait de moi. Je ne compris pas tout, tant en raison de mon défaut de maîtrise de leur idiome, qu’à cause de la petite voix de la grue cendrée, qui avait beaucoup de mal à parvenir jusqu’à mes oreilles, comme si elle était déjà de l’autre côté du Channel.
Je distinguai néanmoins une expression, proférée par le héros des Falklands, qui me vrilla les oreilles : « fat pig » ! « Toi même », pensai-je si fort que je crus le crier ! Pour qui se prend-t’il le rosbif ? T’es pas à Jersey ici, tu es juste toléré chez moi, dans ta maison, c’est ça : une maison de tolérance ! Je hurlai : « le fat pig pourrait botter les fesses d’un tas de britishs, plus vite qu’un exocet ne met à couler un rafiot de sa gracieuse » ! Furieux, je rentrai précipitamment chez moi sans un mot pour mes amis à plumes, qui en poussèrent une série de trilles étonnées. Une sale journée débutait !
Ce que j’appris par la suite, ne fit que rendre son comportement encore plus infâme. Il avait été averti la veille de la mort de son père et s’apprêtait à retraverser la Manche, pour assister aux obsèques. Son chagrin était-il si immense qu’une de ses premières paroles du matin servait à insulter son voisin ? Ou alors, l’héritage devait être bien mince ou encore les droits de succession trop élevés ?
La déchéance guettait ce brillant sujet de sa gracieuse majesté ! Eh oui ! Thatcher fournit gracieusement les décorations de ces héros, puis leur fait payer l’addition ! Juste avant d’aller chaleureusement remercier Pinochet ! Une remarquable illustration de la collusion entre le cynisme libéral et le cynisme politique et vice versa, mais ceci n’est une surprise pour personne, sauf sans doute pour Tony Blair, qui a chaussé allègrement les escarpins de sa peu reluisante devancière, dépourvu d’états d’âme.
Pendant ce temps, les britishs débarquent le rouge au front, la honte sans doute, les cheveux, roux itou, en bataille, ils veulent que tout s’arrête, personne ne pénètre chez nous disent-ils ! S’il n’y a que ça, nous laissons la place à qui la veut ! Les arènes sanglantes n’ont jamais constitué notre terrain de prédilection, on s’en passe très bien, vous savez ! Nous ce qui nous branche, ce sont les herbes folles au coin d’un bois, la douceur marine d’un ciel bleu pastel, ce léger zéphyr irisant les yeux prometteurs d’une demoiselle, la verte vallée où ne coule qu’un gouleyant breuvage couleur de rêve, les regards qui se caressent sans aucune méfiance, le pétillement d’un rire contenu à grand peine, qui par vagues successives vient s’échouer sur notre candeur, l’émoi frémissant d’un toucher plein de promesses, la chaleur voluptueuse d’un enlacement tant rêvé qu’il semblait impossible, l’instant de recueillement émerveillé devant tant de bonheur, l’exploration un tantinet fébrile d’un monde certes connu mais qui comme un diamant de la plus belle eau nous en donne toujours une nouvelle facette, la danse gracieuse de nos doigts agiles qui ne peuvent qu’être vexés par ces nouvelles fermetures magnétiques, la valse de plus en plus endiablée de nos mains graciles et de nos lèvres suaves rencontrant l’alter ego tant espéré, le téton qui soudain se cabre sous l’insistant doigt léger, le désir de plus en plus brûlant inondant la source de vie et gonflant le membre pressé de remplacer le doigt titilleur dans un océan de volupté, l’élan d’autant plus adroitement passionné qu’il est bien guidé, le twist langoureusement syncopé de pulsion retenue, les gouttes de sueur qui se mélangent, formant des ruisselets subtilement salés, le dialogue haletant dans le va et vient continuel, simplement sublimé de légères pauses réparatrices, l’adage précise qu’icelui veut voyager loin ménage sa monture, mais également qui veut une bonne crêpe la fait sauter au bon moment pour la gratiner des deux côtés, l’accord tacite devenant une bruyante affirmation maintes fois répétée, de plus en plus démonstrative, l’extase de la conclusion paroxystique ou le sublime abandon dans une plénitude unique, prélude de la séparation après une ultime étreinte ou sensation de bien-être qui se prolonge au féminin singulier, pour quelques minutes, quelques heures, quelques leurres, quelques jours ou à jamais ! La vie est heureusement un éternel recommencement !
Éternel recommencement pour notre ex-thatchérien repenti, surtout aigri, à ses yeux le monde entier devenait responsable de sa situation ! Et comme toujours dans ces cas là, ce sont les proches, les voisins qui trinquent ! Les proches, il n’en avait guère, envolés, aussi passait-il le plus clair de son temps au bout de ma cour, en voisin rapproché, très encombrant ! Une bavure constante, Sarkozy au bout de la cour, c’est dire ! Moins Zébulon tout de même, car il manquait de ressort, une fois la colère passée, il aurait eu besoin de Margot pour le consoler et de Pollux pour le distraire ! Comme Sarkozy sur les autoroutes du Sud, il tournait à deux cents à l’heure le manège désenchanté. Puis tel un rodéo de CRS dans les rues de Condate un matin de nouvel an, il se fracassait lamentablement ne laissant que morts, blessés et désolation dans les flonflons de la fête ! Que le spectacle continue ! Telle est la noble devise du cirque et de notre Zébulon  La Bavure national ! Quant au british pâlot, il n’avait pas le flair du locataire du ten Downing Street, il est vrai si fin qu’on songe même à l’utiliser pour traquer les terroristes dans le bush, brave chien-chien à son maî-maître ! N’importe comment Cowley ne pouvait pas le blairer, aversion primaire contre les politiques depuis ses nombreux déboires ? Il se peut ! Assurément le refus de toute autorité, aboutissement de sa réflexion un tant soi peu primaire sur sa situation et les raisons lui ayant présidé ! Notre nouvel anarchiste, il le revendiquait, était plutôt devenu un fieffé individualiste, modèle d’inhumain de plus en plus répandu de nos jours et que les goinfreux voudraient voir coloniser la planète tout entière !
Ce qui devait arriver arriva ! Cet Andrew Cowley plein de fiel ne supportant plus personne, pas même lui, tira les conclusions et la corde à l’arbalétrier de la charpente de sa maisonnette ! Las ! La corde, récupérée dans un vieux grenier, était plus que centenaire, si bien qu’elle cassa net, dès qu’elle fut sollicitée un peu vigoureusement pour bien l’arrimer. Heureusement notre héros perché au sommet d’un escabeau, perdit l’équilibre et chuta lourdement sur le carrelage de la salle à manger-salon ! Double fracture, horrible tassement de vertèbres, me direz-vous ? Non, rien de tout ça ! Joyeusement Cowley se fracassa la nuque sur un coin de la table basse qui traînait par là, ne trouvant rien de mieux à faire. Cervicales brisées notre héros avait au moins réussi quelque chose dans sa vie, non sans panache il faut bien l’avouer, avec un sens inné du spectacle. N’en déplaise aux anglophobes primaires Andrew venait une nouvelle fois de prouver qu’un anglais n’est jamais pris au dépourvu, que face à un sort contraire il trouve toujours le moyen d’arriver à ses fins, quelle leçon de pragmatisme ! Pour nous faire plaisir nos gentils voisins insulaires parlent souvent du french-flair, alors que l’on devrait dire english-flair ! Puisse Zébulon La Bavure s’inspirer utilement de cet édifiant exemple venu d’outre-Manche ! Il faut parfois savoir tirer les leçons, aussi laborieuses fussent-elles, dispensées par nos voisins, et néanmoins cordiaux ennemis britanniques !
- Tu veux dire, amis ?
- Alea jacta est !

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11 septembre 2001 : la grande peur de l’an 2000 avait une année de retard !

Posté par emmanuelesliard le 28 mai 2010

Manu remarqua tout de suite l’embarras du loufiat, Quess n’avait pas l’air dans son assiette ce soir là. Une contrariété tourmentait son esprit, le minait de l’intérieur. Une vigoureuse thérapie s’imposait : un simple signe de Manu à ses amis les convainquirent en bonne intelligence de garder le silence. Il désirait l’inciter à s’exprimer sans avoir l’air d’y toucher, sur un sujet qu’il pressentait, sans pour autant bénéficier d’un quelconque don de voyance, ni d’un verre de cristal en forme de boule. Le simple résultat d’une analyse psychologique événementielle des plus élémentaires.
- New York, New York ! Deux petites tours et puis s’en vont ! Quels monstrueux attentats !  Pas bon du tout, si les ricains déconnent comme ils en ont la triste habitude dans les grandes occasions, ils sont capables de déclencher une guerre mondiale, pour outrage à maître du monde !
- Pas de doute, il convient de s’y préparer sans perdre un instant, mais ce qui m’a le plus étonné, c’est la remise en cause de toutes nos connaissances en balistique.
- Tu vas pas nous faire le coup des experts consultants des chaînes de télé pendant les guerres ?
- Non, je ne suis qu’un péquin de base qui constate que notre gigantesque savoir en la matière s’en trouve bouleversé ! Rendez-vous compte, un boomerang lancé en Afghanistan, semble-t’il par inadvertance, peut vous revenir dans la gueule aux USA, quinze ans plus tard ! S’était-il mis sur orbite ? Certains affirment l’avoir vu passer au Soudan, au Kenya, en Tanzanie, dans un tas d’endroits ! Les mains m’en tombent ! Que croire, qui croire ?
- C’est désarmant !
- Ils avaient activé une bombe à retardement, le top du top, à fragmentation ! Rien n’est trop beau pour les ricains !
- Pourquoi se fâcheraient-ils maintenant ?
- Absence de fair-play, mesquinerie légendaire, pression des marchands d’armes, Rambo n’a jamais accepté d’être mis au rancart, Mickey chez eux n’est pas en trois dimensions, une seule leur suffit, ces crétins portent sans cesse des œillères !
- Les réservistes vont être rappelés !
- Aux États-Unis ?
La voix de Quess était devenue blanche, quasi éteinte. Le fruit semblait mûr désormais, la cueillette pouvait commencer, instant rare et délectable. Nos amis s’y employèrent avec la science et la patience du pêcheur s’efforçant de ramener une grosse prise certes fatiguée mais particulièrement rétive.
- Pas uniquement, en France aussi, jusque cinquante ans paraît-il ! Ils en ont parlé à la radio.
- Ce,…, c’est pas possible, la loi dit que le maximum est de quarante-cinq !
- Je t’assure, vu que pour les jeunes le service militaire était devenu quasiment facultatif, maintenant tout à fait ! Il faut compenser avec les vieux, le temps de remettre la machine en route. Au fait patron, tu as quel âge ?
- Quarante-huit !
- Aïe, aïe, aïe ! Mais rassure-toi, les plus de quarante ans seront versés dans la défense passive : organisation des abris, nettoyage des décombres. Il y aura de la barbaque bien dégoulinante à nettoyer un peu partout, faudra refaire les tapisseries, du travail pour les petites mains habiles, les compétences seront recherchées. Tu t’y connais en papier peint ? Remarque, le rouge si on aime, ça flashe ! C’est une couleur qui explose au premier regard.
- Avec un peu de chance, tu te sentiras en pays connu, au pied de la tour Montparnasse, le nez en l’air à surveiller le ciel. Le soir, tu pourras aller faire un tour « à la ville de Guingamp », pour t’enfiler une ou deux brassées de Mort-Subite, de grenadines à la rigueur si tu veux garder l’esprit éveillé en cas de coup dur. Tu seras heureux comme un prince, loin des soucis quotidiens, des aléas du petit commerce et de la facture du garagiste après la révision de la grosse Mercédès. Côté féminin, crois-nous c’est gratiné, dommage que tu saches pas claquer les doigts !
- La vie rêvée quoi ! C’est quelque chose la guerre, quand t’es planqué à l’arrière. T’as le choix, te beurrer la gueule tous les soirs ou te remuer les orteils en cadence jusqu’au bout de la nuit. La plupart des femmes aiment les héros, même s’ils sont de pacotille, à défaut des premières tiges sujettes aux aléas des permes rares et courtes, elles se rabattent sur le tout venant, avec l’avidité de vaginales frustrées. Si t’assures que moyennement, elles considèrent que c’est toujours mieux que rien, à toi de leur prouver que si le ravissement se fait rare, il n’y a pas que les prix qui montent en flèche. Dans ces conditions, un monticule se transforme en Everest, une léchouille clitoridienne se métamorphose en met raffiné, une brouette de Zanzibar à la roue un soupçon voilée se change en carrosse royal, une posture inconfortable t’élève au rang de pédagogue averti, expliquant amoureusement les subtilités de la guerre de positions, une audace animale réputée contre nature, douloureusement effectuée, devient une extase inégalée, sans que le sujet soit le moins du monde maso, une série droit au but entraîne une béatitude émerveillée ! Que demande le peuple ?
- Ne te laisse quand même pas trop, ni surtout trop souvent entraîner dans l’ivresse du transport, sinon tu ne pourras plus t’en défaire ! Elles s’accrocheront avec l’avidité des morpions sur le bas-clergé breton. Après, pour s’en débarrasser c’est la croix et la bannière. Tu serais obligé de demander ta mutation au sommet de la tour, comme guetteur de première ligne, fonction qui réclame un don complet de soi, autant de préparation et de concentration qu’à un chasseur, le jour de l’ouverture de la chasse à la galinette cendrée.
- Ton premier retour en permission se fêtera comme il se doit, champagne et petits fours avec la famille et les voisins pour commencer, en amuse-gueule quoi ! Gueuleton et orgie ensuite, pour nous et nos nombreuses amies. Il faut bien que quelques uns se dévouent pour distraire, consoler les veuves, garder le moral de celles qui ont oublié que leur mari ou compagnon était vraiment parti au front trois mois auparavant et non pour acheter un paquet de cigarettes au tabac du coin de la rue. En temps de guerre, il n’y a rien de plus important que le moral de l’arrière, nous nous sacrifions pour ce travail ingrat, mal payé, toujours injustement déconsidéré. La gloire ? Non monsieur, non madame, le patriotisme le plus pur guide notre action ! Nous laissons les honneurs et les colifichets aux ambitieux et aux opportunistes.
- Vive la guerre et les orgies !
- Vive le tabac du coin de la rue !
- Vive Quess et tous les chasseurs de galinettes cendrées !
- C’est parti comme en quatorze, on les aura ! On sait pas qui, on sait pas quoi, mais on les aura. La fête terminée, enfin pour toi que le devoir appellera, nous te conduirons à la gare avec fanfare et majorettes. C’est pas maintenant qu’on va te laisser tomber, notre amical souvenir ne sera pas un vain mot. J’espère simplement que nous n’aurons pas affaire à un ingrat, ni à un vulgaire pignouf. Ton sens aigu du commerce bien compris t’incitera à laisser des instructions circonstanciées à qui de droit. Nous sommes même prêts à assumer la lourde tâche de fondés de pouvoirs.
- Confie nous les clés et tu trouveras à ton retour, l’établissement dans l’état où tu l’as quitté. Nous pouvons même améliorer la décoration, surtout dans les lieux d’aisance, c’est la spécialité de Zorro. Pars serein, on s’occupe de tout.
- Vous rigolez, vous rigolez, c’est pas vous qui allez partir ! Au fait pourquoi pas vous, qui êtes plus jeunes que moi, des pistonnés hein ? Toujours les mêmes qui dégustent, toujours les mêmes qui se sacrifient !
- Tout simplement en raison de l’absence totale de mobilisation générale en France !
- Hein, vous m’avez fait marcher ?
- Non, on t’a fait courir et à bride abattue !
- Jeanne Calment dans les mêmes conditions, la veille de sa mort, battait le record du monde du cent mètres toutes catégories confondues !
Quess se rendait compte qu’il avait été berné. Le choc était si rude qu’un vertige le prit, il se massa le front de la main gauche. Entre soulagement et vexation, devait-il éclater de rire ou écumer de rage ? Aussi en commerçant prudent et avisé, se contentait-il de fulminer en silence, de ronger son frein en attendant des jours meilleurs, seules les mâchoires frémissantes, légèrement disjointes, traduisaient cet état. Il les aurait volontiers étranglés l’un après l’autre, lentement, posément, consciencieusement, dans l’ivresse d’une vengeance trop longtemps contenue. Au même moment, la pression lui cracha au nez des éclats de mousse, vestiges de nos consommations maintenant bien calées dans nos estomacs. Il lâcha un juron retentissant que l’on dût entendre à un kilomètre à la ronde.
- On t’a demandé trois mousses, pas la table des matières !
- Maintenant, énervé comme il est, il va mettre une plombe à changer le fût. Quess, file-nous cent balles, on va voir la concurrence, quand tu seras calmé, on reviendra !
- Je ne vois pas ce qui a pu le contrarier à ce point, vous avez une petite idée ?
- Aucune ! Peut-être la blanquette qui n’a pas trouvé sa place entre les douze pastagas, le kil de rouge et les quatre calvas de ce midi ?
- Je penche plutôt pour le café, qu’il a glissé sournoisement entre le troisième et le quatrième calva, afin de laisser croire à Nic qu’il s’agissait du premier.
- Vous n’y êtes pas du tout ! C’est la farine de la sauce qui était périmée, ça ne pardonne pas, bonjour la gastro !
- A moins qu’il ne s’agisse de la farine du pain. Je dirai deux mots à « La Boulange », lors de sa prochaine visite ! Pour qu’il arrête enfin de picoler. Y en a marre de ses pains spéciaux à l’alcool pré-digéré ! Une fois de plus, il a dégueulé dans le pétrin. Ah, il va m’entendre ! Qu’en penses-tu, Quess ?
- Ce que j’en pense ! Si vous ne valiez pas à vous trois, cinquante pour cent du chiffre du bistrot, il y a longtemps que je vous aurais virés à coups de lattes !
- Répondez pas ! Il n’est pas dans son état normal. Un peu grincheux, il cherche à nous vexer, mais ça ne prend pas. On n’est pas nés de la dernière pluie.
- Ni de la dernière bière !
- Vous voyez, il s’aigrit. Il se fait du mal tout seul. Acariâtre tendance suicidaire ! Demandons discrètement à Nic de le surveiller constamment les prochains jours ! Je ne voudrai pas avoir sa mort sur la conscience. Quand on peut aider un pauvre malheureux dans la détresse, l’hésitation n’est pas de mise. La solidarité est un devoir du vin entre les hommes, euh, je voulais dire divin ! J’te dis pas le paquet d’indulgences plénières que tu ramasses !
- Ça nous fait une belle jambe, je pencherai pour une brassée de demis à la place de tes indulgences. Ce que le clergé perdra, les brasseurs y gagneront. J’aime autant qu’ils évitent la faillite, que leurs ouailles restent fidèles. Y en a marre de ces curés, qui n’offriront jamais de vin de messe à leurs paroissiens, ne serait-ce qu’une petite lichette. Ils s’étonnent après, de la désaffection de leurs contemporains dans les églises, hypocrites va ! Jésus partageais lui, le pape non ! S’il tend la main, c’est pour que tu l’aides à se relever ou pour que tu lui refiles un gros biffeton, à moins de cinq cents balles pas de salut ! Je sais, la vie est dure pour tout le monde. Lui, comme Seillière, ne vit pas de prières et d’eau fraîche, mais de contributions volontaires conséquentes et de vin de messe en quantité raisonnable.
- Alors beau militaire, tu le mets en perce ce fût tout neuf ou tu pars au front sans attendre ?
Pierrot finissait à peine sa phrase, que le contenu de la chope d’eau, rinçage habituel du coupe-mousse, se déversa sur son front surpris, mouillant par l’application de la loi de la pesanteur liquette et jeans à satiété, maintenant ainsi au frais pour quelque temps des outils qui devraient, paraît-il, toujours y être. Cette douche surprise eut pour effet de couper la parole de l’arrosé, le visage dégoulinait, aucun son ne sortait de la bouche entrouverte. Notre Pierrot, devenu muet, mit un temps, qui dut lui paraître une éternité, avant de descendre péniblement de son tabouret. D’une démarche flottante, il prit la direction de la porte des toilettes.
Pierrot dorénavant à l’abri des regards, la lumière crue des feux de la rampe nous éblouissait, jusqu’au trouble manifeste. Nous ne savions quelle attitude adopter ! L’auteur de l’agression n’était pas plus vaillant, il se demandait s’il n’avait pas dépassé les bornes. Nous ne voulions surtout pas prendre le risque de blesser notre ami, par les éclats de rire que nous maîtrisions à grand peine. Aussi, par accord tacite, nous attendîmes son retour à la dignité. L’humiliation quoique essuyée était loin d’être sèche, mais son visage s’éclaira d’un léger sourire quelque peu contrit qui donna le signal. Nos mines s’illuminèrent, quelques gorgées plus tard nous nous esclaffions bruyamment, bientôt imités par un Quess régénéré et soulagé par la tournure des événements.
- La douche était bonne ? C’est excellent, un peu de bière, pour le rinçage après un shampoing !
- Le problème, c’est que tu as oublié le shampoing. Donc, je ne paye pas une prestation aussi salopée. Je me verrai plutôt réclamer des dommages et intérêts pour préjudice moral, trois fois rien, une poignée de formidables par exemple !
- Puisque je me suis bien défoulé, je vais être bon prince, je vous offre à chacun une pinte de spéciale et sans faux-col !
- Merci mon prince, tu es formidable, pour une fois que tu es à moitié sérieux, ou l’inverse !
- Plus que sérieux ?
- Il n’est pas si coincé que ça, notre loufiat en chef ! Beaucoup moins que la gripsous bavarde qui ne sait pas rigoler. La moindre fine plaisanterie est une atteinte à sa dignité, pas en tant que femme, elle en ignore la subtile quintessence, mais en tant que « madame la patronne » !
- C’est logique, elle place la dignité où elle en manque le plus ! Comme vous dès le quinze du mois, l’argent n’est plus qu’un souvenir, une évocation ! Pourtant, votre générosité naturelle vous pousse à sortir votre porte-monnaie sans retenue, comme si vous étiez richissime.
- On te retourne le compliment Manu. Notre dignité est inattaquable, aucune raison de mollir, Quess ! Avec un tel soutien psychologique, nous ne craignons rien ! Une tournée de spéciale à la clé, des pintes qui plus est, tu es le mec plus ultra de la limonade costarmoricaine !
- Un début de pintée, quoi !
- Stylée, à l’image de notre loufiat en chef. Parfois même un peu trop, quand il manque de la rondeur habituelle, de l’onctuosité vinicole rituelle, contrôle serré occasionnel de l’alcoolémie journalière par Nic oblige, il lui arrive d’être aussi raide qu’un british !
- Please, three pints of lager !
- Et sans faux-col, pas comme la dernière fois où elles étaient plutôt half tes pintes ! Des bières sont réclamées instamment, pas des verres de mousse. Si l’envie nous suggère quelque chose qui ressemble à de la chantilly, on avise le glacier le plus proche !
- Mais, si la conversation prend un tournant britishant, c’est pas évident que le tavernier vous comprenne !
- Ils sont bien fournis côté glottes maintenant, surtout Quess en raison d’une lubrification constante de bon aloi.
- Et polis avec ça !
- Pas comme Nic, ni polie, ni glotte !
Une fois de plus l’inéluctable venait de se produire : à force de vouloir péter plus haut que le fondement, la chute devient prévisible, la honte barrant le front d’une rougeur suspecte. Rassurons tout ce petit monde, les dents des ambitieux rayant le parquet des ambitions n’ont jamais empêché la cireuse de le faire reluire, plus éclatant que la veille, un peu moins que le lendemain !
L’ambitieux n’a pas peur du ridicule, à ses yeux avertis il ne tue que les jaloux. Ils peuvent rire sous cape, il est persuadé qu’ils finiront par s’étrangler. Son aveuglement ne le gêne aucunement, c’est son éthique personnelle, mais il ne faut pas lui briser ses illusions ! Si son ego, supérieur dans sa dimension, lui laisse le loisir de se rendre compte que l’exquise félicité du pouvoir, les fabuleux avantages de toute position en vue, relèvent plus du fantasme que de la réalité, que le respect qu’il revendique avec force ne s’octroie pas automatiquement, mais uniquement aux gens respectables, alors c’est la fin de son monde virtuel, tout s’écroule !

11 septembre 2001 : la grande peur de l'an 2000 avait une année de retard ! dans Liens mp3 Mouloudji Le Déserteur

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Cauchemar

Posté par emmanuelesliard le 17 mai 2010

Dimanche soir, ou était-ce lundi matin ? J’ai fait un rêve peu commun. Comme souvent la nuit, quand l’obscure clarté hésite entre l’aube et le crépuscule, je me baladai tranquillement dans les rues de Londres, du côté de Soho. Soudain, au détour d’un coin sombre, je tombe sur Boy George (enfin, façon de parler, heureusement pour moi), je le salue poliment et poursuis mon chemin, mais il s’accroche à mes basques. Je me retourne, pour lui faire part de mon irritation, là en pleine lumière je vois une vieille pomme fripée plus maquillée qu’une voiture volée, je pousse un cri et m’enfuis en courant. Vingt-cinq ans plus tard, ça fait drôle !

Vint une rue plus large et bien éclairée, mais quasi déserte. J’appréhendai au loin une vieille dame échevelée qui effectuait de grands gestes en criant : « Argentina, Argentina », puis s’efforça de chanter un air qui me titillait affreusement l’oreille : « Don’t cry for me Argentina ! ». C’était insupportable, je m’arrêtai, ce qui eu pour effet d’attirer l’attention de la mégère qui se précipita vers moi en titubant. Je la distinguai mieux, une choucroute sur la tête, un visage hideux, ravagé par les ans, la maladie et peut-être le remords, mais, mais, on dirait Maggie ! Demi-tour, au pas de course, puis à la vitesse d’un « Exocet », elle criait : « Don’t forget me ! », « Don’t forget me ! », qui bientôt se transformèrent en : « Où est Sarkozy ? », « Où est Sarkozy ? », puis s’éteignirent lentement à la vitesse de ma course finissante.

Reprenant difficilement haleine, je croise Jimmy Sommerville, quelques mots sympas, on discute amicalement. Il me demande où en est « La Commune » ? Je lui réponds que justement, sa principale qualité c’est de ne pas l’être (je ne perds jamais le sens commun) ! Puis du tac au tac, ou peu s’en faut, je lui réplique : « les Communards, qu’en as-tu fait, où les as-tu mis ? »

Je les ai expédiés en Nouvelle Ecosse, me dit-il ! Puis me prenant par le bras gauche : « mais viens, je vais t’expliquer tout cela en détails, en explorant les parties communes ». Je hurle, bondis de mon lit en sueur ! Ouf, ce n’était qu’un cauchemar !

 Je réfléchis et de fil en aiguille, de chas en couture, me reviens en mémoire l’émoi et la satisfaction d’une amie très chère d’être assise en classe à côté du plus joli garçon. Mais moi aussi, au lycée, il m’est arrivé d’être assis près d’un beau garçon ! Pourtant, je ne me souviens pas de la moindre émotion, l’indifférence plutôt ! J’en conclus doctement que face à une situation identique, les filles et les garçons ne réagissent pas de la même façon, ils sont donc différents ! La nuit du 16 au 17 mai 2010, grâce à votre aimable serviteur, la science a fait un grand bond en avant !

C’est comme aux élections régionales, les votants et les abstentionnistes, sont-ils si différents ? Quel mal ont-ils fait ? La question me pénétra tout à fait, Jimmy avait sans doute la réponse, pourquoi ai-je fui aussi sottement ? Les abstentionnistes chantent-ils un avenir radieux, ou un rêve sans lendemain ?

 Ne me retenant plus, il m’est soudain agréable de me remémorer tous les efforts que je prodiguai alors dans mon bahut pour raconter des histoires drôles. Pas celles que certains colportaient à tort et à travers, après les avoir entendues au mariage de la grande sœur, ou à la communion de la petite (pas à l’église quand même, quoique). Non, les miennes étaient originales, tirées de mon cerveau fécond et pas du médiocre « Cent Blagues » à 1 Franc, que d’autres se passaient en gloussant peu discrètement, en salle d’études le soir. N’importe comment, je ne les retenais jamais, tellement elles étaient nulles, et toc !

Je me souviens de celle où prenant un air déprimé (rôle de composition), j’abordai fermement un de mes potes, en lui tenant ce langage :  » j’en ai marre, ça ne peut plus durer, si tout cela continue, je vais de ce pas me jeter dans la Garonne ! »

Surpris et inquiet, l’ami répondait : « reprends toi John (c’était mon surnom) ! », puis réaliste : « mais pourquoi la Garonne ? »

Changeant de ton, soudain rigolard, je lui lançais : « hé patate ! C’est tellement loin qu’avant d’y arriver, j’ai mille fois le temps de changer d’avis ! »

Mes meilleurs potes riaient franchement : « ah ce John, toujours le même, s’il n’existait pas il faudrait l’inventer ! »

D’autres, l’air furibard, tournaient bêtement les talons en haussant les épaules.

Certains (très rares il est vrai) posaient la main sur mon épaule, me regardaient droit dans les yeux : « tu as un problème, toi ! »

Gêné : « ben non ! ». Et le traître s’éclipsait en s’esclaffant, pour aller en raconter une bien bonne à ses copains.

Je me rends compte que la vie a rarement été tendre avec moi. Surtout, le jour où j’entendis à la radio une de mes précieuses histoires faite main  avec amour, racontée par un inconnu !

Voleur, mécréant, iconoclaste, m’écriai-je ! Mais le mal était fait ! Elle est où la Garonne ?

J’aurai mieux fait de m’abstenir, mais l’abstinence n’est elle pas prêchée par de fâcheux américains culs-bénits rétrogrades ? Rêve ou cauchemar ? J’aperçois tout à coup le petit nabot à talonnettes, pas le moindre doute, lui, j’en suis sûr, est un cauchemar !

Manu.

 

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Bonjour tout le monde !

Posté par emmanuelesliard le 17 mai 2010

Juste quelques mots pour ce premier article.

Tous les commentateurs sont les bienvenus, les contradicteurs ne risquent en aucun cas l’expulsion, contrairement à un certain Eric B.  je n’entretiens pas de centres de rétention. Aussi, soyez sans crainte surtout si vous n’êtes pas sans reproche, parce que ça fout la trouille, les hommes parfaits !

Vous pouvez parler de tout et moi de rien, que voulez-vous c’est le privilège du blogueur !

Au plaisir de vous accueillir et de vous lire.

Manu.

Bonjour tout le monde ! mp3 Loguivy de la mer par François Budet

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