Algues vertes: le Comité Scientifique donne raison à la campagne du FNE !

Posté par emmanuelesliard le 16 mars 2011

On se souvient des remous provoqués récemment par une campagne d’affichage dans le métro de Paris, à l’initiative de l’association FNE (France Nature Environnement)., dont a rendu compte Velveth sur Mediapart dans un billet publié le 16 février dernier ( http://blogs.mediapart.fr/blog/velveth/160211/algues-vertes-les-affiches-que-vous-ne-verrez-pas).

Parallèlement, le Comité Scientifique créé par la Préfecture de région Bretagne remettait son avis au Préfet, sur les actions envisagées en Côtes d’Armor pour lutter contre la prolifération des algues vertes. Par un curieux hasard du calendrier, à moins que ce ne soit en prévision des élections cantonales, comme certains l’ont si finement suggéré sur le fil du billet de Velveth, cet avis vient conforter et implicitement justifier la campagne d’affichage de l’association écologiste.

Seul point positif relevé par le Comité Scientifique à une très large majorité, le projet porté par l’agglomération de Lannion concernant la baie de Saint-Michel-en-Grève reçoit leur approbation

Par contre celui concernant la baie de Saint-Brieuc reçoit une volée de bois vert, en langage clair il est estimé que seule une remise en question des pratiques agricoles actuelles (cultures et élevages), peut entraîner à moyen terme une évolution positive et significative de la situation !

L’avis du comité estime par exemple que : « il s’agit d’un projet trop conventionnel qui ne se place pas d’emblée dans la nécessité de la mise en place d’un nouveau modèle agricole », on ne saurait mieux dire !

Il relève par ailleurs l’excès du budget réclamé, qui représente sur une période de cinq ans 2 250€ par hectare. Des sommes faramineuses ont déjà été englouties dans différents plans depuis une vingtaine d’années sans résultats probants.

Le comité souligne également « que même le projet le plus abouti, … , ne constitue qu’une première étape dans la démarche pouvant mener à des réductions importantes des flux d’azote. Cependant, il est également clair … qu’une étape plus importante devra être conduite après 2015 au vu des résultats obtenus. Prenant en compte l’inertie et le temps de réponse des bassins versants, … , en l’absence d’une forte réduction de la pression agricole, qui pourra nécessiter des changements structurels majeurs, les efforts entrepris aujourd’hui semblent avoir peu de chances d’aboutir aux objectifs escomptés en 2027 par le plan algues vertes, à savoir le bon état écologique des cours d’eau. Il semble important au comité de poursuivre la réflexion, sans contraintes, sur le long terme. »

Ce n’est pas un pavé, mais un menhir qui est envoyé dans la mare de la FNSEA, du Conseil Régional et des hommes politiques de droite, qui ont tous crié à l’assassinat de l’agro-alimentaire breton !

 

Pour ceux qui souhaitent connaître les détails du rapport, voici un lien qui permet de le consulter :

 

http://www.sourcews.fr/avis-comite-scientifique-algues-vertes

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« Il faut fermer Wall Street ? »

Posté par emmanuelesliard le 16 mars 2011

François Morin, économiste, professeur à Toulouse I, l’annonce clairement dans son dernier livre : « Il faut fermer Wall Street ? » (aux éditions du Seuil), la prochaine crise s’annonce déjà. Seule solution à ses yeux : fermer Wall Street et toutes les grandes places financières mondiales. Il s’en explique clairement dans une interview parue dans le quotidien belge « Le Soir » :


« Il faut changer le système de financement de l’économie mondiale. Wall Street – je veux dire par là : les grandes places financières – ne remplit plus sa fonction de financement des entreprises, de l’économie réelle. Depuis le milieu des années 90, les émissions nettes d’actions sont nulles, voire négatives dans la plupart des pays développés. En revanche, les crises financières se succèdent. Les marchés sont instables, notamment à cause de la spéculation sur les produits dérivés – une véritable folie ! Et l’Europe, face à une crise des dettes souveraines, est entrée dans un cycle infernal. En Grèce, l’Union et le FMI réclament désormais 50 milliards d’euros de privatisations d’ici à 2015, au lieu des 7 milliards sur trois ans initialement annoncés. Au Portugal, les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi élevés. Et je n’imagine même pas les conséquences qu’aurait un défaut sur la dette espagnole… Je suis habité par un sentiment d’urgence. Je sens venir de nouvelles catastrophes, auxquelles les États ne pourront plus répondre comme ils l’ont fait. »

Il poursuit en expliquant que la dette mondiale a augmenté de 45% en raison du coût du sauvetage des banques et de la relance de l’économie. La montée des inégalités est une conséquence intermédiaire, née de l’abandon des parités fixes (début des années 70) puis de la libéralisation des taux d’intérêt (années 80) abandonnés aux caprices du marché. Il remarque que les crises financières n’apparaissent qu’après ces erreurs et que :

« Cette libéralisation a provoqué le développement des produits dérivés et des innovations financières, car il était devenu nécessaire de se couvrir contre les variations des parités et des taux. Mais elle a aussi provoqué l’émergence de très grands investisseurs institutionnels, qui ont pu exiger des entreprises des taux de rentabilité faramineux, dont on a vu les effets catastrophiques sur le monde du travail. »

Il suggère de revenir à une organisation monétaire internationale, qui tuerait dans l’œuf la spéculation sur les taux de change et d’intérêt, avec taux de change fixes mais ajustables.

Pour lui, en France, le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, est le seul à avoir correctement diagnostiqué la puissance excessive de la finance libéralisée et mis en évidence les conséquences néfastes du seul critère retenu : la rémunération de l’actionnaire. Au sujet du PS et de DSK, son avis est particulièrement clair :

« Si Dominique Strauss-Kahn se contente de répéter le discours du FMI, il fera face à une forte opposition à gauche. Fondamentalement, la question centrale est de savoir s’il suffit simplement d’imaginer des règles qui limitent les dégâts que provoque le fonctionnement de la sphère financière (à l’image de ce qui a été fait lors des quatre dernières réunions du G20) ; ou bien s’il faut rompre avec cette logique et – osons l’expression – chercher la confrontation avec la sphère financière. Car ce qui est véritablement en jeu aujourd’hui, c’est la maîtrise par les gouvernements du financement à long terme de l’économie. »

François Morin explique également pourquoi beaucoup d’économistes se conduisent en fidèles valets du néo-libéralisme :

«À partir du moment où vous avez dans la tête un modèle d’équilibre général des marchés qui représente un optimum social et que vous êtes persuadé que tout écart par rapport à cette situation est source d’inefficacités, vous ne pouvez même plus concevoir qu’il est des domaines, comme les services publics et la sphère financière, où l’État doit absolument intervenir.»

 

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Filière Agricole + Grenelle : Clap de Fin ?

Posté par emmanuelesliard le 16 mars 2011

Dans ses voeux au monde agricole, hier mardi 18 janvier 2011 en Alsace, au delà des mots convenus comme : « agriculture durable, respectueuse de l’environnement » ou se préoccupant « de la santé des paysans », Nicolas Sarkozy semble avoir donné le clap de fin d’une filière agricole grenello compatible. Il suffit de se référer aux mesures concrètes annoncées pour en être persuadé.

Tout d’abord, celle concernant l’autorisation de circulation sur nos routes des camions de 44 tonnes !

En 2011, il s’agit d’un cadeau de Noël tardif à l’industrie agro-alimentaire, mais en 2012 tout le monde y aura droit, comme si le président voulait se faire pardonner de l’éco-taxe poids lourds qui entre en vigueur la même année.

On mesure tout de suite la puissance du signal envoyé, pour le développement du ferré et du fluvial ! Cela ressemble à un enterrement de première classe, et l’argument de moindre pollution fait doucement rigoler, il y aura ainsi de plus en plus de camions sur les routes.

Et une infrastructure routière qui souffrira le martyr. Bien entendu, il est promis d’imposer petit à petit un sixième essieu aux camions, mais les transporteurs (FNTR) réclament immédiatement en contre-partie de passer à 48 ou 50 tonnes ! Donc plus de camions de plus en plus gros égalent des frais routiers de plus en plus importants et une pollution accrue, s’il neige, n’en parlons pas, ça va rappeler de mauvais souvenirs à nos ministres !

Ensuite, un nouveau décret est paru hier au journal officiel, portant sur l’application de la loi de la modernisation de l’agriculture et de la pêche et traitant de la modernisation des élevages. C’est exactement ce que l’on subodorait, et que j’avais déjà dénoncé dans un précédent billet paru le 3 juillet 2010.

Les précisions du ministère de l’agriculture sont particulièrement intéressantes : « le décret permet de dispenser d’étude d’impact et d’enquête publique certaines opérations de regroupement sur des sites d’accueil déjà autorisés au titre des installations classées pour la protection de l’environnement ». Plus de 95% des élevages classés seraient concernés par cette libéralité.

L’association Eau et Rivières de Bretagne a immédiatement réagi, en dénonçant un nouveau recul dans la prévention des pollutions et nuisances et une aggravation automatique des pollutions de l’eau, de l’air et des sols.

Le mot d’ordre de Sarkozy : « Priorité à la compétitivité » ! Que l’on peut traduire à sa manière par : « l’environnement, ça commence à bien faire » !

Évidemment, quand Sarkozy parle de filière agricole, il fait uniquement référence à la filière ultra-productiviste, et annonce d’autres mesures facilitant les contrats entre producteurs de grandes cultures, les collecteurs, les entreprises d’alimentation animale et les éleveurs.

Faut-il y voir là le début d’une intégration encore plus poussée, que celle existant jusqu’ici entre fournisseurs d’aliments et éleveurs, qui sont devenus en réalité de faux salariés à risques (risque de l’investissement effectué) ?

 

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EDF : la dernière arnaque !

Posté par emmanuelesliard le 5 novembre 2010

Vous avez sans doute entendu parler de l’arnaque expérimentée par EDF avec son « fameux » compteur Linki, moi j’en ai une autre petite toute chaude à laquelle se livre notre chère entreprise nationale (qui nous sera de plus en plus chère), elle concerne la mensualisation des paiements.

C’est comme pour les impôts, on paye un dixième chaque mois (basé sur la consommation de l’année précédente) de janvier à octobre, un relevé de compteur étant effectué ce mois là.

Si la consommation a été nettement supérieure, un nouveau prélèvement bancaire est effectué en novembre égal au maximum aux paiements précédents, et le solde est réglé éventuellement en décembre, ce qui est assez rare.

Nouveautés cette année (je viens de recevoir mon échéancier pour l’année 2011) :

– Première surprise, il y a onze mensualités !

- Deuxième surprise, 2011 commence en décembre 2010, date du premier  prélèvement !

Cette petite arnaque permet à EDF  de gagner un mois de trésorerie au détriment des clients. Qui ne se laissent pas faire, tout ce qui est accessible par téléphone croule actuellement sous les réclamations, visiblement EDF s’y attendait, car après vérification auprès de voisins et d’amis, ce sont toujours les mêmes arguments qui sont donnés, donc un argumentaire avait été préparé.

C’est le mépris et l’arrogance qui dominent dans l’argumentation du genre : « nous faisons ce que nous voulons » ou « vous pouvez faire appel à une assistance sociale si cela vous pose problème » !

J’espère que les personnes qui répondent au téléphone ont honte de faire ce boulot, bien sûr ce n’est pas leur faute, elles sont peut-être dans une situation précaire, mais tout de même !

Ne soyez pas surpris si des familles dont le budget est ric-rac ne fêtent pas Noël cette année, EDF a kidnappé le Père Noël et a déjà encaissé la rançon !

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Les précurseurs du sarkozysme !

Posté par emmanuelesliard le 18 juillet 2010

Manu et ses fidèles amis Pierrot et Zorro me rappelaient mercredi dernier, jour de la fête nationale, entre l’apéritif et la collation, ou peut-être était-ce l’inverse, que les sarkozistes qui s’agitent comme de tristes insectes clownesques autour de la lampe Mediapart et des falots de ses confrères, ne sont que les descendants des arrivistes et charlatans d’hier. Ils se souvenaient en avoir discuté avec passion en 2002 au cours d’une de leurs mémorables soirées, qui mériterait d’être inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO ! Voici donc la relation fidèle de leur riche débat un soir de l’an 2002 :

 

Arrivistes et charlatans font bon ménage, ils sont tellement sûrs d’eux et de leur immunité, qu’ils ne prennent même pas la peine de pousser une investigation paraissant nécessaire au vulgum pecus, si sur un sujet devant trouver une réponse sans ambiguïté, des divergences apparaissent. Ils se fient alors à leur instinct, à leurs intérêts, à leurs préjugés, cela va de soi, jamais au bon sens ou à la science. Ce sont les nouveaux ignorants, conquérants de l’inutile satisfait, que l’on peut classer en deux catégories : d’abord ceux qui le savent plus ou moins et en sont fiers jusque l’extase, ils ne connaissent pas l’humilité, puis il y a ceux qui le savent parfaitement, ils n’en sont pas spécialement fiers, on se demande pourquoi ! Mais, réflexion faite, ils s’en servent pour gruger les gogos ! Si nous restons au niveau du peuple large et multiple, terreau inépuisable pour l’occultisme, les sectes, les religions préceptrices morales et politiques, les heureux pourvoyeurs des multiples horoscopes journaliers entre autres, tous les parasites qui se repaissent de l’ignorance et de la bêtise humaines sont bien embarrassés, tant la crédulité et la soif de ne rien savoir envahissent leurs pré-carrés si durement gagnés.


- Elles fleurissent de plus en plus les voyantes, question de climat sans doute, favorable aux plantes vénéneuses assistées par ordinateur !
- L’obscurantisme prend souvent des formes moins… voyantes ! Il y a deux ans, j’ai été sidéré par un débat particulièrement débile qui a duré plusieurs mois : le vingt et unième siècle commence-t’il le premier janvier 2000 ou le premier janvier 2001 ? De savants imbéciles venaient dire à la radio, à la télé, dans les journaux, qu’il fallait réparer l’erreur soi-disant commise par ils ne savaient trop qui, consistant à faire naître le maso de Bethléem le premier jour de l’an un au lieu de l’an zéro. Parfois, de braves gens bien attentionnés tentaient plus ou moins adroitement d’expliquer à ces crétins des Alpes, que l’an zéro ne pouvait exister. Peine perdue, j’avais l’impression qu’ils se multipliaient, il s’en trouvait toujours de nouveaux pour ajouter leur pierre à la confusion.
- Si l’an zéro existait, j’en serais le premier satisfait. Un petit coup de jeune, c’est bon à prendre, rendez-vous compte : un an après ma naissance, j’aurais eu zéro an ! La prochaine fois que j’achète une douzaine d’œufs, si on ne m’en donne pas treize je fais un scandale !
- Que de perspectives intéressantes ! Je crois que le pompon a été décroché par quelqu’un que tu dois connaître Pierrot, celui qui s’occupait de la feuille de chou locale qui a disparu l’an dernier.
- Enlevée par des extra-terrestres ?
- Peu s’en faut ! Il avait écrit un article assez bien documenté sur l’origine de notre calendrier, pour tomber à la fin dans le piège du débat sur l’an 2000, en renvoyant courageusement les parties dos à dos sur le changement de siècle, puis en concluant brillamment que par contre, pour le troisième millénaire tout le monde était d’accord, il commençait en l’an 2000 ! Comme dit l’autre : « faut le faire » ! Celui-là, il convient de l’encadrer !
- Alors, si j’ai bien compris, pour le siècle ton gusse considérait que c’était p’tète ben en 2000, p’tète ben en 2001 que ça commençait, tandis que pour le nouveau millénaire il était sûr que le premier janvier 2000 était le bon ?
- On ne peut rien te cacher, Zorro ! Tu comprends vite sans qu’il soit besoin de pousser les explications à l’infini. C’est pour moi d’un grand réconfort, j’évite ainsi la grave interrogation en forme de dilemme : les choses les plus simples sont elles pour moi si difficiles à expliquer ou est-ce mon interlocuteur qui a la comprenette mal embouchée ?
- Les deux, mon capitaine !
- Dans ce cas, ce n’est plus un dilemme, mais une catastrophe intellectuelle !
- Catastrophe ? Il s’agit de deux personnes seulement !
- Pensez à tous ceux qui n’arrivent jamais à exposer clairement ce qu’ils croient penser ! Pensez aussi aux pauvres malheureux qui ne pigent jamais rien ! Mettez les face à face, vous percutez maintenant ?
- Oui ! C’est comme si on mettait d’un côté, les téléspectateurs assidus de TF1, de l’autre, les fans de M6. Aïe ! Aïe ! Aïe ! Une explosion nucléaire, à côté, relève de la famille des pétards mouillés, un maelström, c’est une vaguelette dans une flaque d’eau, Messier un bambin racketteur, Hitler un serial-killer raté !
- Impossible ! Il ne se passera rien du tout, chacun verra son hologramme à une autre époque de sa triste vie. Les jeunots de M6 risqueront simplement un petit malaise, en constatant le désastre déambulant qu’ils deviendront dans vingt-cinq ans, les vieux de la une écraseront furtivement une larme : « petits cons, comme nous à leur âge ! »
- C’est vrai ! Moins plus moins, cela fait toujours moins.
- Et, s’ils se multiplient ?
- Tu nous fais braire ! Zéro par zéro égale zéro, point final !


Je ne suis pas sûr que la logique mathématique trouve son compte dans ce raisonnement très légèrement subjectif ? Mais, ce qui s’énonce clairement, c’est qu’aux yeux du commun des mortels, l’élastique chamarré de la bêtise sera toujours plus séduisant que le fil ténu de l’intelligence. Ce qui se vérifie quotidiennement dans nos magnifiques boîtes à images animées, où il semblerait que la profondeur de la pensée soit inversement proportionnelle à la sophistication des moyens matériels mis en oeuvre ! Encore un petit effort et les programmes seront considérés comme des musts par les australopithèques amateurs d’effets spéciaux.


- Je trouve étrange, que nos « élites » médiatiques n’aient pas encore pensé à lancer des polémiques sur d’autres sujets aussi passionnants que le changement de siècle. Il y a une mine de terrains complètement en friche, qui ne demandent qu’à être cultivés par nos petits génies du mieux néant culturel. Une réalité qui s’imposera tôt ou tard à nos chaînes de télé en mal d’argent facile et aux gogos en manque d’émissions avilissantes.
- Par exemple ?
- Pourquoi ne pas organiser un grand jeu sur la question suivante : quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV ? En l’agrémentant bien sûr d’un semblant de parcours initiatique, rappelant la quête du Graal. Avec un peu d’imagination et en mettant plusieurs équipes en compétition, il serait possible de tenir l’antenne tous les jours pendant au moins six mois et on remettrait ça tous les ans. Le pactole quoi, une émission très colorée !
- J’ai mieux, mais cette fois je sors du spirituel pour sévir dans l’intellectuel pur et dur, voire en combinant les deux, donc tout bénef. La question serait, qui a été le premier : l’œuf ou la poule ?
- La Bible dit que c’est un coq nommé Adam !
- Cela faciliterait en plus le recyclage de tous ces vieux barbons d’intellectuels, écrivains ou scientifiques qui n’ont plus que l’élection de miss France à se mettre sous leur dent. Au lieu de baver devant des rêves inaccessibles, l’exégète les qualifierait d’impénétrables, en raison d’une corde à nœud un peu mollassonne. Ces papis indignes pourraient à nouveau hisser haut le drapeau de l’intelligence humaine, tout en retrouvant une parcelle de leur dignité perdue. Les vieux gréements démâtés au secours de jeunes vergues pleines d’allant maladroit, ce serait l’émission du siècle ! Elle s’appellerait : « Santiano » !


Mon ami Pierrot, qui dans ses bons jours n’était que néanderthalien, ceux où il hissait haut et fort le pavillon de complaisance, nous faisait croire benoîtement que la sagesse des ancêtres ne pouvait égaler en excellence la connerie des contemporains. Tout un programme ! Il croyait fermement que l’humanité s’améliorait. Que de démonstrations n’avons-nous pas subies, ces jours bénis où le zéphyr rend visite au foc sans passer par le grand hunier, peut-être négligeait-il de s’y installer ? Au clair de la hune, mon ami Pierrot, un seul mot suffisait : confiance !
Confiance en l’homme, « péripéties de l’histoire », clamait-il si un fâcheux évoquait quelques contrariétés, quelques détails passés. Selon lui, l’histoire bégayait souvent, mais elle n’arrêtait quasiment pas d’avancer. Le char de mes désillusions aussi, lui disais-je parfois ! Et c’est là, je ne sais pour quelle raison, qu’il éclatait de rire en m’appelant Ben, disant que j’en avais la tête et qu’il fallait que j’arrête ! Nous n’avons jamais eu l’occasion de lui demander la signification de ces paroles pour nous sibyllines, tant son rire s’avérait inextinguible, tout juste entrecoupé de quelques gloussantes gorgées de bière, qui n’arrivaient pas à l’entamer sérieusement.


Une opportunité trouvant subrepticement un semblant de concrétisation, en tout bien tout honneur, nous aurions pu demander des explications à Élisabeth Tessier ! Laquelle sans le moindre doute nous aurait sur le champ renseignés, tant ses dons de Pythie sont sans conteste une pitié, mais ceux avisés de sociologue, dignes de la Sorbonne. Il suffit d’en faire part à l’ermite errant du cimetière de Jarnac pour s’en assurer sans coup férir, juste à l’écoute !


« Y manquent pas d’air, quand même » ! Assurait Zorro, peu convaincu par mes circonvolutions verbales. À l’occasion il mettait Pierrot dans le même sac, confondant comme tant d’autres, les effets et la cause. D’autant que notre ami ne faisait qu’utiliser certains artifices des charlatans modernes sans nullement s’en cacher. Comme le jour où il prédit à Nic qu’elle allait perdre une importante somme d’argent le lendemain ! C’était la veille du dernier prélèvement automatique des impôts, particulièrement salé cette année là. Suivant certaines saillies quessiennes, nous en étions la raison essentielle, l’année précédente l’encourt de cave avait constitué trop souvent notre ordinaire, l’eau, tant du robinet qu’encapotée, se trouvant exclue de nos fréquentations habituelles dans un estaminet ! Nos excuses de bons clients ne pouvaient en aucune manière consoler des commerçants avides. Insatiables ils sont, insatiables ils restent ! Un petit capitaliste dort en chacun d’eux ou plus précisément un entasseur de fric. C’est ainsi, un tiroir-caisse est fait pour être rempli, l’opération inverse dépasse leur entendement, certains sont devenus fous à cette seule pensée, d’autres ont mordu le premier venu, la bave aux lèvres, comme des chiens enragés !


Zorro crut bon de préciser que l’idée lui avait déjà traversé l’esprit, mais que son accomplissement avait posé quelques problèmes insolubles !
Devant nos abîmes d’interrogations, il s’énerva quelque peu, n’aboya pas, ce fut un soulagement non dissimulé ! Que les âmes simples souffrent d’ego malmené ! Ce n’est pourtant rien à côté de celui des âmes compliquées ou qui se plaisent à l’être ? Comme si c’était synonyme d’intelligence ! Plutôt des signes pathologiques, devant ne pas manquer d’inquiéter les sujets en question, si la lucidité ne leur était pas aussi étrangère que l’honnêteté intellectuelle chez la Tessier.


Un quidam peut toujours enculer une mouche avec le pistil d’une fleur, s’il est doué et minutieux, il a quand même enculé une mouche !
La manière n’excuse pas l’infamie ! Beaucoup croyaient ces notions acquises depuis longtemps ? Que nenni ! C’est le bal des maudits abrutis qui recommence !


« Pourquoi voulez-vous que les hommes soient pourvus de plus de sagesse aujourd’hui qu’hier » ? Zorro s’entêtait à nous faire partager ses convictions philosophiques contradictoires les plus profondes, sans se rendre compte que nous étions sur la même longueur d’onde. Les exemples sont légion, pas besoin de grandes démonstrations alambiquées, une goutte frelatée suffit. Prenez un personnage vivant qui a dit des conneries dans sa jeunesse et qui les répète sans sourciller trente ans plus tard, au hasard, le choix est large ! Tiens, Sardou pour ne pas oublier de le nommer, par exemple !


C’est pas du jeu, trop facile, propose un sujet un peu plus dégourdi tout de même ! Un qui n’a pas eu la malchance d’avoir été en partie éduqué par une marchande de poissons, une mâtine dont le langage salace arrivait à faire rougir de honte ses collègues !


Ils cherchaient à me désarçonner, pour me conduire à balancer des choses définitives et bien senties sur une gloire de la chanson française, une lumière de l’occident crétin. C’est raté, je ne tombe pas dans le panneau, d’autant que ce serait peine perdue, car tel un phénix renaissant de ses cendres, Sardou est indestructible, il ne lâche même pas le fromage quand il se met à chanter, contrairement au corbeau de la fable, qui à n’en pas douter aurait pu montrer au renard ébahi, qu’avec un fromage dans le bec, il possédait une voix de crooner. Sardou l’a compris très tôt et son mérite n’en est que plus grand. Gloire donc à Sardou et qu’elle ne dure pas plus longtemps que son désir d’insoumission, quand il était encore boutonneux et inconnu de la folle du régiment.


Gloire encore à Sardou, qui a cru bon de ne pas nous faire rire, quand il a répondu aux interrogations de Drucker sur sa chanson : « les ricains », écrite en 1967 et tant vilipendée dans cette période de lutte contre la guerre du Vietnam. Il a justifié son engagement de l’époque par l’existence et l’action des Khmers rouges. Quel génie ce Sardou ! Imaginer près de dix ans avant les faits, la malfaisance de Pol Pot et Khieu Sampan, quel talent ! On comprend mal que le Quai d’Orsay n’ait jamais songé à utiliser ses prodigieuses facultés ! Ben oui quoi, Mitterrand a bien su utiliser nombre des quelques talents d’Élisabeth Tessier ! A bon escient ? Il n’est plus là pour nous le dire ! Aussi, on s’abstient de prononcer le moindre jugement, plutôt deux fois qu’une, par respect pour sa mémoire et celle des écoutes téléphoniques ! Nous osons simplement faire remarquer que son statut à l’Elysée était sensiblement plus élevé que celui d’une stagiaire.


Quant à Sardou, en essayant maladroitement de se défendre d’une façon aussi absurde, il a justifié à posteriori d’une manière éclatante la justesse de l’attitude de ses adversaires d’alors, quelle performance !


Pierrot fit remarquer, qu’à l’époque, il ne faisait pas dans la dentelle, alternant les chansons réacs et populo-démago-ringardes, ben oui c’était les siennes ! Quand on est con, c’est pour la vie !


Pas une excuse, il aurait pu s’arranger en vieillissant, regretter certaines facilités et des erreurs monumentales. Ben non ! Persiste et signe : j’étais un trouduc réac, je reste un trouduc réac et je fais mumuse avec la fortune amassée, dit-il ! En se faisant passer pour un bienfaiteur de l’humanité par-dessus le marché ! On dirait du Chichitou bernadettalien !


Zorro la ramène évidemment, ça faisait un bout de temps qu’il se taisait, sage comme une image, suivant la version officielle. En réalité, à moitié abruti par les trop nombreuses consommations. C’est le seul et rare moment, si si, où la réflexion traverse un tant soi peu son esprit, livrant à nos consciences étonnées, le résultat d’une pensée unique dans son originalité, pertinente dans sa formulation et qui à chaque fois titille notre intelligence.


- C’est moi qui vous le dit : ce petit falsificateur de Sardou ne va pas continuer plus longtemps à raconter des conneries, sans que personne ne lui mette le nez dans son caca ! Si l’Europe n’a pas eu le désagrément de vivre plus longtemps sous une dictature nazie, c’est à Churchill qu’elle le doit en premier lieu ! Il a refusé plusieurs offres de paix formulées par Hitler, quand les américains contemplaient leur nombril avec l’insistance du quidam pas du tout concerné par le conflit, pourtant de plus en plus mondialisé. En deuxième lieu, elle le doit à cet autre salopard nommé Staline, qui sans le pacte germano-soviétique n’aurait pu résister aux hordes nazies, tant il était démuni en armées opérationnelles, qu’il avait joyeusement décimées, c’est peu dire, de ses meilleurs officiers ! En dernier lieu, elle le doit timidement à Roosevelt, qui a joué sur les deux tableaux pendant un bon bout de temps, entretenant par exemple des relations diplomatiques normales avec Vichy jusqu’en novembre quarante-deux. Les entreprises américaines commerçaient allègrement avec l’Allemagne hitlérienne sans que personne n’y trouve à redire, nombre de grands patrons américains étaient des admirateurs déclarés du nazisme. Sans l’attaque japonaise sur Pearl-Harbour, il est permis de se demander si les USA ne seraient pas restés neutres, une Suisse taille grand-patron en quelque sorte. Avec un brin de provocation, il n’est pas tout à fait faux de déclarer en dernière analyse : merci les japonais !


- Tu sembles oublier, qu’après Pearl-Harbour, les ricains n’ont déclaré la guerre qu’aux japonais, laissant tranquille allemands et italiens. Roosevelt n’avait pas du tout l’intention de venir en Europe, se contentant de fournir des armes et du matériel aux anglais. Il a fallu que Hitler déclare officiellement la guerre aux ricains, par solidarité avec ses copains nippons, pour que la donne change, obligeant ainsi les américains à entrer en action sur tous les terrains d’opérations.
- Ce n’était pas un oubli, simplement le souci de ne pas accabler ce pauvre diable, devant d’éventuels supporteurs, pour qui je ressens une certaine tendresse, au point de vouloir leur tanner le cuir s’ils continuent à me fusiller de leurs yeux de merlans frits ! N’est-ce pas Nic ?
- Je ne réponds, ni aux menaces, pas plus qu’à la provocation, tu perds ton temps et ta salive !
- Faut excuser Sardou, il a eu une enfance difficile, entre une marchande de poissons et un fils de …, faut comprendre ! D’autres, plus favorisés, auraient pu perdre leur âme ! Lui non, il n’a rien perdu, en 1967 il était à côté de la plaque, au troisième millénaire il conserve toutes ces qualités !


Il n’est pas le seul, certains artistes en ont fait leur sport national, Chassedeau (Bigard ndlr) en est un bon exemple, mais d’autres font dans le raffinement en travestissant leur passé, en s’attribuant les mérites d’autrui, comme Salvador.


Hé, hein, que nous dis-tu ? Hé oui, apparemment sa carrière, pourtant substantielle, ne lui suffit pas ! Il ne s’est pas contenté de nous infliger pendant des décennies, son insupportable rire forcé de tête à claques, il a fallu aussi qu’il se targue d’être l’initiateur de la bossa-nova, à l’origine d’Astérix, sans oublier le nec plus ultra : génie musical des années soixante, ouf ! Rien de tout cela évidemment, si on l’écoutait, Gainsbourg n’aurait été qu’un aimable plaisantin comparé à lui ! Salvador n’est et n’a jamais été qu’un excellent interprète et un honnête musicien, c’est pas si mal après tout, il faut le vide sidéral de la chanson populaire française d’aujourd’hui, pour qu’il puisse passer pour un très grand. Je rectifie, c’est tout de même un très grand … mythomane réac !


Un peu plus et il tenterait de nous faire croire qu’il est le père de Jean-Marie Périer, autre falsificateur du passé ! Mais lui fait dans le raffinement, c’est à géométrie variable. Notre photographe des vedettes yéyés, déclarait dans les années quatre-vingts, qu’à cette époque il se considérait comme un contestataire avant l’heure, une sorte de précurseur de mai soixante-huit, sans rire ! Pauvre chéri, faut qu’il arrête de jouer avec les extincteurs à poudre ! Il en était l’exacte antinomie, représentant la société de consommation et une image caricaturale de la société américaine en particulier, qui n’allait pas tarder à être contestée par sa propre jeunesse. Maintenant que la mode des produits fabriqués de toutes pièces est revenue, les « idoles des jeunes » sont devenues « stars », habilitant les nullités qui s’essayaient à chanter dans les années soixante. Il se présente comme l’ami de ces « célébrités », celui qui les a grandement aidées à devenir connues et réédite les photos de l’époque dans un bouquin. L’argent, paraît-il n’a pas d’odeur, mais lui, quel relent tenace ! D’accord, faut qu’il gagne son pain à la sueur du front, quel qu’il soit !


- Not’Manu pique encore sa crise ! C’est pas bon pour la santé de s’énerver ainsi, tu vas péter une durit ! Si tu continues, tu ne vivras pas vieux, regarde Chevènement à force de s’énerver contre les sauvageons, il a fait une attaque avec coma prolongé.
- Oh, si Manu tombe un jour dans le coma, crois-moi, ce sera pour une tout autre raison !
- En ratant une marche ?
- Je me suis laissé dire qu’un certain individu, ici présent, avait jadis manqué celle d’une cabine téléphonique ! Si je me souviens bien, elle n’avait guère apprécié cette marque d’effusion aussi spontanée qu’incongrue, voire parfaitement déplacée, en se brisant en mille morceaux.
- Comment ça ! C’était de l’amour, elle avait fondu dans mes bras musculeux, s’abandonnant totalement à ma volonté, de la plus voluptueuse des manières. Pouvais-je savoir qu’elle était de constitution fragile ? Je n’y suis pour rien ! Paix à son âme !
- Bourreau des cœurs !


Des cabines téléphoniques qui s’effondrent presque toutes seules, aussi souffreteuses qu’une tour de Manhattan, on avait beaucoup de mal à le croire ! Contrairement à la totale confiance que nous témoignons chaleureusement à Raffarin, quand il affirme défendre, ce qu’il appelle la France d’en bas, en baissant les impôts directs ! Là, nous disons : bravo l’artiste, sans filet s’il vous plaît !


On t’a pas entendu depuis belle lurette, le néo-libéral de service ! Ça te la coupe, quand t’as pas à ta disposition tout ton arsenal de désinformation, de falsification de l’histoire, de marketing de pacotille, tu vaux pas un clou ! On t’a coupé les ailes et tu plonges, quelle descente en vrille !


Pas de bol, nous sommes des acrobates, la haute voltige, nous l’avons toujours pratiquée, c’est pas demain la veille qu’on s’écrasera avec pertes et fracas ! Notre silence n’était en rien gêné ou approbateur, nous comptions simplement les bénéfices engrangés par notre dernière carambouille

 

Depuis 2007, on a pu constaté que l’appétit de notre néo-libéral était certes insatiable, mais que la descente pouvait se terminer en vrille !

 

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LE FUR, un député qui gagne à ne pas être connu !

Posté par emmanuelesliard le 14 juillet 2010

Le député Le Fur, mon député, gagne à ne pas être connu. Au début de sa carrière en 2003 ou 2004, je lui avais adressé un courrier, pour le remercier de m’avoir envoyé une lettre de quatre pages sur papier glacé à en-tête de l’Assemblée Nationale dans une enveloppe de l’Assemblée Nationale, où il ne parlait que de quelques problèmes étroitement locaux et qu’il signait « votre… Conseiller Général ». Faut l’excuser, il est aussi conseiller général, mais surtout affecté d’une profonde dyslexie. Mais ce qui me semble le plus curieux, c’est qu’il ne m’ait jamais répondu ! Elle était pourtant gentille, affectueuse, ma petite lettre, elle pouvait être le début d’une relation fructueuse, amicale, qui fut stoppée avant même d’avoir commencé ! Encore plus curieusement, il n’a plus écrit à personne, pourtant nombreux sont ceux qui attendent en vain des nouvelles de leur canton, en direct de l’Assemblée Nationale !

 

Voici la lettre au député :


Mon cher député,


Jamais, dans mes rêves les plus fous, je n’aurais imaginé que tu puisses être si près de moi. Que tu sois en mesure de te préoccuper du CD 40 dépasse mon imagination.


Il n’y a pas de mots assez forts pour qualifier mon émotion, je sens comme un souffle gaullien traverser à nouveau notre pays et le CD 40. Mon papa m’en avait parlé, pas toujours en bien, je ne sais trop pourquoi, peut-être était-ce au soir d’une assemblée générale du Crédit Agricole !


Mais à te lire, je me souviens de ces antiques images télévisées, où l’on voit le vieux général se moquer de ceux qui voulaient brusquer les choses dans la construction européenne, en les comparant à des cabris sautillant à qui mieux mieux, répétant sans cesse : « l’Europe, l’Europe, l’Europe ». Je t’imagine te moquant gentiment de tous ces inconscients qui sautillent en criant : « les retraites, les retraites » ou « le chômage, le chômage » ou encore « la sécurité publique, la sécurité publique », mais aussi « non à la mondialisation libérale, non à la mondialisation libérale » et encore « l’école, l’école », sans parler de « la santé, la santé », que sais-je encore, j’en ai le tournis, il était temps que quelqu’un siffle la fin de la récréation, heureusement que Baudet était là, oh pardon, monsieur Raffarin, comme ils sont de la même région, je confonds tout le temps.


Alors que le CD 40, dans ce galimatias, prend tout de suite l’allure d’un phare guidant l’humanité vers des rivages enchantés. Je peux te l’avouer, depuis le regretté Arthur C. élu dans la magnifique vague bleue de 1968, je désespérais de retrouver un député de la même trempe.


On m’a dit que tu étais copain avec notre merveilleux président de la République. Aussi, puis-je me permettre de te demander une faveur ?


C’est oui ! Merci mille fois. Tout d’abord, salue-le de ma part, bien respectueusement, ensuite parle-lui de notre passion commune pour les vieux billets en francs, oui, ceux de cinq cents ! Je sais par des amis communs, mais eux maintenant ils sont brouillés, qu’il devrait lui en rester pas mal en doubles. Comme je les collectionne également… , entre nous je peux bien te l’avouer, j’en commence tout juste la collection !


Aussi, s’il pouvait avoir l’extrême gentillesse de t’en confier quelques uns à mon intention, je lui en serais éperdument reconnaissant. Une valise pleine ? Oh non ! Je ne voudrais pas le dépouiller un tant soit peu, c’est bon pour les pauvres, ils sont tellement nombreux, qu’un de plus ou de moins dans le dénuement, c’est sans importance !


J’ai tout de même relevé une petite erreur, certes sans gravité dans une aussi longue lettre si passionnante, mais qui m’interroge quelque part. C’est sans doute ta secrétaire qui a oublié l’article « du », dans Conseiller du Général au-dessus de ta si élégante bien que discrète signature. Toutes les mêmes ces secrétaires, ça papote, ça papote et ça oublie de taper un mot. Elles mériteraient… !


Mais ma fille, qui, oh la petite effrontée, regarde par-dessus mon épaule, me signale qu’aujourd’hui tout se fait par ordinateur, alors c’est sans doute lui qui s’est trompé ! C’est quand même bien le moderne, on a de petites machines qui remplace les vilaines secrétaires, qui en plus de coûter très cher n’étaient pas attentives à leur travail, toujours à bavarder, à se faire les ongles, à boire du café. L’ordinateur lui ne s’arrête jamais, ne mange pas, juste un tout petit peu d’électricité, mais pour montrer qu’il a un côté humain, de temps à autre il fait une petite faute.


Ma fille me dit un peu vertement, que je suis à côté de la plaque, que je n’ai rien compris, parce que le général est paraît-il mort en 1970 ! Et on ne m’avait rien dit auparavant !


Mais elle continue la vilaine, entre nous tu as bien raison d’être très sévère avec les jeunes, sinon ils ne comprendront jamais quel magnifique paradis vous êtes en train de leur construire sur la Terre, toi et tes petits camarades. Elle me souffle que tu dois être chisofrêne, je n’ose pas prendre le dictionnaire pour savoir ce que cela signifie, elle en profiterait pour se moquer. Mais je suis plus malin qu’elle ne le croit, j’ai bien compris ton problème, car il y a quelques années j’avais des frênes, ils ont tous attrapé la maladie, maintenant ils sont crevés !
J’espère que pour toi c’est moins grave. Cela me chagrinerait beaucoup, que tu sois réduit à un état semblable : sec, cassant, la cime dégarnie, plus rien ne coule dans leurs veines, leur cœur est tout ratatiné, comme s’ils n’en avaient plus, pourtant leurs branches s’agitent toujours au vent, mais sans le souffle de vie bruissant que leur donnaient les feuilles, on sent la mort rien qu’à les regarder, autrefois majestueux, ils paraissent si petits, des géants devenus des nains.


Je m’en veux, je ne voulais pas te faire de peine, j’aime quand tous les hommes sont heureux, je suis sûr que c’est pareil pour toi. Aussi, je souhaite ardemment que le mal diagnostiqué par ma petite fille n’est que passager, surtout pas une de ces tares irréductibles, dont l’issue ne peut être que fatale à plus ou moins brève échéance.


Oh, j’allais oublier, puisque Jacques Chirac est ton copain, tu dois bien connaître aussi sa charmante épouse, Bernadette, une vraie sainte. Tu lui diras tout le bien que je pense d’elle et de son opération « pièces jaunes », avec son ami David Douillet, oh, qu’est ce qu’il me fait rire ce grand couillon ! Dès qu’il ouvre la bouche, je ne peux plus me retenir, c’est plus fort que moi, il est vraiment le normand le plus drôle depuis Bourvil, je comprends que certains lui donnent jusque quarante mille euros pour paraître dans une soirée, ils doivent bien se marrer, célébrité, ça c’est une profession ! Je disais donc, qu’ils avaient raison, que c’était une excellente idée de demander aux enfants de donner leur tirelire, c’est un bon apprentissage, quand ils seront grands ils trouveront normal de confier leurs économies à n’importe qui, c’est ça l’école de la vie.

 

Pour cette dernière saillie, je ne pensais pas si bien dire ! 

 

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Les coups fourrés de Sarkozy !

Posté par emmanuelesliard le 10 juillet 2010

Mes fidèles amis Pierrot et Zorro m’ont rappelé récemment, un fait qui avait curieusement quitté ma mémoire, il n’est pourtant pas sans importance puisqu’il s’agit du moment où par une traîtrise dont il n’a pas le secret, il renvoya Chirac chez les Harriri.

 

C’était l’époque où deux associations culturelles corses avaient porté plainte contre Eddy Mitchell pour propos racistes envers les allogènes de l’île. Nous en prenons acte disions-nous, mais qu’attendent-ils pour engager des actions judiciaires contre les mafieux qui tuent, explosent, rackettent, ratonnent, causant un préjudice considérable à l’île et ses habitants ? Ah ! Ce sont les mêmes. Désolé, j’étais pas au courant, ou si peu ! Ceci explique cela !


Encore une question à laquelle Chichitou 1er, roi auto-proclamé de Chiraquie, n’a pas trouvé le début d’un commencement de réponse. Il est vrai que ces derniers temps, il était fort occupé avec sa marionnette. L’an dernier avant la canicule, tel un Gépetto moderne,  il entreprit d’en façonner une à son image, elle n’est toujours pas terminée. Pas, comme l’ont avancé d’une manière ignoble certaines mauvaises langues, en raison d’une sérieuse déficience de l’intelligence de la main, comme tout vulgaire disciple de Raffarin, mais parce qu’elle est trop ressemblante ! Étonnant, n’est ce pas ! Il aimerait tellement lui coller un masque immuable, appelé respectabilité !


Rien n’y fait, dès que notre cher, très cher, Chichitou ouvre la bouche, le nez de la marionnette s’allonge, si bien qu’à la fin de la journée, il n’y a plus de salle suffisamment spacieuse au palais de l’Élysée apte à la contenir dans son intégrité physique. Diantre ! Pire que les régionales, impossible de contrôler la montée de l’opposition, son flair sans blair est infiniment supérieur à celui de notre Chichitou flamboyant, devenu un vulgaire Ran Tan Plan aboyant, fatigué, déprimé !


Vexé, outragé, il commet l’irréparable, il mord le cul d’une vache ! Pensant à une fantaisie, annonciatrice d’un ciel superbe, elle émet un doux beuglement évocateur en tournant langoureusement la tête vers l’agresseur si coquin. Furieux du résultat, Chichitou-Ran Tan Plan en remet une couche et mord la pauvre bête jusqu’au sang. Le mugissement devient réprobateur, suivi d’un automatisme de la patte arrière gauche, qui atteint le monarque maboul aux générateurs de ciels superbes et lui fait pousser un « han » de bûcheron ! Il n’avait plus les boules, gros sur la patate tout de même !


Un cadreur de télévision qui passait par là, tout à fait par hasard, armé de son outil de travail, eut la surprise de voir un homme plié en deux, marchant péniblement, la main gauche accrochée au bas-ventre. Il reconnut Chichitou au bout de quelques secondes, retrouva dans l’instant ses réflexes professionnels et se mit à tourner la pénible scène. Se voyant filmé, de sa main disponible le monarque maboul lança un doigt d’honneur vengeur en direction de la caméra, en baragouinant plus ou moins distinctement : « fiense ! Four les régionales, alleze fouse à Mykonose ! »
Parti trop tôt, notre homme ne vit pas un horrible gnome sautillant autour de Chichitou, comme mû par un ressort, en chantant : « c’est la vie de château, pourvu que ça dure ! C’est la vie de château, pourvu que ça dure ! »


Chichitou, n’entendait rien de ce délicieux refrain, pas même le petit « crac » annonçant la fin du sonotone qui dans la confusion avait malencontreusement chu par terre, pour être terrassé par le gnome bondissant.


Après une rapide enquête, le cadreur chanceux connut la raison de la prononciation approximative tendance erreur de la nature, des insultes proférées par Chichitou à l’encontre de son peuple, son dentier était resté planté dans le cuir de la bête, dont le courroux ne semblait pas prêt de s’éteindre. Il était désormais impossible de l’approcher, afin de lui enlever l’objet du délit, rien par contre n’empêchait de le filmer, ce dont il ne se priva point.


Le soir même, le peuple de Chiraquie put constater avec consternation et colère, l’attitude inqualifiable de Chichitou 1er. Dès le lendemain, d’immenses manifestations dans tout le pays, réclamaient son abdication et sa traduction en haute cour de justice, afin qu’il soit condamné et enfermé au fort de Brégançon pour le reste de sa misérable existence. Bernie, son âme damnée accompagnée du fidèle DéDé, tenta bien d’interjeter en faveur du roi déchu. Les manifestants au comble de la fureur s’en emparèrent sans ménagement, pour les enfermer à triple tour dans une pièce jaune. Voulant dès le lendemain, les remettre entre les mains de la justice, les braves gens eurent la surprise de trouver la salle aussi vide que la tête de Bigeard, elle était pourtant verrouillée de l’extérieur !


Cette énigme alimenta les gazettes et les conversations pendant de nombreuses semaines. Un écrivain rouquin nommé Gaston en fit un roman qui rencontra un énorme succès, il l’intitula : « le mystère de la chambre jaune » ! Un film est en projet, mais il devrait être d’une moins bonne tenue, le titre provisoire serait : « Bernie et DéDé se carapatent » !

 

 Zorro s’ébroua bruyamment. Les pachydermes procèdent ainsi le soir au bord du fleuve écrasé de chaleur, ils lancent aussi de salvateurs jets d’eau avec leurs trompes. Notre ami ne semblait heureusement pas informé de cette curieuse coutume, qui chez un humain serait audacieuse, mais constituerait un défi qu’il se ferait fort de relever.

Il prit son élan :

- J’ai une question à poser : qui va maintenant écraser cette vermine de Sarkozy comme il a fait au sonotone de Chichitou ?

Nous nous regardâmes ! Personne n’avait de réponse et c’est bien malheureux !

 

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Pauvre petit bonhomme !

Posté par emmanuelesliard le 7 juillet 2010

Ce billet, n’a pas d’autre objet que de tenter de mettre fin à de méchantes rumeurs sur le plus grand homme contemporain que la France ait jamais connu, à l’exception de tous les autres !


Je ne rappellerai pas cette affirmation abjecte, proférée par une femme politique, dont je préfère ne pas savoir qu’elle est maire de Lille, fille de Jacques Delors, responsable du PS et qu’elle s’appelle Martine Aubry ! Cette ignoble personne aurait comparé Nicolas Sarkozy à Madoff ! Je ne veux pas entendre de telles insanités, il n’y a aucune comparaison possible entre les deux, car Madoff lui au moins est en prison !


Depuis quelque temps, des langues de vipère n’arrêtent pas de répéter qu’il faut virer le Domenech de l’Elysée, le compte de celui du foot étant réglé ! Quelle ignominie, celui du foot n’a jamais demandé des primes pour ses joueurs, contrairement au Président qui a toujours pensé d’abord à ses amis, avant de se servir comme il se doit !


Aussi une mise au point s’impose ! Il suffit de mettre en lumière les conditions de sa prise de fonctions en 2007 pour couper court à toute supputation malintentionnée ! Je suis en mesure, avec l’aide de quelques amis, de faire certaines révélations qui n’ont jamais été mises sur la place publique. Les voici en toute primeur :


Il en est de certaines situations comme des sentiments, elles échappent au sens commun, toute tentative d’analyse s’avère superflue, voire dangereuse, sinon fallacieuse ou risible. Les ânes savants ignorent allègrement toute précaution, ils se réfugient courageusement derrière la pensée à la mode, justifient l’injustifiable, quitte à dire le contraire à l’occasion si le vent tourne.


N’étant pas un savant, ce curieux travers m’est aussi étranger que la modestie chez Sarkozy. Au lycée, un de nos professeurs aimait nous flatter en nous assurant que nous étions : « l’élite ». L’avenir a vite douché cette gonflette adolescente, notamment lorsque j’ai découvert que : « les lites » étaient des versions allégées, édulcorées de puissants logiciels informatiques. Je ne sais si le petit Nicolas a été ainsi grandi dans sa prime jeunesse ? Pas le délicieux garnement de Sempé et Goscinny, mais celui que personne au monde ne nous envie, celui qui dénigre son pays et ses compatriotes quand il se trouve à l’étranger, celui que tout un chacun surnomme désormais Zébulon, voire le bushé de Neuilly !


- Sarkozy a été lancé comme une marque de lessive !
- Spéciale Karcher !
- Tiens, je croyais que le lancer de nain était interdit dans notre douce France !
- Vous connaissez la dernière ?
- Par définition, non !
- Déçu par Cécilia, Zébulon souhaitait en prendre une à sa taille. Aussi avait-il jeté son dévolu sur Mimie Mathy, pas de bol elle vient de se marier !
- Avertie par une âme compatissante du projet Zébulonien, elle s’est jetée au cou du premier venu, lui coupant l’herbe sous le ressort.
- Quelle performance ! Elle a du battre le record du monde du saut en hauteur à pieds joints.
- Sous nos applaudissements !


Tout ceci sans aucun rapport avec notre très chère amie Lola, membre éminente de la confrérie des brouteuses de minous, qui un jour de vague à l’âme plus pénétrant qu’à l’habitude, nous avoua tout de go sans barguigner : « je vous mettrai bien les points sur les zis, mais comme il m’arrive de susurrer en dehors du creux de l’oreille, de distingués linguistes, il est vrai mal intentionnés, pourraient me reprocher un léger bégaiement. Aussi, je prierai instamment ces zozos de déguerpir avant que la moutarde ne devienne fine et forte ».


- C’était La Goulue ?
- Crétin des Alpes !
- Elle m’a confié quelque chose d’important.
- Susurré ?
- Hi, hi, hi !
– Bande de nases, c’est important ! D’après Lola, certains fans de Sarkozy, en utilisant sans doute les basses œuvres de Barbelivien, voulaient adapter la célèbre chanson de Gréco : « jolie môme » en la rebaptisant : « joli gnôme » !
– Ecoutez plutôt le récit de la prise de fonctions de Sarkozy, au lieu de dire des bêtises !

Pauvre petit bonhomme !

Avec ses amis, plus bouffis d’orgueil les uns que les autres, saturés d’autosatisfaction, gonflés de mauvais sentiments et fiers de l’être, imbus pas lui, sa suffisance lui suffisait, il fit une fête du tonnerre chez un descendant du célèbre Nicolas, le surintendant pas le cave !


Président ! Les yeux fatigués, l’esprit embrumé, ne l’aidaient pas à réaliser. Il en avait tant rêvé, « aïe ! », il venait de se couper. Quel cauchemar ! Heureusement, son copain Vincent lui avait filé un stock de papier à rouler, idéal pour stopper net les petites hémorragies faciales. Ah, ces marins bretons, toujours pleins de ressources et pas bégueules, des amitiés hors d’âge pur Malte ! L’évocation le fit tituber, la migraine le guettait, mais le vin est tiré, il faut le …, « peux pas » lâcha t’il à regret ! De telles infirmités méritent notre compassion.


Arrivé au palais, une nuée de conseillers au visage épanoui l’attendait. Il se fit un plaisir de les entraîner dans un joyeux tourbillon vite interrompu, à leur grand désappointement, se tenant le front il se dirigea vers le bureau présidentiel, suivi par les plus téméraires de ses affidés, les autres amorçant prestement de savantes manœuvres de repli sur des positions judicieusement préparées à l’avance.


Il s’assit dans le fauteuil présidentiel, reprit peu à peu ce qu’il lui restait d’esprit. Il expédia à grand peine quelques tâches subalternes, puis vint le délicat moment de choisir son nouveau nom, qui ne pouvait être que majestueux.


Un conseiller suggéra en évidence : Zébulon 1er, un autre plus courtisan proposa : Zébulon le premier ! Un troisième s’apprêtait à émettre une idée encore plus géniale, lorsque notre Zébulon nouveau entra dans une colère qui fit trembler les vitres du palais, l’espace d’un instant, puisqu’il s’affala sur un sofa, terrassé par une migraine d’une intensité jamais constatée jusqu’alors.


Le lendemain, la migraine s’était transformée en une profonde léthargie. Toute la cour était affligée, dans les couloirs ce n’était que murmures compassés et pleurnicheries inconsolables. L’annonce de la fin du monde n’aurait pas produit un effet aussi désastreux.


Alors vint le sauveur ! Il entra dans la chambre royale entouré d’un halo de lumière, s’inclina jusqu’au sol comme tout bon traître qui se respecte, tant et bien que la couture de son pantalon ne résista point en son fondement, entraînant ce cri du chœur de l’assistance.


– Baissons son froc, ainsi il n’y paraîtra !


Aussitôt dit, aussitôt fait, d’un même élan ils s’exécutèrent ! Visiblement soulagé, le visiteur dans un rictus épouvantable, coupant d’une oreille à l’autre, s’écria :


– Mon maître, mon obligé, Zébulon l’unique, je vous salue bien bas !


Ces mots eurent l’effet d’un électrochoc, Zébulon désormais l’unique se dressa sur son ressort. Il partit faire le tour du monde en pyjama précédent de cent coudées le Falcon royal.


L’annonce à la radio et dans les étranges lucarnes de la bonne nouvelle eut des effets dévastateurs !


– Zébulon, lui nique ?
– J’en suis pas sûr, elle est pas toujours là !


On ne peut décemment couper toutes les méchantes langues, pas plus que celle que l’on entendait chanter dans la rue :


Le nabot à talonnettes
Est un pauvre petit être
Qui n’a
Qui n’a
Aucune idée dans la tête
Que du vent dans les chaussettes
Qu’un sale tour dans la musette
Etc, etc …

 

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Un point d’histoire récente enfin élucidé !

Posté par emmanuelesliard le 4 juillet 2010

Après l’affaire Boulin qui semble définitivement enterrée, des scellés compromettants ayant semble t’il étés jetés dans le lac, nous pouvons avoir honte de notre justice ! Mais, Esliard est là, m’appuyant sur le club de ce redresseur de torts, je suis enfin en mesure de lever le voile sur un épisode abracadabrantesque (pour paraphraser Rimbaud) de notre histoire politique récente.

 

 Il était une fois, à la mairie de Paris, temple obligé de la Chiraquie triomphante, une consigne qui avait la singulière particularité, en ces temps troublés où les microprocesseurs règnent en maîtres, de ne pas être automatique. Elle était fort prisée d’hommes bien propres sur eux, qui régulièrement venaient y déposer de lourdes valises, avant de prestement s’éclipser sans attendre le moindre reçu, ni proposer quelque paiement. L’employé, un vétéran de la dernière guerre chiraquienne, ne s’alarma point, pensant qu’il s’agissait de gros clients ayant passé un accord préalable avec sa hiérarchie, qui comme d’habitude avait négligé de l’avertir.


Les grosses mallettes métalliques, identiques en tous points, étaient bien pratiques. Elles s’empilaient sans problème, mais au bout de quelques jours le gerbage manuel atteignit rapidement ses limites, il s’avérait nécessaire d’entreprendre une autre pile. Un mois plus tard, il se rendit compte qu’il n’avait pas perdu la face, mais bon dieu c’est bien sûr : une mission de confiance lui avait été secrètement confiée. Les valises étaient de plus en plus nombreuses, il fallait faire preuve d’initiative, le repérage de chaque bagage était indispensable. La sécurité la plus élémentaire imposait la matérialisation d’un couloir d’une largeur suffisante, permettant le repli rapide, en bon ordre, en cas d’écroulement accidentel d’une pile.


Il en était maintenant certain, le destin venait de frapper à sa porte, il l’ouvrit prestement et sortit à sa rencontre d’un pas guilleret. Il n’avait pas fait plus de deux enjambées qu’il se retrouva nez à pif avec le maître des lieux : Chichitou 1er ! Lequel revenait, l’air satisfait, d’une pause réparatrice de cinq minutes dans les étages, assisté d’une collaboratrice avenante, Véronique, la foutrement bien nommée !


Sa confusion était extrême, il bredouilla : « les vava …, les valili …, les valises, je les quéquette, je les sodopile jour après jour, heure par heure, cul à tête, un peu moins de soixante-dix jusqu’ici, je sécurise, je couloirise suffisamment en cas d’épilation accidentelle, heu … ! Si la tombe pile ! Sur la face ! Je me fais trancher en deux, enfin je crois ! »


Après un temps d’incrédulité qui lui parut une éternité, Chichitou 1er éclata de rire. Puis tout en continuant de peloter l’arrière-train avantageux de Véronique, il s’adressa enfin à l’employé devenu écarlate : « ne vous inquiétez pas mon brave, nous verrons cela après le salon de l’agriculture, Véro, faites-moi plaisir ! Apportez-moi tout de suite un pack de Corona dans mon bureau, ensuite veuillez prendre note des inquiétudes de monsieur, afin de me les rappeler le moment venu, et ainsi les vaches seront bien gardées ! »


Chichitou 1er prit son envol vers son bureau au premier étage. Le suivant du regard, le popotin enfin libéré, Véro revint peu à peu à la vie normale, en tournant la tête elle lança une œillade convenue au petit homme cramoisi qui tremblotait de tous ses membres, en précisant : « sois pas vache, les élections sont dans deux ans, refile une valise de temps à autre et laisse celles qui restent bien au chaud ! »


Le brave homme ne comprenait plus rien, sa tête était vide, « comme d’habitude » aurait précisé sa femme ! Il revint tout penaud vers la porte où scintillait en lettres d’or la mention : « CONSIGNE », en dessous plus discrètement on pouvait lire : « valises conformes », et encore plus petit : « tous billets ayant cours » !


L’employé aujourd’hui si perturbé, s’était souvent interrogé sur la signification de ces mentions, à ses yeux extrêmement sibyllines. Il se promit d’en parler à Véro, lors de sa prochaine visite, ce qui ne saurait tarder.


Mais Véro dut avoir un emploi du temps chargé, un tas d’étages à monter afin d’alléger le maître des lieux, car elle ne vint pas ce jour, ni le lendemain, pas plus que les jours suivants. Il se consola en confectionnant de magnifiques étiquettes, sur lesquelles il reporta le jour et l’heure d’arrivée de chaque mallette inscrits sur le cahier de réception. Il ne pouvait se tromper, les mallettes étaient entassées dans l’ordre d’arrivée, première pile au fond à gauche, deuxième toujours au fond mais à droite de la première et ainsi de suite. Il refit les piles, les aligna au cordeau, séparées par de magnifiques et larges allées matérialisées à l’aide de bandes adhésives bleues. L’ensemble avait fière allure, un seul détail retint sa réflexion pendant une bonne journée : la hauteur des piles !


Considérant la capacité physique de gerbage vertical du sujet, elle ne pouvait dépasser deux mètres, l’utilisation d’un escabeau étant exclue par la simple application du principe de précaution. Mais, le déstockage d’une telle pile pouvait s’avérer périlleux. En tirant sur la poignée de la valise la plus élevée pour la saisir, il y avait un risque d’entraîner dans une chute dramatique une ou plusieurs mallettes. Il était donc nécessaire que l’opérateur puisse soulever facilement l’objet placé le plus haut d’une seule main, avant de passer l’autre main en dessous, permettant ainsi de saisir la mallette en douceur et de l’amener au sol en toute sécurité.


Une rapide évaluation d’une semaine, permit de déterminer par l’expérience la hauteur maximale de pile. Notre chercheur en gerbage manuel de mallettes métalliques en conclut, qu’elle ne pouvait dépasser la taille du sujet, soit un mètre soixante. Chaque objet ayant une épaisseur hors tout de vingt centimètres, un calcul aisé donna le chiffre de huit valises.


Mais, si certaines étaient cabossées ! La hauteur de la pile deviendrait supérieure à l’évaluation théorique ! Suprême inquiétude : les bosses menaceraient la stabilité de l’ensemble ! On repartait de zéro ! Rassurez-vous, notre homme ne s’en laissa pas compter, il examina une à une les cent cinquante valises, mesurant au pied à coulisse, les passant au marbre et à la règle rectifiée, n’ayant pu se doter d’un comparateur électronique à visée laser. Cet examen, cette recherche scientifique aboutirent trois mois plus tard à l’élaboration d’une communication, qu’il jugea plus prudent dans un premier temps de garder pour lui.


Elle était sans appel, toutes les valises aboutissant à sa consigne sortaient d’usine, sans le moindre accroc, sans la plus petite bavure. Il n’y avait donc aucun risque.


Mais, au nom du sacro-saint principe de précaution, au cas où un objet présenterait des défectuosités, il fut décidé par l’autorité compétente, que chaque arrivage, sans la moindre exception, serait soigneusement contrôlé par l’opérateur qualifié, à l’aide des moyens techniques conséquents mis à sa disposition par lui-même. Si un objet s’avérait défectueux, il serait immédiatement retiré du circuit habituel et entreposé dans un espace prévu à cet effet, sur la tranche, côte à côte, poignée visible sur le dessus. Pas con, hein !


Cet épisode édifiant montre d’une manière éclatante, que ceux qui affirment avec une grande légèreté que Chichitou 1er n’a jamais fait le moindre effort pour la recherche scientifique, ne sont que de vils calomniateurs, qu’il convient de clouer au pilori, avec toute la sévérité que requiert leur attitude inqualifiable, avant que leur rouerie ne trouve l’ultime aboutissement qu’ils ont amplement mérité.


Après une telle période de labeur exaltant, notre petit homme était comme transformé, j’ose même dire : révélé ! D’ailleurs sa femme ne le reconnaissait plus, elle avait épousé le premier clampin venu, elle se retrouvait avec un gourou digne de la Revelation. Attention aux coups d’épingle cependant, les baudruches y sont très sensibles !


Après cette longue période enivrante, les mois passèrent dans une routine apaisante, les valises continuaient de s’entasser, personne ne semblait s’en préoccuper. Un an et un jour après le premier dépôt, l’employé eut la surprise de la visite impromptue de Chichitou 1er, il était accompagné de la fidèle Véro pour une fois entièrement libre de ses mouvements. Elle lui montra les centaines d’objets identiques savamment alignés, scientifiquement entassés, il apprécia en connaisseur et félicita l’employé pour son sens de l’initiative.


Tout à sa joie, celui-ci ne remarqua pas le curieux manège du grand homme, qui tout en toisant les piles, retenait à grand peine de curieux gloussements. Il s’arrêta, son corps tressaillait, un coude sur une pile, l’autre main tentant maladroitement d’étouffer une quinte de rire, il eut le temps de souffler : « vite une corona ! » Véro sortit prestement de la petite glacière qu’elle portait à la main un de ces flacons si prisés du grand homme, elle le décapsula avec adresse et le lui tendit dans le même mouvement, il s’en empara brutalement et but la canette d’un trait !


Enfin apaisé, il déclara vouloir passer aux choses sérieuses, le scientifique évidemment ne comprenait plus rien, la science a ses limites. Le roi de Chiraquie ne riait plus, sur un ton sévère il s’enquit de la présence en ces lieux du juriste maison. Véro bredouilla quelque chose que le scientifique ne saisit pas. « Comment ! Que me dites-vous ? Parti faire du trekking dans l’Himalaya ! Il choisit bien son moment celui-là ! Comme si moi, j’avais l’audace de rester me prélasser au Québec quand tout va mal ! »


Chichitou 1er entra dans une colère noire, à cet effet il sortit de ses gonds, blanc d’une rage difficilement contenue ! Curieusement, un pâle sourire satisfait se dessinait de temps à autre sur ses lèvres frémissantes. Un tic nerveux pensa le scientifique. La science fait des progrès constants, la couillonade itou ! Réunir d’urgence le cabinet ? « Bonne idée ma petite Véro, mais où sont-ils ces bons à rien ? Ils courent la gueuse ou le guignedoux, se gobergent royalement, en loucedé c’est heureux, on n’est pas concernés ! J’ai l’impression qu’une fois de plus, nous allons être obligés de nous débrouiller avec les moyens du bord ! »


Le roi de Chiraquie et sa fidèle assistante s’éloignèrent peu à peu, s’entretenant à voix basse. Au bout de longues minutes, qui lui parurent des siècles, le couple revint vers l’employé, qui leva la tête timidement, attendant la royale sentence.


Chichitou 1er prit la parole avec toute la force de persuasion que tout un chacun lui reconnaît : « mon brave, je viens de prendre une décision difficile qui vous concerne. Tous les objets entreposés dans cette consigne deviennent propriété de la Chiraquie au bout d’un an et un jour. Dans sa grande bonté, notre royale suffisance a décidé d’en faire profiter les nécessiteux de la Chiraquie, souffrant d’un handicap qui dépasse mon entendement. Ils auront droit à deux mallettes par personne. Afin que vous puissiez les reconnaître sans peine, une carte spéciale leur sera délivrée par nos soins, elle portera en grand la mention RPR, qui signifie Ranidé Particulièrement Rare. Est-ce bien clair mon ami ? »


« Y’a pas de lézard », répondit l’employé avec satisfaction. Chichitou 1er tourna les talons, se dirigea vers la porte suivi comme son ombre par la fidèle Véro et sa petite glacière. Dans le couloir, l’employé entendit distinctement : « Véro, vite une corona ! » Les choses reprenaient leur cours normal, le scientifique en soupira d’aise.


La morale de cette histoire, véridique en tous points, n’en est pas une, ou alors elle n’est pas édifiante : « donne une valise de billets à un pauvre le fera vivre quelque temps, apprends-lui à en voler le rendra riche ! »

Un point d'histoire récente enfin élucidé ! dans Liens mp3 Les Copains d’abord

 

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Les médecins de Molière sont parmi nous !

Posté par emmanuelesliard le 10 juin 2010

- En restant dans la région, j’ai une autre histoire à vous raconter, elle concerne une personne que j’ai eu la malchance de côtoyer pendant quelques années, je vous rassure, à mon corps défendant : mon ancien médecin généraliste.
- Nous craignons le pire, quand des grands professeurs se permettent de déconner grave, il faut s’attendre à tout dans la médecine d’en bas !
- Vous faites bien d’envisager l’ultime degré sur l’échelle de Manu ! C’est un mauvais médecin, qui se permet de faire ses visites à domicile dans une grosse Mercédès. Ça eut payé, la mauvaise médecine, mais ça paye plus, c’est ce qu’il a dû se dire, quand avec ses confrères, il a réclamé et obtenu une grosse augmentation de leurs honoraires.
- J’appelle ça une prime à la démission, de moins en moins de généralistes assurent leur obligation morale de garde de nuit ou de week-end, ce qui réduit évidemment leur revenu. Que penserait-on d’un salarié travaillant de nuit avec une prime liée à cette contrainte, qui revenant à un travail diurne, exigerait le maintien de l’avantage, tout le monde dirait qu’il charrie et son patron l’enverrait paître ! Quand je vois ça, je me dis qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre société française !
- C’est sans doute la prime au cossard et à l’irresponsable ! Mais ton copain charlatan, que veux-tu, s’il fait ses visites en Mercédès, c’est qu’il n’a pas les moyens de s’offrir une petite voiture. Avec l’augmentation il va pouvoir s’en payer une !
- Comme dans rave, plus que rêve il y a betterave, dans un cabinet médical, on ne peut mieux le nommer, les lieux d’aisance ne sont pas toujours situés au bon endroit. Ceux qui ont l’habitude de lire en attendant la délivrance peuvent être légitimement perturbés, voire se retrouver dans une situation embarrassante !
- Une confusion difficile à soigner, un outrage impossible à essuyer, un affront non remboursé par la sécu.


Ce jour là, il fallait absolument que je consulte un généraliste. Mon praticien habituel était tout indiqué pour cette indispensable corvée. En réalité, c’était le remplaçant du médecin de famille de mes parents, par une curieuse fidélité qui m’étonne encore aujourd’hui je perpétuais la tradition familiale. Je ne le connaissais pas réellement, en dix ans je n’avais eu besoin de ses services que deux ou trois fois pour des broutilles. Comme il arrivait normalement à neuf heures, je me rendis au centre médical à huit heures vingt-cinq, afin d’expédier au plus vite cette contrainte, le travail m’attendant avec une impatience non dissimulée.


En pénétrant dans la salle d’attente, j’eus comme un choc ! Elle était quasiment pleine ! Je repérais néanmoins une chaise bizarre, surprenante, au style plus qu’incertain, elle ne dénotait cependant pas au milieu des sièges disparates qui meublaient le salon style rat médical et elle se trouvait miraculeusement libre, curieux me dis-je ! Je compris vite pourquoi. Mentalement, je remerciais les bambins qui avaient préféré les genoux accueillants de leur maman, au charme rustique du siège, quelle imprudence ! Très vite, je regrettais ma virtuelle gratitude tant l’objet saugrenu sensé me supporter s’avéra aussi branlant qu’inconfortable.


Je m’en voulus également de m’être installé aussi inconsidérément, pas moins d’une douzaine de personnes me précédaient dans la consultation. La matinée n’y suffirait pas. Comment allais-je expédier les affaires pressantes, urgentissimes dirait le cadre pédant, avant le début de l’après-midi ? Me lever, tenter ma chance auprès d’un autre médecin ? L’idée me tourmenta quelques minutes, mais j’hésitais ! À la crainte d’affronter un praticien tout à fait inconnu, s’ajoutait celle d’y rencontrer un aussi bel embouteillage.


Un silence pesant, les angoisses pour ma chaise s’en accroissaient d’autant, avait succédé aux joyeuses, quoique contenues, réparties que s’échangeaient les personnes de connaissance. Il était neuf heures trente, pas la queue d’un toubib à l’horizon, trois nouveaux candidats à l’attente indéterminée s’étaient joints à notre équipe, dont le moral s’effritait de minute en minute. Un des derniers arrivants sortit au bout de dix minutes en grommelant des propos incompréhensibles, certainement inconvenants, il n’avait pas l’air content ! D’aucuns trompaient leur impatience en feuilletant distraitement les édifiants magazines surannés, qui encombraient la table basse avachie au milieu de la pièce.


Un événement inattendu se produisit un peu plus tard, la secrétaire ouvrit la porte en parlant à une personne que je ne faisais qu’entrevoir : « voyez, il y a des gens debout, avec lui on ne sait jamais, il est toujours en retard ! L’autre docteur qui doit venir ? Il était de garde cette nuit, il a laissé un message indiquant qu’il ne serait pas là avant onze heures… », le reste se perdit dans le bruit de la porte fermant nos espoirs et dans le cotonneux du corridor. Cette épisode bien venu pour détendre l’atmosphère délia de nombreuses langues, des éclats de rire fusèrent, quelques réflexions acerbes également, mais la douce voix sage, quoiqu’un tantinet chevrotante, d’une vieille dame rétablit l’ordre qui devait régner dans cette pièce, sous forme d’un sentencieux conseil obligatoire : « oui mais, qu’est ce qu’il est sympathique ! Toujours un mot gentil pour chacun, il ne s’énerve jamais, prend son temps et s’il n’est pas sûr du diagnostic, il vous demande de revenir plus tard, de peur de se tromper, c’est le meilleur docteur que j’ai jamais connu, tout le monde devrait s’en rendre compte ! »


Circulez, y a rien à voir ! Je me sentais vraiment mal. L’avantage, c’est que je ne pensais plus au travail, enfin presque plus ! Je vouais aux gémonies les commandes qui allaient me passer sous le nez, l’engueulade qui me tomberait dessus à mon retour, aussi sûrement que les morpions sur le bas-clergé breton. Tout le monde semblait moulu, éteint, accablé, résigné. Seul un bambin agressif s’agitait convulsivement, fatigant inutilement l’entourage de l’origine du monde, le pouce droit consciencieusement placé dans la bouche, le regard torve fixant effrontément tour à tour ses voisins les plus proches.


Il se produisit à dix heures quarante-cinq un évènement que personne n’espérait plus, ne serait-ce qu’entrevoir de son vivant. Le bruit de la serrure de la porte attenante réveilla l’équipage désespéré et résigné de la salle d’attente, plusieurs « enfin » se firent bruyamment entendre. Après un temps qui nous parut interminable, notre porte s’ouvrit dans un bruit de délivrance, encadrant un visage souriant, souligné d’un frais et joyeux : « bonjour mesdames, bonjour messieurs, c’est à qui ? ». Le grand homme ne releva pas l’ironique « bonsoir docteur » lancé par un mauvais plaisant.
Cette arrivée tardive avait eu le mérite de détendre la lourde atmosphère du salon d’attente, qui aurait mérité l’appellation « salle de tortures ». Au bout d’un quart d’heure, les conversations devinrent plus rares, elles s’éteignirent tout à fait cinq minutes plus tard. Vingt-neuf minutes, tel fut le temps de la première consultation ! Malgré la période hivernale et le chauffage d’une intensité frisant la pingrerie caractérisée, des gouttes de sueur perlaient sur mon front, je vis plusieurs de mes collègues en persévérance s’essuyer également le visage. La tension redoublait d’intensité, à voir le regard effaré de ma voisine, j’augurai de la conduite immédiate en psychiatrie d’une partie de mes compagnons d’infortune !


En même temps que la porte d’à côté, j’entendis de nombreux soupirs de soulagement, la deuxième consultation n’avait pas duré plus de cinq minutes ! Je sus plus tard par la secrétaire, qu’à son arrivée plusieurs personnes attendaient patiemment dans leur véhicule l’ouverture du centre médical, quelques minutes avant huit heures. Plus de trois heures d’attente, pour ce qui devait être un simple renouvellement d’ordonnance ! Elle était digne de recevoir la médaille du mérite médical cette brave dame, au moins la grand-croix !


- Oui, mais ton gougnafier n’aurait pas pu la faire passer à la caisse, si elle s’était contentée de venir chercher le papelard à l’accueil ! Avec quoi il payait sa Mercédès, sans parler d’une petite voiture en prime ?


Comme d’habitude, Zorro avait raison, je compris à cet instant pourquoi il n’avait jamais fait médecine ! Mais revenons à notre salle d’attente pas très nette. Au bout de cinq heures passées à me morfondre, mon tour vint, enfin !


L’éminent praticien m’examina pendant quelques minutes. Après avoir palpé, contemplé sous plusieurs angles avec une attention particulièrement soutenue, stétoscopé, tensionné, il recula de deux pas sans cesser de m’observer. La main droite sur le menton, il se caressait frénétiquement la joue avec l’index. Il avança d’un pas, se gratta l’occiput avec la main gauche, puis pivotant sur la droite, il me fit l’offrande de son meilleur profil. J’avais pénétré dans son bureau, je le reconnais bien volontiers, un peu abruti, si, si, je sais c’est difficile à croire, petit à petit son attitude fit sourdre en moi un sentiment d’inquiétude. Mais là j’esquissais un sourire ironique, je me dis que la tenue des médecins de Molière lui siérait à merveille, surtout le grand chapeau pointu. Il me tourna le dos sans que j’y sois pour quelque chose, se massant consciencieusement la nuque et l’occiput avec la paume de la main. Le geste devint de plus en plus endiablé, avec l’autre main il décrocha le téléphone, resta interdit quelques secondes le combiné immobile en l’air, puis le reposa sur son socle. Il ouvrit le Vidal, le feuilleta nerveusement, fit un pas de côté. Le massage de la nuque était de plus en plus désordonné, il titubait maintenant.


Soudain, j’eus la révélation de ce qui le tourmentait si spectaculairement. Il tentait de prévenir une entorse du cervelet, comme on essaye d’enrayer une crampe naissante sur un terrain de sport. À force de se triturer les méninges, c’était fatal, l’entorse du cervelet le menaçait, plus sûrement que la justesse de son diagnostic. Quelle triste destinée, pensais-je, docteur en médecine et la cervelle en charpie, l’atavisme quoi !


Il réussit à s’asseoir, je ne compris pas les borborygmes qui sortaient péniblement de sa bouche, dorénavant complètement de traviole, avec un bout de langue irrévérencieux pendant du côté le plus bas. Sur la pointe des pieds, je m’approchais doucement du bureau du nouveau Caligula Minus, m’assis sur une chaise, en évitant de la faire craquer. Dans son état je ne voulais pas l’effrayer. Ça l’aurait achevé !


Après cinq minutes d’efforts intensifs, il me tendit difficilement une ordonnance. Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’elle était parfaitement lisible ! Ce qui démontrait la gravité de son affection. Soudain tout changea, le billet que je lui tendais en échange de la feuille de sécu eut un effet salvateur quasi miraculeux, la bouche reprit sa position habituelle, la langue se souvint opportunément des devoirs de sa charge chez un communicant médical, le geste devint net et précis, la parole sûre et aimable, j’avais retrouvé mon VRP de la santé. Je poussais un véritable « ouf » de soulagement, car son étrange affection avait entraîné une profonde affliction bien compréhensible. En dépit de mon petit problème de santé, c’est tout guilleret que je quittais le cabinet.


En sortant de la maison médicale, je croisais l’accorde jeune femme de l’accueil qui venait reprendre son service après déjeuner. Comme les pharmacies n’ouvraient que quelques minutes plus tard, je me surpris à deviser gaiement avec la charmante greffière. Elle doucha rapidement mon enthousiasme tout neuf, qui avait eu l’immense mérite de me faire oublier l’odieuse matinée ainsi que mon mal, « c’est incompréhensible, quasiment personne ne se plaint ! Son comportement est inadmissible, il donne une mauvaise image de la maison médicale, à votre place je changerais de médecin » disait-elle fort courroucée. Je bredouillais qu’il était bien sympathique et que c’était sans doute un bon médecin, « ça reste à démontrer » répondit-elle du tac au tac, très péremptoire. Je ne me sentais pas bien du tout, le prétexte de la pharmacie me permit d’abréger courtoisement mon supplice. Je me dirigeais vers ma voiture en titubant à mon tour, complètement sonné.


Dès le lendemain, je pus vérifier la justesse de son jugement, la fièvre monta subitement, le confrère du VRP appelé en urgence m’expédia illico à l’hôpital. Quelques heures de plus et je rejoignais mes ancêtres. J’aimerai bien les connaître mais rien ne presse ! Les dix jours passés dans le service des maladies infectieuses, puis la longue convalescence, me firent prendre conscience que ce jour là, j’avais enfin compris la signification du mot « patient ».


- Je connaissais cette histoire, mais pas ta longue journée chez le charlatan, il exerce toujours ?
- Plus que jamais, la différence c’est que je ne participe plus au financement de ses grosses bagnoles.

 

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