Incredible Pilolobus

Posté par emmanuelesliard le 29 octobre 2012

Pilolobus

 

Extrait du spectacle Shadowland qui est passé à Paris en Mars 2012. Donc c’est trop tard, reste plus que le web !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mediapart ou Mediagodillot ?

Posté par emmanuelesliard le 24 octobre 2012

Un abonné de Mediapart s’est vu retirer trois articles de son blog par la direction suite à l’injonction d’une fonctionnaire, et ceci sans la moindre justification, ci-dessous le lien avec sa protestation et le texte :

http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-waeselynck/231012/la-rectrice-de-nice-oblige-mediapart-retirer-3-articles

 

La rectrice de NICE oblige mediapart à retirer 3 articles

23 octobre 2012 Par Philippe WAESELYNCK

Fil de la discussion entre Géraldine Delacroix et Philippe WAESELYNCK

Géraldine Delacroix

23/10/2012 – 16:42

Bonjour

Ayant reçu une demande en bonne et due forme de la part du recteur de l’académie de Nice, Mediapart a été contraint de dépublier vos billets suivants: « M JOURDAN IA arrête Betty ATTAL de manière illégale.», « Docteur Hizer reçoit Betty Attal » et « Palmes académiques pour Mme BELLENFANT».

Je vous rappelle le point 4 de notre charte éditoriale:

«4. Votre responsabilité

Le fait de vous accorder un espace de libre expression ne présume en aucune façon l’adhésion de Mediapart aux contenus que vous y publiez. Vous êtes seul et entièrement responsable de tous propos et Contenus que vous publiez via votre compte, tant à notre égard qu’à l’égard des tiers, et vous vous engagez à nous garantir et nous relever indemne de toute conséquence de votre utilisation de nos services.»

Bien à vous

 

Je comprends. Une rectrice demande de retirer des articles et mediapart obéit. Pourquoi pas. Je ne vois pas où est le mal de dire que Madame Bellenfant, responsable du privé dans l’académie reçoit les palmes académiques le même jour où elle reçoit Betty Attal, qu’elle avait fait arrêter par le Docteur HIZER; Ce sont des faits, pas un jugement.

 

C’est Bien Madame Bellenfant qui a demandé au Docteur HIZER de donner un avis médical pour la faire arrêter. Lorsque l’expert a dit que ce n’était pas nécessaire, Madame Bellenfant a demandé une contre expertise qui a conclu à la même chose. A moins que Madame Bellenfant ait des compétences en médecine, je ne vois pas l’utilité de ce qu’elle a fait contre Betty Attal.

 

Pourtant, M JOURDAN Inspecteur d’Académie a bien  arrêté Betty ATTAL de manière non réglementaire. Ceci est également un fait.  Si je comprends bien, on ne peut plus écrire grand chose sur mediapart, sauf à discuter de la reproduction des escargots ou de l’influence des rayons gamma sur les marguerites.

On ne peut plus dénoncer les errements et violations de ceux qui nous gouvernent, que nous payons avec nos impôts….

Puis-je au moins savoir sur quels motifs la rectrice de Nice a demandé le retrait des ces 3 articles? Ou bien est-ce arrogant de ma part d’imaginer que je pourrais être mis au courant qu’il suffit qu’une rectrice demande de retirer 3 articles pour qu’elle ait ce droit?

 

Puis-je dire au moins que le Docteur HIZER, médecin de prévention à l’académie de NICE est sous le coup d’une plainte au pénal pour FAUX?

 

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On vit vraiment une époque formidable !

Posté par emmanuelesliard le 15 octobre 2012

A force de plans de sauvetage et de traités d’urgence négociés à huis clos, les citoyens de l’UE sont lentement dépossédés du contrôle de leurs institutions, dénonce l’écrivain allemand Hans Magnus Enzensberger qui prédit une révolte.

La crise ? Quelle crise ? Cafés, terrasses et bistrots ne désemplissent pas, les vacanciers se bousculent dans les aéroports allemands, on nous parle de records à l’exportation, de recul du chômage. Les gens suivent en bâillant les « sommets » politiques hebdomadaires et les passes d’armes brumeuses des experts. Tout cela paraît se dérouler dans un no man’s land rhétorique rempli de discours officiels inintelligibles qui n’ont rien à voir avec ce que l’on appelle la vie réelle.

Manifestement, personne ou presque ne remarque que les pays européens ne sont plus régis depuis un certain temps par des institutions jouissant d’une légitimité démocratique, mais par une ribambelle de sigles qui les ont supplantées. Ce sont le FESF, le MES, la BCEl’ABE et le FMI qui ont pris les commandes. Il faut être un expert pour développer ces acronymes.

En outre, seuls les initiés arrivent à comprendre qui fait quoi et comment au sein de la Commission européenne et de l’Eurogroupe. Tous ces organismes ont en commun de ne figurer dans aucune constitution du monde et de ne pas associer les électeurs à leurs prises de décision.

Spoliation politique 

Le détachement avec lequel les habitants de notre petit continent acceptent d’être dépossédés de leur pouvoir politique fait froid dans le dos. Peut-être est-ce dû au fait qu’il s’agit d’une nouveauté historique. Contrairement aux révolutions, aux coups d’Etat et aux putschs militaires dont l’histoire européenne ne manque pas, cette dépossession se passe sans perte ni fracas. Tout se déroule pacifiquement derrière des portes calfeutrées.

Que les traités ne soient pas respectés n’étonne plus personne. Les règles existantes, comme le principe de subsidiarité fixé par le traité de Rome ou la clause de non-renflouement du traité de Maastricht, passent à la trappe si besoin est. Le principe pacta sunt servanda [les pactes doivent être respectés] fait l’effet d’un slogan vide de sens forgé par quelque juriste pointilleux sous l’Antiquité.

L’abolition de l’Etat de droit apparaît noir sur blanc dans le traité établissant le MES (Mécanisme européen de stabilité). Les décisions des poids-lourds de cette « société de sauvetage » prennent immédiatement effet dans le droit international et ne sont pas soumises à l’assentiment des Parlements. Ils se nomment « gouverneurs », comme c’était souvent le cas sous les anciens régimes coloniaux, et, comme ces derniers, n’ont aucun compte à rendre à l’opinion. En revanche, ils sont expressément tenus au secret. Cela fait songer à l’omerta, qui figure dans le code d’honneur de la mafia. Nos « parrains » sont dispensés de tout contrôle judiciaire ou légal. Et jouissent d’un privilège que ne possède même pas un chef de la Camorra [la mafia napolitiaine] : l’immunité pénale absolue (conformément aux articles 32 à 35 du traité établissant le MES).

La spoliation politique du citoyen trouvait ainsi un point d’orgue provisoire. Elle avait débuté bien avant, lors de l’introduction de l’euro, voire plus tôt. Cette monnaie est le fruit de maquignonnages politiques qui n’ont tenu aucun compte des conditions économiques nécessaires à la mise en œuvre d’un tel projet.

Entreprise hasardeuse 

Bien loin de reconnaître et de corriger les malformations congénitales de leur création, le « régime des sauveurs » insiste sur la nécessité de suivre à tout prix la feuille de route fixée. Proclamer sans arrêt que nous n’aurions « pas d’autre choix » revient à nier le risque d’explosion induit par le creusement des disparités entre les Etats membres. Depuis déjà des années, les conséquences se profilent à l’horizon : la division au lieu de l’intégration, le ressentiment, l’animosité et les reproches mutuels au lieu de la concertation. « Si l’euro coule, l’Europe coule ». Ce slogan inepte est censé rallier un continent d’un demi-milliard d’individus à l’entreprise hasardeuse d’une classe politique isolée, comme si 2 000 ans n’étaient qu’une paille comparés à un papier-monnaie inventé de fraîche date.

La « crise de l’euro » prouve que cela ne s’arrêtera pas à la spoliation politique des citoyens. Sa logique veut qu’elle conduise à son pendant, qui est la spoliation économique. Il faut être là où les coûts économiques surgissent au jour pour comprendre ce que cela signifie. Les habitants de Madrid ou Athènes ne descendent dans la rue que lorsqu’ils n’ont littéralement plus d’autre choix. Ce qui ne manquera pas de se reproduire dans d’autres régions.

Peu importe de quelles métaphores la classe politique se farde, qu’elle baptise sa nouvelle créature MES, bazooka, Grosse Bertha, eurobond, union budgétaire, union bancaire, mutualisation de la dette – les peuples sortiront de leur léthargie politique au plus tard lorsqu’il leur faudra mettre la main à la poche. Ils pressentent que, tôt ou tard, ils devront payer pour les dégâts causés par les sauveurs de l’euro.

Période faste pour les Cassandre 

Aucune solution simple ne se profile à l’horizon pour sortir de l’ornière. Toutes les options prudemment évoquées ont jusqu’à présent été retoquées avec succès. L’idée d’une Europe à plusieurs vitesses s’est perdue dans le lointain. Des clauses de sortie suggérées du bout des lèvres n’ont jamais trouvé leur place dans les traités. La politique européenne aura surtout bafoué le principe de subsidiarité, une idée bien trop convaincante pour être prise au sérieux.

Ce terme barbare signifie ni plus ni moins que, de l’échelon communal à l’échelon régional, de l’Etat-nation aux institutions européennes, ce doit toujours être l’instance la plus proche des citoyens qui régit ce qui entre dans son cadre de compétences, et que les échelons supérieurs ne doivent hériter que des compétences réglementaires qui ne peuvent être assurées ailleurs. Cela n’a jamais été qu’un vœu pieux – l’histoire de l’Europe en est la preuve.

L’horizon serait donc bouché. Période faste pour les Cassandre, qui ne prophétisent pas seulement l’effondrement du système bancaire et la banqueroute des Etats criblés de dettes, mais aussi dans le même temps, si possible, la fin du monde ! Mais, comme la plupart des prophètes de malheur, ces devins se frottent les mains sans doute un peu vite. Car les 500 millions d’Européens ne capituleront pas sans avoir opposé de résistance.

Ce continent a déjà fomenté, traversé et surmonté des conflits très différents et autrement plus sanglants que la crise actuelle. Sortir de l’impasse dans laquelle les apôtres de la mise sous tutelle nous ont rencognés aura un coût et ne se fera pas sans litiges et sans coups de rabot douloureux. La panique est dans cette situation la plus mauvaise des conseillères, et ceux qui prédisent à l’Europe un chant du cygne méconnaissent ses forces. Antonio Gramsci nous a laissé cette maxime : « Il faut allier au pessimisme de l’intelligence l’optimisme de la volonté ».

Traduction : Jean-Baptiste Bor

 

 

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On vit une époque formidable !

Posté par emmanuelesliard le 15 octobre 2012

Le plasticien Mounir Fatmi a réalisé une vidéo de six heures, directement inspirée du «Sleep» d’Andy Warhol, dans laquelle on voit Salman Rushdie dormir. Il a expliqué ainsi sa démarche:

Compte tenu des menaces qui pèsent sur sa vie depuis tant d’années, plonger dans le sommeil reste une manière pour lui de se mettre en état de vulnérabilité.»

La vidéo était au programme du festival «Vingt-cinq ans de créativité arabe», à L’Institut de Monde Arabe. Quelques jours avant l’ouverture de l’exposition, qui débute le 16 octobre 2012, le vidéaste a appris que l’Institut refusait que l’œuvre soit projetée. Motif: elle est«trop sensible» vis-à-vis du monde musulman. La fatwa est dure, mais c’est la fatwa.

Cette nouvelle intervient quelques jours après qu’une installation «blasphématoire» du même Mounir Fatmi sur le Coran a été déprogrammée du Printemps de Septembre à Toulouse. Quelques semaines après que la prime pour l’assassinat de Rushdie a été portée à trois missions de dollars  par les mêmes Iraniens qui n’avaient pas supporté la parution des «Versets sataniques». Quelques semaines aussi après qu’un morceau de nanar tourné par un dingue a été utilisé pour plonger le monde musulman dans l’insurrection. Quelques mois enfin après l’annulation du Prix du roman arabe 2012. qui devait être remis en juin dernier à Boualem Sansal dans le même Institut du monde arabe. 

La nouvelle est tellement scandaleuse qu’on espère qu’il s’agit d’un malentendu. Que la direction de l’Institut du monde arabe courbe l’échine devant cette fatwa inepte, ça en dit long sur la lâcheté du monde culturel face à la susceptibilité démente d’une bande de mabouls.

 

 C’était d’ailleurs tout le propos de Mounir Fatmi: «J’ai été scandalisé par le silence des intellectuels arabes sur le sort de Rushdie et son combat pour la liberté de créer. Alors j’ai imaginé ce film comme un hommage.» Il poursuit: «Ce qui me gêne énormément, c’est que cela se passe en France, et non au Maghreb ou en Arabie Saoudite.»

Comble de l’absurde, la vidéo sera remplacée par l’installation toulousaine interdite. On rappelle que, début octobre, des versets du Coran ont été projetés par erreur sur le sol du Pont-Neuf. Une femme avait marché sur un morceau de trottoir orné d’une sourate ectoplasmique. «On ne marche pas sur le Coran», avaient alors protesté quelques fanatiques, poussant la mairie à faire demi-tour.

Pour ne pas trop déprimer, on préférera passer notre journée de mardi à lire «Joseph Anton», les mémoires romancées de Rushdie, dans lesquelles il raconte en détail les journées qui ont suivi sa condamnation à mort. Ou à dormir.

David Caviglioli.

 

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Hugo CHAVEZ réélu avec près de 55% des voix !

Posté par emmanuelesliard le 8 octobre 2012

Dans quasiment tous les médias français (dont Mediapart malheureusement) nous avons assisté dans la période pré-électorale à une campagne de calomnie, de dénigrement de Hugo Chavez et du Vénézuela. Bien isolée au milieu de ce tintamarre organisé, une tribune de Jean-Luc Mélenchon et Ignacio Ramonet a rétabli un certain nombre de vérités, aussi c’est avec grand plaisir que je la reproduis ci-dessous, « piquée » sur le site du Parti de Gauche :

http://www.lepartidegauche.fr/vudailleurs/articleweb/memoire-des-luttes-pourquoi-chavez-17264

 

 

Samedi 6 Octobre 2012

Jean-Luc MELENCHON et Ignacio RAMONET

 

Dans ses pages « Débats », Le Monde daté du 5 octobre dernier, a publié une tribune intitulée « Hugo Chavez, un homme diffamé ». Il s’agit en fait d’une version tronquée. Nous publions ci-dessous la version intégrale du texte signé par Jean-Luc Mélenchon et Ignacio Ramonet, en signalant en rouge les parties manquantes.

Sur son site web, en revanche, Le Monde en a publié la version intégrale, amputée toutefois des notes de pied de page. Elles sont ici rétablies.

Hugo CHAVEZ réélu avec près de 55% des voix ! dans Liens stories-chavez-2

 

Hugo Chavez est sans doute le chef d’Etat le plus diffamé du monde. À l’approche de l’élection présidentielle au Venezuela, le 7 octobre, ces diffamations redoublent d’ignominie. Tant à Caracas qu’en France. Elles témoignent du désespoir des adversaires de la révolution bolivarienne devant la perspective (que les sondages semblent confirmer) d’une nouvelle victoire électorale de Chavez. Un dirigeant politique doit être jugé sur ses actes, et non sur les rumeurs colportées contre lui. Les candidats font des promesses pour se faire élire ; rares sont ceux qui, une fois élus, les tiennent. Dès le début, la promesse électorale de Chavez a été claire : travailler au profit de ceux, majoritaires dans son pays, qui vivaient dans la pauvreté. Et il a tenu parole.

C’est le moment de rappeler ce qui est vraiment en jeu dans cette élection au moment où le peuple vénézuélien va voter. Le Venezuela est un pays très riche en raison des fabuleux trésors de son sous-sol, en particulier les hydrocarbures. Mais presque toutes ces richesses étaient accaparées par les élites dirigeantes et des entreprises multinationales. Jusqu’en 1999, le peuple n’en recevait que des miettes. Les gouvernements successifs, démocrates-chrétiens ou sociaux-démocrates, corrompus et soumis aux marchés, privatisaient à tout va. Plus de la moitié des Vénézuéliens vivait sous le seuil de pauvreté (70,8% en 1996). Chavez a placé la volonté politique au poste de  commande. Il a mis les marchés au pas et stoppé l’offensive néolibérale puis, grâce à l’implication populaire, il a permis à l’Etat de se réapproprier les secteurs stratégiques de l’économie. Il a recouvré la souveraineté nationale. Et a ensuite procédé à une redistribution de la richesse au profit des services publics et des laissés pour compte.

UN ÎLOT DE RESISTANCE DE GAUCHE AU NEOLIBERALISME

Politiques sociales, investissements publics, nationalisations, réforme agraire, plein emploi, salaire minimum, impératifs écologiques, accès au logement, droit à la santé, à l’éducation, à la retraite… Chavez s’est également attaché à la construction d’un Etat moderne. Il a mis sur pied une ambitieuse politique d’aménagement du territoire  : routes, chemins de fer, ports, barrages, gazoducs, oléoducs. En matière de politique étrangère, il a misé sur l’intégration latino-américaine et privilégié les axes Sud-Sud, tout en imposant aux Etats-Unis des relations fondées sur le respect mutuel… L’élan du Venezuela a entraîné une véritable vague de révolutions progressistes en Amérique latine, faisant désormais de ce continent un exemplaire îlot de résistance de gauche contre les ravages du néolibéralisme. Un tel ouragan de changements a complètement chamboulé les structures traditionnelles de pouvoir au Venezuela et entraîné la refondation d’une société jusqu’alors hiérarchique, verticale, élitaire. Cela ne pouvait lui valoir que la haine des classes dominantes, convaincues d’être les propriétaires légitimes du pays. Avec leurs amis protecteurs de Washington, ce sont elles qui financent les grandes campagnes de diffamation contre Chavez. Elles sont allé jusqu’à - en alliance avec les grands médias qu’elles possèdent - un coup d’Etat le 11 avril 2002. Ces campagnes se poursuivent aujourd’hui et certains secteurs politiques et médiatiques européens les reprennent en chœur. La répétition étant – hélas – considérée comme une démonstration, des esprits simples en viennent à croire que Hugo Chavez incarnerait « un régime dictatorial où il n’y a pas de liberté d’expression ».

Mais les faits sont têtus. A-t-on déjà vu un « régime dictatorial » élargir le périmètre de la démocratie au lieu de le restreindre ? Et donner le droit de vote à des millions de personnes dépourvues jusque là de carte d’électeur ? Les élections au Venezuela n’avaient lieu que tous les quatre ans, Chavez en organise plus d’une par an (14 en 13 ans). Dans des conditions de légalité démocratique reconnues par l’ONU, l’Union européenne, l’Organisation des Etats américains, le Centre Carter, etc. Chavez démontre qu’on peut construire le socialisme dans la liberté et la démocratie. Il en fait même une condition du processus de transformation sociale. Il a prouvé son respect du verdict populaire en renonçant à une réforme constitutionnelle refusée par les électeurs lors d’un référendum en 2007. Ce n’est pas un hasard si la Foundation for Democratic Advancement (FDA), du Canada, dans une étude publiée en 2011, situe désormais le Venezuela en tête du classement des pays qui respectent la justice électorale [1]. Le gouvernement d’Hugo Chavez consacre 43,2% du budget aux politiques sociales. Résultat : le taux de mortalité infantile a été divisé par deux. L’analphabétisme éradiqué. Le nombre de professeurs des écoles multiplié par cinq (de 65 000 à 350 000). Le pays détient le coefficient de Gini (qui mesure les inégalités) le plus performant d’Amérique latine. Dans son rapport de janvier 2012, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC, un organisme de l’ONU) établit que le Venezuela est le pays sud-américain – avec l’Equateur -, qui, entre 1996 et 2010, a le plus réduit le taux de pauvreté. Enfin l’institut américain de sondages Gallup classe le pays d’Hugo Chavez, 6e nation « la plus heureuse du monde » [2].

Le plus scandaleux, dans l’actuelle campagne de diffamation, c’est de prétendre que la liberté d’expression serait bridée au Venezuela. La vérité c’est que le secteur privé, hostile à Chavez, y contrôle largement les médias. Chacun peut le vérifier. Sur 111 chaînes de télévision, 61 sont privées, 37 communautaires et 13 publiques. Avec cette particularité que la part d’audience des chaînes publiques n’est que de 5,4%, celle des privées dépassant les 61% [3] … Même chose pour la radio. Et 80% de la presse écrite sont contrôlés par l’opposition ; les deux quotidiens les plus influents - El UniversalEl Nacional - étant hostiles au gouvernement. Tout est, certes, loin d’être parfait dans le Venezuela bolivarien. Où existe-t-il un régime parfait ? Mais rien ne justifie ces campagnes de mensonges et de haine. Le nouveau Venezuela est la pointe avancée de la vague démocratique qui a balayé les régimes oligarchique de neuf pays dès le lendemain de la chute du mur de Berlin quand d’aucuns annonçait « la fin de l’histoire » et « le choc des civilisations » comme seuls horizons pour l’humanité. Le Venezuela bolivarien est une source d’inspiration où nous puisons sans aveuglement ni naïveté. Mais avec la fierté d’être du bon côté de la barricade et de réserver nos coups à l’empire malfaisant des Etats Unis et de ses vitrines si chèrement protégées au Proche-Orient et partout où règnent l’argent et les privilèges. Pourquoi ses adversaires en veulent-ils tant à Chavez ? Sans doute parce que, tel Bolivar, il a su arracher son peuple à la résignation. Et lui donner l’appétit de l’impossible.

NOTES

[1] Le Venezuela obtient 85 points ; les Etats-Unis 30 ; le Canada 26 … http://venezuelanalysis.com/news/6336

[2] Etude publiée le 29 avril 2011. http://www.gallup.com/…/Masses-Countries-Worldwide

[3] Mark Weisbrot et Tara Ruttenberg, « Television in Venezuela : Who Dominates the Media ? » (pdf),Center for Economic and Policy Research, Washington, D.C., décembre 2010.

Source: Mémoire des Luttes

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Baisse du coût du travail en France, solution ou piège grossier ?

Posté par emmanuelesliard le 6 octobre 2012

François Hollande a laissé entendre, par l’intermédiaire de son entourage, que la France allait s’engager dans un programme de réduction du coût du travail de l’ordre de 40 milliards, étalé sur plusieurs années, par un transfert des cotisations patronales de la branche famille sur la CSG. Ce qui en définitive ferait payer cette opération aux salariés et retraités pour l’essentiel.

Le but avoué étant de donner plus de compétitivité à l’économie française, qu’en est-il réellement ?

Nous savons que l’Allemagne a mené pendant plusieurs années une politique de réduction drastique des salaires, afin d’arriver à un coût du travail à peu près équivalent au notre. Sauf que les statistiques publiées par l’organisme européen Eurostat qui pourtant fait autorité, sont remises en question par un économiste français Philippe Askenazy (entre autres directeur de recherche au CNRS), qui relève de lourdes erreurs dans une étude qui vient de paraître : 

http://www.cepremap.ens.fr/depot/docweb/docweb1208.pdf 

Il y démontre que le coût du travail en France est surestimé d’au moins 10% par rapport à l’Allemagne !

En plus, il montre également que la France souffre de l’optimisation fiscale pratiquée par les grandes sociétés multinationales, estimation de fuite des bénéfices de l’ordre d’un tiers vers l’Allemagne notamment. La fable de l’impossibilité de l’investissement en Recherche et Développement du fait des faibles résultats, devient dès lors un gros mensonge, surtout quand on sait que l’essentiel de la recherche en France est assuré par l’Etat qui le réduit du fait de moindres rentrées fiscales. Cherchez l’erreur !

Quel serait le résultat d’un tel projet ! Tout simple, des surprofits seraient générés par les grandes entreprises qui se débrouilleraient pour les toucher dans un autre pays au moyen de l’optimisation fiscale, pendant que le pouvoir d’achat de l’ensemble des français baisserait et nous deviendrions de plus en plus pauvres !

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Elle en a sa claque ! Comme je la comprends !

Posté par emmanuelesliard le 6 octobre 2012

Sourisgrise a écrit un remarquable coup de gueule sur Mediapart, dont je reproduis ci-dessous le lien et l’intégralité de la contribution :

 

http://blogs.mediapart.fr/blog/sourisgrise/061012/jen-ai-ma-claque

 

J’en ai ma claque !

06 octobre 2012 Par sourisgrise

J’en ai ma claque !

 

Je suis athée, et je considère que les  religions, TOUTES les religions, monothéistes, polythéistes, animistes, sont un fléau universel. C’est mon point de vue. Je suis consciente que tout le monde ne peut le partager. Je ne suis ni essayiste, ni sociologue, ni rien du tout, mais je suis libre de penser.

 Je dissocie cependant la  foi du dogme religieux.

C’est le dogme qui me pose problème. Je ne peux croire que des textes archaïques, écrits/traduits par des auteurs dont les objectifs sont d’abord et avant tout politiques, à des époques où l’on ignore tout du développement de la vie, en des temps où c’est la notion de pouvoir absolu qui domine le monde, le désir de conquête, la guerre, en des temps où les peuples sont maintenus dans l’ignorance et dans l’esclavage, puissent être appliqués aujourd’hui comme si l’humanité n’avait connu aucune évolution. Ce n’est pas sérieux.

C’est une escroquerie pure et simple.

 Si la foi élève la conscience de certains, j’en ai rencontrés quelques-uns, je n’ai pas vu que les religions rendaient dans l’ensemble les hommes meilleurs. Au contraire, elles les enferment en assujettissant leur pensée, leurs actes à une règle arbitraire, à laquelle chacun est tenu d’obéir, sans discuter. Elles nient l’individualité, imposent un destin, une couleur, interdisent la créativité, et plus grave, elles justifient, légitiment le rejet de l’autre en hiérarchisant les êtres humains, en les divisant. Les hommes et les femmes, les croyants et les mécréants. Elles instrumentalisent odieusement les enfants, elles conditionnent et neutralisent leur faculté de penser. Nos sociétés consumméristes font d’ailleurs à peu près la même chose.

Les religions, en tant que dogmes, figent les hommes et disqualifient les femmes.

Je pense ça.

 J’ai eu des élèves qui croyaient que la véritable histoire de l’humanité, c’était Adam et Ève.  Maintenant, au XXI ème siècle. On ne leur avait jamais parlé de l’évolution, de l’archéologie de la paléontologie, de l’anthropologie. Ils ne comprenaient pas la notion d’hypothèse, ils ne comprenaient pas qu’une théorie évolue, se contredit, se réécrit. Ils avaient la vision d’un monde pétrifié, immobile. On les avait enfermé dans un mensonge.

 Dans ma famille, il y a des croyants, des croyants pratiquants, des pas pratiquants, des pas croyants. Nous nous aimons, nous nous comprenons, et la foi n’a jamais été un sujet de discorde. Nul ne stigmatise ni ne juge l’autre. Je n’ai jamais considéré la foi de ma tante, de mes grands mère comme des erreurs. Elles n’ont jamais imposé à leurs enfants de croire.

 Je suis laïque parce que je ne peux admettre que la religion impose ses règles à la société dans laquelle je vis. Et les croyants que je connais, de diverses obédiences, sont dans leur très grande majorité laïcs.

 Je suis féministe parce que rien, absolument rien n’excuse, ne justifie l’oppression des femmes, nulle part, jamais. L’hindouisme prône le respect absolu de la vie. Les vaches, les singes, les rats, les serpents sont sacrés. Pourtant, en Inde (et ailleurs), une femme est tenue dans la majorité des cas d’avorter si elle est enceinte d’une fille.

Pipeau.

Le seul féminisme auquel j’adhère sans réserve a à voir avec le politique, avec le droit public, avec la justice au sens de ce qui est juste. Il est universel en ce sens qu’il lutte contre  l’oppression des femmes, pour que leurs statut d’être humain à part entière leur soit rendu, contre cette forme de racisme dont elles sont l’objet, où qu’elles soient, indépendamment de ce en quoi elles croient ou ne croient pas, indépendamment de la religion qu’elles pratiquent ou ne pratiquent pas. Je refuse qu’une femme, parce qu’elle est une femme, soit tenue d’accepter d’être assujetties à une forme ou une autre de tutelle.

 Ce que j’écris m’engage. J’ai le droit de l’écrire ici, dans cet espace public. Personne ne m’a imposé la vision que j’ai des choses.

 Je conspue tous les dogmes qui hiérarchisent les êtres humains. Du plus profond de moi, je conspue toutes les formes de racisme, je conspue le colonialisme, je conspue tous les intégrismes, tous les totalitarismes, politiques, économiques, religieux. Il n’y a pas de peuples vertueux, ni ici, ni ailleurs, il n’y a pas de chrétiens, de juifs, de musulmans unanimes. Il n’y a qu’une course éternelle, mortifère et universelle au pouvoir.

 Je suis athée, laïque, féministe, de gauche, libertaire et je ne conteste le droit de croire ce qu’il veut à personne. Mais je n’accepterai jamais que dans ma démocratie, une religion – laquelle, je m’en tape – veuille s’imposer dans le champ politique.

 J’en ai ma claque de ces non débats pourris, où se vomissent des propos d’une violence incroyable, où sont stigmatisés des gens honorables, informés, d’une grande rigueur intellectuelle, qui essaient, malgré les salves d’injures qu’ils (elles) reçoivent, d’argumenter, d’expliquer, de questionner.

J’en ai ma claque de ce jeu de massacre pervers, de ces discussions armées jusqu’aux dents, de ces réactions paranoïaques. La démocratie, c’est débattre, c’est à dire échanger des idées contradictoires, ce n’est pas faire de celle ou de celui avec qui on est pas d’accord un ennemi à étriper.

Et il est parfaitement inacceptable de se voir qualifiée d’islamophobe parce qu’on est laïque et féministe.

 

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A propos de Rachid AOUS

Posté par emmanuelesliard le 27 septembre 2012

Je relaie bien volontiers ce billet de fadela hebbadj paru dans son blog de Mediapart, qui nous parle si bien de Rachid Aous et des raisons du sous-développement en terre d’islam.

 

 

Aux origines du déclin de la Civilisation arabo-musulmane de Rachid Aous

22 août 2012 Par fadela hebbadj

L’œuvre éclectique d’une impressionnante érudition de Rachid Aous, Aux origines du déclin de la Civilisation arabo-musulmane, sous titrée, Les sources du sous-développement en Terres d’Islam, s’inscrit dans une démarche spéculative et théorique, systématiquement rapportée à la   dimension politique, avec comme simple donné de la conscience, la raison. Rachid Aous est un autodidacte dont les réflexions philosophiques méritent largement d’être reconnues.

Il stigmatise la misère culturelle et sociale en Terres d’Islam, l’expliquant dans l’ancrage du dogmatisme islamique, lui-même instrumentalisé par des pouvoirs dictatoriaux et souvent tyranniques, dépourvus de toute légitimité politique. Il met en examen ce dogmatisme qui, par nature, est un frein aux formes de pensées nouvelles. Mais son mode critique consiste avant tout, à rentrer dans le sens et la compréhension de son objet d’attention : ainsi il analyse des versets coraniques, défrichant, vers après vers, les incohérences et les manquements de nombreux exégètes  et commentateurs célèbres, dont il conteste avec d’autant plus de forces les interprétations  conservatrices qu’elles consolident les inégalités de droits entre les femmes et les hommes, entre autres inégalités consacrées par la loi islamique.

«  L’éclectique n’est pas un homme qui plante et qui sème ; c’est un homme qui recueille et qui crible », Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences,  des arts et des métiers. Rachid Aous est un maître à penser indiscutablement, qui suit la lignée des maîtres du 16ème au 18ème siècle, et bien d’autres grands penseurs qui les ont précédés dont Ibn Rushd (Averroès) auquel il rend hommage, notamment pour son rôle pionnier de « L’entrisme politique » (pp. 149-154).  Des  philosophes ont critiqué le dogmatisme chrétien, parce qu’ils refusaient de réduire la connaissance à des dogmes obscurantistes. Rachid Aous prend la voix de ces défenseurs du savoir.

Homme de  science, détaché de tout académisme, il analyse dans une clarté d’exposition remarquable, des dogmes musulmans et chrétiens, pour mieux les déconstruire. Il dessine de nouveaux concepts pour penser la religion, la politique, la société, la culture en mettant en place des outils intellectuels pour permettre de comprendre, en particulier, les souffrances sociales et morales en Terres d’islam.

Dans mes analyses, dit-il, une place importante est accordée au comparatisme historique avec un souci constant de contextualisation appropriée. C’est dire que je ne me contente pas de dénoncer le seul danger du dogmatisme islamique, puisque j’avance aussi des propositions concrètes pour un projet de société compatible avec le progrès humain.

Insistant sur l’idée des lumières  (Aufklärung), à  savoir sur un courant de pensée qui éclaire l’esprit des hommes pour les libérer des structures de pouvoirs qui les avilissent, il montre comment le sectarisme islamiste se rend complice des pouvoirs politiques.  Cependant, il développe une conscience sur la manière dont l’Europe a perverti l’esprit des Lumières, par exemple dans ses entreprises coloniales. Il dit donc : « Attention aux analyses simplistes, anachroniques et aux comparatismes fallacieux ! » En voici une illustration :

 « L’affirmation “l’Islam ignore les Églises” recouvre l’idée selon laquelle la chrétienté, parce que représentée par un centre de pouvoir, la papauté, est mieux à même d’impulser des réformes tant à l’intérieur de l’Église que sociétales, par comparaison à l’Islam qui, faute d’un centre équivalent, est impuissant à lancer des réformes de même nature. Cette affirmation, suggérant aussi un pouvoir religieux unique en chrétienté, est inexacte et, de plus, il est également faux d’induire que c’est l’absence d’un tel pouvoir en Terres d’Islam qui a empêché des réformes structurelles ; d’autant que de cette catégorie d’analyse émanent des idées essentialistes dangereuses, instrumentalisées par des forces islamophobes et anti-arabes pour affirmer une supériorité ontologique de la chrétienté sur l’Islam. Or, se limitant au dogmatisme catholique et apostolique romain, on constate qu’il s’est imposé presque ne varietur durant 1400 ans environ et, surtout, les réformes entreprises en Europe ne le furent que sous la contrainte de forces extérieures à cette Église. C’est donc attribuer à cette Église et à son système de pouvoir des mérites qui ne lui sont pas dus.

Rachid Aous s’interroge donc sur les causes principales qui sont, selon lui, à l’origine de la dévitalisation culturelle, scientifique et morale en Terres d’Islam.  Son diagnostic est que le monolithisme doctrinal islamique couplé aux systèmes politiques autoritaires et répressifs, la plupart tyranniques, sont les deux causes déterminantes ayant entraîné l’état d’affaiblissement puis de colonisabilité des sociétés musulmanes. D’où ses démonstrations établissant que cette pensée islamique, prégnante massivement dans les mentalités et instrumentalisée depuis des siècles par tous les pouvoirs politiques, est à combattre ouvertement et sans concession dans tous les débats publics et privés. Car, il est vital pour les peuples musulmans de trouver les voies de sortie de ce substrat culturel islamique qui interdit l’émergence et l’enracinement d’une raison scientifique critique et créatrice, sans lesquels il est vain d’espérer retrouver le chemin du progrès social, culturel, économique et politique. A cette fin, il expose longuement l’impérieuse nécessité « d’une rupture radicale avec le dogmatisme islamique pour mieux rompre avec les pouvoirs totalitaires » (voir pp. 164-162).

Par ailleurs, Rachid Aous ajoute qu’il est indispensable que les gouvernements rendent des comptes au peuple de l’utilisation des ressources nationales. L’Etat, en tant qu’organe de pouvoir,  a à reconnaître la légitimité du contrôle citoyen sur celui-ci. En ce domaine également le dogme islamique bâtit une muraille empêchant d’apercevoir les profonds mécanismes culturels et politiques qui favorisent la domination et l’exploitation de l’écrasante majorité des citoyennes et citoyens par  les pouvoirs politiques en place. S’agissant de l’Algérie, paradigme dans ses analyses, Rachid Aous souligne que les pouvoirs répressifs de catégorie militaro-fasciste se sont mis en place dès l’indépendance, s’aggravent considérablement  sous l’ère de Houari Boumediene. Les références à l’histoire de l’économie algérienne en particulier montrent l’aberration d’un Etat dégénérescent qui a ébranlé jusqu’aux fondations  de la nation algérienne en verrouillant, avec la complicité des classes religieuses, le savoir et le progrès débouchant sur la mal-vie et la misère sociale.

L’œuvre de Rachid Aous est publié aux Editions les Patriarches, paris, octobre 2009. Un très beau témoignage est dédié à Si Messaoud, héros de la lutte pour l’indépendance, assassiné le 1erjuillet 1994, dont le fils, Mohamed, a été torturé puis tué dans un commissariat en Algérie.

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Viande tueuse aux USA et au Canada !

Posté par emmanuelesliard le 16 mars 2011

Dans un article paru dans le numéro de septembre/octobre 2010 du magazine canadien anglophone « Briarpatch », Ian Lordon fait le point sur une curieuse maladie, réputée extrêmement rare il y a seulement 20 ans, qui commence à faire des ravages en Amérique du Nord.

Ci-dessous le lien avec le site internet de Briarpatch, avec l’article original de Ian Lordon :

http://briarpatchmagazine.com/2010/09/09/breeding-disease/

 

Briarpatch est une publication qui se veut engagée dans la guerre contre l’erreur (« war on error » est son slogan), en référence et opposition aux prétentions de Bush à son époque. Briarpatch se déclare également anti-néolibéralisme.

 

Cette maladie que l’on appelle fasciite nécrosante (pour en savoir plus, un lien avec un site officiel canadien :  http://www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/iyh-vsv/diseases-maladies/flesh-chair-fra.php ) a eu son heure de gloire médiatique, lorsque en 1994 Lucien Bouchard futur premier ministre du Québec (en 1996) est amputé d’une jambe, et passe à deux doigts de la mort à cause d’elle.

La bactérie responsable de cette maladie, fut alors appelée improprement « mangeuse de chair », mais ça y ressemble beaucoup. Elle produit des toxines qui détruisent les tissus sous-cutanés et le muscle, sans traitement la maladie se propage au sang, et le patient meurt d’une septicémie.

De rare, cette maladie est devenue plus commune dans les années 2000, aussi bien au Canada qu’aux USA. Cette affection apparaît généralement chez des malades ayant un système immunitaire affaibli par des streptocoques, alors le SARM (Staphylocoque doré résistant à la Méthicilline) peut proliférer.

Canada Surveillance a enquêté sur les maladies nosocomiales, il s’avère que le nombre de malades infectés directement ou colonisés par le SARM a été multiplié par 17 entre 1995 et 2007 ! Aux USA, dix huit mille personnes en meurent chaque année, soit plus que les morts liées au SIDA !

Mais d’où peut provenir cette explosion de SARM en Amérique du Nord ?

Tout simplement des élevages industriels de bovins, porcs, volailles, gourmands en antibiotiques (12000 tonnes aux States soit 70% de la production annuelle), parce-que l’on traite de manière préventive. Les bestiaux sont gavés d’antibiotiques à priori, cela évite d’améliorer les conditions d’élevage, où la densité, le manque d’hygiène sont une source continuelle de maladies devenant vite des épidémies. Mais le SARM, le fameux « staphylococcus aureus » résistant à l’antibiotique appelé Méthicilline, se sent alors comme un poisson dans l’eau et il prolifère !

An Canada, une enquête a été effectuée en 2007 dans les élevages de porc de l’Ontario, il a été montré que 45% des exploitations visitées étaient infectées par le SARM, 25% de la population porcine étant concernée.

Mais les Pays-bas sont aussi touchés par le SARM, une étude a montré que les producteurs de porcs étaient 760 fois plus porteurs de la bactérie que le reste de la population, et que 12% de la viande présente en supermarchés était infectée.

Plus récemment, en Iowa, une étude a donné des résultats voisins de l’Ontario, 45% des agriculteurs et 49% des porcs étaient porteurs du SARM !

L’OMS a tiré la sonnette d’alarme en 2004, en indiquant que la preuve était établie du lien entre l’utilisation extra-humaine des antimicrobiens et la prolifération de bactéries résistantes. Elle a qualifié la situation de « crise qui menace le monde, nous enlevant la possibilité de traiter ou guérir de nombreuses maladies infectieuses », et a recommandé aux gouvernements de légiférer  afin d’interdire l’utilisation non-thérapeutique des antibiotiques dans l’agriculture. En 2006, L’Union Européenne prenait une directive dans ce sens.

Pendant ce temps au Canada ? En 2009, le gouvernement fédéral a dissous le Comité Canadien sur la résistance aux antibiotiques (PICRA) !

Aux USA, ce n’est pas mieux, la politique de l’autruche et du profit maximum sont la règle.

Au Canada, les autorités ne nient pas le problème, mais indiquent cyniquement que la santé de la population est moins importante que l’avantage concurrentiel donné ainsi aux élevages industriels !

On reste pantois devant une telle négation de la vie humaine !

 

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Algues vertes: le Comité Scientifique donne raison à la campagne du FNE !

Posté par emmanuelesliard le 16 mars 2011

On se souvient des remous provoqués récemment par une campagne d’affichage dans le métro de Paris, à l’initiative de l’association FNE (France Nature Environnement)., dont a rendu compte Velveth sur Mediapart dans un billet publié le 16 février dernier ( http://blogs.mediapart.fr/blog/velveth/160211/algues-vertes-les-affiches-que-vous-ne-verrez-pas).

Parallèlement, le Comité Scientifique créé par la Préfecture de région Bretagne remettait son avis au Préfet, sur les actions envisagées en Côtes d’Armor pour lutter contre la prolifération des algues vertes. Par un curieux hasard du calendrier, à moins que ce ne soit en prévision des élections cantonales, comme certains l’ont si finement suggéré sur le fil du billet de Velveth, cet avis vient conforter et implicitement justifier la campagne d’affichage de l’association écologiste.

Seul point positif relevé par le Comité Scientifique à une très large majorité, le projet porté par l’agglomération de Lannion concernant la baie de Saint-Michel-en-Grève reçoit leur approbation

Par contre celui concernant la baie de Saint-Brieuc reçoit une volée de bois vert, en langage clair il est estimé que seule une remise en question des pratiques agricoles actuelles (cultures et élevages), peut entraîner à moyen terme une évolution positive et significative de la situation !

L’avis du comité estime par exemple que : « il s’agit d’un projet trop conventionnel qui ne se place pas d’emblée dans la nécessité de la mise en place d’un nouveau modèle agricole », on ne saurait mieux dire !

Il relève par ailleurs l’excès du budget réclamé, qui représente sur une période de cinq ans 2 250€ par hectare. Des sommes faramineuses ont déjà été englouties dans différents plans depuis une vingtaine d’années sans résultats probants.

Le comité souligne également « que même le projet le plus abouti, … , ne constitue qu’une première étape dans la démarche pouvant mener à des réductions importantes des flux d’azote. Cependant, il est également clair … qu’une étape plus importante devra être conduite après 2015 au vu des résultats obtenus. Prenant en compte l’inertie et le temps de réponse des bassins versants, … , en l’absence d’une forte réduction de la pression agricole, qui pourra nécessiter des changements structurels majeurs, les efforts entrepris aujourd’hui semblent avoir peu de chances d’aboutir aux objectifs escomptés en 2027 par le plan algues vertes, à savoir le bon état écologique des cours d’eau. Il semble important au comité de poursuivre la réflexion, sans contraintes, sur le long terme. »

Ce n’est pas un pavé, mais un menhir qui est envoyé dans la mare de la FNSEA, du Conseil Régional et des hommes politiques de droite, qui ont tous crié à l’assassinat de l’agro-alimentaire breton !

 

Pour ceux qui souhaitent connaître les détails du rapport, voici un lien qui permet de le consulter :

 

http://www.sourcews.fr/avis-comite-scientifique-algues-vertes

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