Discours de Jean-Luc Mélenchon en clôture du troisième congrès du parti de gauche, le 24 mars 2013

Posté par emmanuelesliard le 26 mars 2013

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Ce matin 26 mars, invité de la matinale de France Inter, il a donné une petite leçon de traitement de l’information à Patrick Cohen et à tous ses confrères qui ne s’intéressent qu’à l’écume des vagues, sans voir le tsunami qui déferle !

 

Leçon qui ne sera sans doute pas retenue !

 

 

 

 

 

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Un collabo au Vatican ?

Posté par emmanuelesliard le 14 mars 2013

 

François, un Pape de combat… contre la gauche d’Amérique Latine

 

Le nouveau souverain pontife est présenté comme « progressiste modéré ». Mais derrière l’image du Pape humble et proche des nécessiteux, il y a un farouche réactionnaire, fermement opposé aux réformes sociétales de gauche en Amérique Latine et un peu trop proche de certains dictateurs militaires.

“Ne soyons pas naïfs: il ne s’agit pas seulement d’un combat politique. Il y a [dans le mariage homosexuel] la prétention de détruire le plan de Dieu” expliquait l’archevêque de Buenos Aires en 2010 lors du débat sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexes en Argentine, où il s’est fermement opposé à Christina Kirchner. « Il faut y voir aussi, ajoutait le cardinal, le dessein du Démon, responsable du péché en ce monde, qui cherche sournoisement à détruire l’image de Dieu ». Le cardinal de Buenos Aires avait également qualifié l’homosexualité de « démon infiltré dans les âmes ».
Même position inflexible sur l’avortement, y compris en cas de viol, ou encore sur l’euthanasie. Et comme jésuite, Golias (publication catholique progressiste) rappelle qu’il s’est fermement opposé à la ligne d’ouverture.

Opposé aux prêtres progressistes

Son opposition aux prêtres, réellement progressistes, serait même allée bien plus loin  pendant la dictature militaire. Jean-Luc Mélenchon l’explique sur son blog : « Ce Bergoglio peut être jugé politiquement parce qu’il s’est impliqué dans l’action politique de son pays. Il est, non seulement, exactement à l’opposé de la théologie de la libération mais il en a combattu les prêtres. Mes amis argentins l’accusent d’avoir dénoncé des prêtres progressistes sous la dictature. Il a été formellement reconnu et accusé par deux d’entre ces prêtres en 2012 dans un procès. Ces deux prêtres avaient été dénoncés, arrêtés et torturés et n’avaient échappé à la mort que par chance. »
Jean-Luc Mélenchon fait ici référence aux cas des prêtres Orland Yorio et Francisco Jalics, qui ont été kidnappés  et torturés en 1976 et qui ont nommément accusé Bergoglio de les avoir dénoncés comme guerilleros et opposants au pouvoir du dictateur Videla. Alors qu’il leur avait fait croire au préalable qu’il les protègerait.

Bref, le nouveau Pape est accusé de silence complice, si ce n’est pire, lors de dictature militaire en Argentine entre 1976  et 1983. Il a par deux fois refusé de témoigner pour son rôle au sein de la hiérarchie jésuite pendant cette période, au cours des procès sur la « guerre sale ». La presse de gauche en Amérique Latine reprend aujourd’hui à loisir des photos de Bergoglio, en compagnie de Jorge Rafael Videla, celui qui destitua Peron en 1976 après un coup d’Etat. Photo par aileurs contestée. Videla qui justifia sa dictature sanglante au nom de l’anticommunisme, défenseur de la grandeur de la « civilisation catholique occidentale » contre les « rouges » et les « juifs ». Une dictature qui a fait au bas mot 30000 victimes de « disparitions ».

Et la fraternité

Du côté du PCF on reste étonnamment prudent quant à la nomination du nouveau Pape et sur son appel à la fraternité. « Dans ses premiers mots, le pape François en a appelé à une « immense fraternité » dans le monde. Il s’agit d’un défi majeur de notre temps, d’une aspiration qui travaille toute l’humanité » relève Pierre Dharréville. « C’est pourquoi, en toute laïcité, dans le rejet de tout « ordre moral », nous avons de l’intérêt pour la parole de l’Eglise et pour les actes des croyants. Parlons de fraternité. »

Et Jean-Luc Mélenchon conclut beaucoup plus nettement : « De tous les points de vue, l’élection de ce pape est une très mauvaise nouvelle politique pour le processus progressiste en Amérique du sud. Et d’un certain point de vue c’est une offense aux combattants contre les dictatures. Et d’un point de vue spirituel ? Ce n’est pas mon affaire dans la sphère publique. »

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La croissance ! Quelle croissance ?

Posté par emmanuelesliard le 8 mars 2013

« La croissance n’est pas la solution, c’est le problème »

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(Crédit photo : GaleriaArteUrbana – flickr)
Nulle en 2012 et sans doute encore en 2013, la croissance flanche. Mais vivre sans elle est-il pire que tout ? Pas si sûr, pour l’économiste Jean Gadrey qui dénonce l’aveuglement des élites économiques et politiques.

Jean Gadrey est économiste et membre en 2008-2009 de la « Commission Stiglitz ».

On nous dit que, sans croissance, c’est la régression sociale, on ne peut pas réduire les dettes, ni le chômage, ni la pauvreté, et l’on n’aura pas les moyens d’engager la transition écologique. Pourtant, je propose de dire « Adieu à la croissance », qui est le titre de mon livre (voir lesbonnes feuilles sur le site d’Alternatives économiques).

Il serait temps que les économistes, s’ils veulent être « responsables », prennent en compte les risques écologiques et qu’ils se posent les questions suivantes : et si ce culte de la croissance relevait d’un aveuglement des élites économiques et politiques ? Et si la quête de la croissance, fondée sur des gains de productivité sans fin, était l’un des facteurs de crises, voire la plus grave des menaces à terme pour l’humanité ? Et si, quoi que l’on fasse, la croissance ne revenait jamais dans les pays « riches » ? Et si une « prospérité sans croissance » était possible et nécessaire pour sortir de la nasse où nous sommes ? Et si notre pays était immensément riche sur le plan économique, ce qui permettrait de faire face à tous les défis, sans croissance, dans le cadre d’une transition ambitieuse ?

Ces hypothèses sont de plus en plus crédibles. Le graphique joint représente l’évolution, depuis 1949, des taux annuels de croissance. On ne peut certes rien en conclure sur les évolutions futures, mais cela pourrait au moins faire réfléchir les dévots de la croissance.

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Les causes du plongeon

Bien des raisons expliquent cette baisse spectaculaire. La poursuite de la croissance se heurte d’abord à différentes limites sociales. Elle n’est plus depuis longtemps un facteur de mieux vivre, vu qu’elle est définie comme la progression quantitative d’un « truc technique », le PIB (Produit intérieur brut), lequel n’a pas été fait pour enregistrer la qualité de la vie individuelle et collective, les dommages écologiques, les inégalités, le temps libre, le bénévolat, le travail domestique, etc. Comme le disait en mars 1968 le sénateur Robert Kennedy, quelques mois avant son assassinat,« le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut d’être vécue ». C’est à un constat semblable qu’est parvenue la « Commission Stiglitz » quarante ans plus tard !Mais la raison qui va devenir la plus importante est écologique. Elle est résumée par cette citation d’un grand économiste américain, Kenneth Boulding : « Celui qui pense qu’une croissance exponentielle infinie est possible dans un monde fini est soit un fou soit un économiste. »

La finitude des ressources naturelles se manifeste notamment par les premiers effets du pic du pétrole et de bien d’autres pics (le peak all », le pic de tout), qu’il s’agisse de ressources non renouvelables, extraites du sous-sol, qui s’épuisent et dont le prix va grimper sans cesse, ou de ressources en principe renouvelables mais tellement surexploitées qu’elles ne parviennent plus à se renouveler : climat, eau, biodiversité, forêts, terres arables…

Les avocats de la croissance à perpétuité font penser à de mauvais médecins qui jugeraient la santé d’une personne par la croissance de sa taille et de son poids alors qu’elle a atteint un âge où son développement qualitatif, individuel et social, devrait primer. C’est pour cela que nous vivons sous un régime d’obésité consumériste, au demeurant très inégalitaire.

Et le chômage dans tout ça ?

Mais alors, si la croissance prend fin dans les pays riches, et s’il faut le souhaiter pour diverses raisons, en particulier pour préserver ou restaurer des patrimoines naturels vitaux aujourd’hui endommagés, le chômage ne va-t-il pas poursuivre son envolée ?La fin de la croissance sera en effet un drame pour l’emploi si l’on prolonge la trajectoire productiviste symbolisée par les Trente Glorieuses, car les gains de productivité détruisent l’emploi s’il n’y a pas assez de croissance. Sauf – c’est une première piste à exploiter – si l’on réduit la durée du travail. Je suis favorable au passage assez rapide et négocié en France aux 32 heures ou à la semaine de quatre jours à la carte. Mais ce n’est pas la seule piste.

En effet, rien ne nous condamne à viser toujours plus de productivité, surtout quand on mesure les dégâts humains et écologiques que cela entraîne, mais aussi la dégradation de la qualité dans bien des cas, dont des cas récents dans l’agriculture et l’alimentation. Il faut s’orienter vers des gains de qualité et de durabilité (le « toujours mieux » à la place du « toujours plus »), qui ont déjà été dans le passé des sources de création d’emplois et qui devraient l’être beaucoup plus à l’avenir : agroécologie, construction et isolation thermiques, énergies renouvelables, circuits courts, relocalisation, mobilité douce, services de bien-être, etc.

Par exemple, on a besoin d’environ 30% d’emplois en plus dans l’agriculture biologique pour produire les mêmes quantités, donc sans croissance quantitative. On est là dans une logique vertueuse favorable aussi bien à l’environnement qu’à la santé publique, à l’emploi et au sens retrouvé du travail. C’est vrai dans bien d’autres activités. La soutenabilité écologique et sociale n’est pas l’ennemie de l’emploi, et donc de la protection sociale, contrairement au productivisme. Encore faut-il des politiques résolues pour cette grande bifurcation, et une réduction des inégalités. Des scénarios de très bonne qualité existent, il faut les mettre à l’agenda politique. Ils ne sont nullement régressifs, bien au contraire.

5% du PIB part en dividendes

Privés de croissance, reste à savoir comment les pouvoirs publics pourraient dégager les financements nécessaires à la protection sociale et à la transition écologique sans creuser la dette. En réalité, on cherche les clés sous le réverbère de la croissance et pas là où elles se trouvent, du côté des inégalités, des privilèges, du pouvoir économique d’une infime minorité, et de la maîtrise du crédit. En termes économiques, les Français sont environ deux fois plus riches qu’au début des années 1970. En fait, les « marges de manœuvre » financières de gouvernements qui chercheraient les clés au bon endroit sont considérables. Voici trois exemples.

- D’abord, depuis les années 1980, le partage de la richesse économique (la « valeur ajoutée ») a évolué en faveur des profits (principalement les dividendes) et en défaveur des salaires, dans des proportions énormes. Le graphique 2 représente les dividendes versés par les entreprises aux actionnaires depuis 1949 en pourcentage de la masse salariale. Il se passe de commentaires. Aujourd’hui, 100 milliards d’euros annuels, soit 5% du PIB, partent en dividendes. Il faudrait cinq fois moins que ce montant pour éradiquer la pauvreté !

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- Ensuite, selon un rapport du député UMP Gilles Carrez, les niches fiscales représentent au bas mot 100 à 120 milliards d’euros par an de manque à gagner pour l’Etat. Certaines sont justifiées, mais plus de la moitié ne le sont pas et sont jugées inefficaces par la Cour des Comptes.

- Enfin, l’évasion fiscale et la fuite dans les paradis fiscaux, plus la fraude fiscale, représentent elles aussi plusieurs dizaines de milliards d’euros de pertes sèches qui ne peuvent servir ni les objectifs sociaux ni les finalités écologiques.

Ajoutons à cela le fait qu’en se privant de la création monétaire par leur propre banque centrale (c’est-à-dire de la maîtrise du crédit), les Etats de la zone euro se sont privés d’un instrument majeur de réorientation écologique des investissements. Il faudrait, comme le demandent la Fondation Nicolas Hulot, le « collectif Roosevelt » et d’autres associations, récupérer cet outil pour financer la transition.

Quand il s’agit de « sauver l’humanité », ne pourrait-on pas faire ce qu’on a fait pour « sauver les banques » ?

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Le rédacteur :
JEAN GADREY

Professeur émérite d’économie à l’Université Lille 1. Collabore régulièrement à Alternatives économiques. Auteur de « Socio-économie des services », « Les nouveaux indicateurs de richesse », avec Florence Jany-Catrice (La Découverte, coll. Repères), « En finir avec les inégalités » (Mango, 2006) et « Adieu à la croissance » (Les petits matins/Alternatives économiques).

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Une construction européenne kafkaïenne

Posté par emmanuelesliard le 7 mars 2013

 

Une construction européenne kafkaïenne

LE MONDE | 06.03.2013 à 16h13 • Mis à jour le 06.03.2013 à 20h50Par André Grjebine, directeur de recherches au Centre d’études et de recherches internationales de Sciences Po

Comment expliquer qu’après avoir promis la croissance et le bien-être pour tous, l’Union européenne (UE) soit devenue cette union d’Etats dont les gouvernements désemparés s’avèrent incapables de faire face à la crise ? Comment est-on passé de Keynes à Kafka ?

C’est là que vient à l’esprit une question qu’on ose à peine formuler : aussi habile, aussi nécessaire même qu’il ait pu paraître, la mise entre parenthèses du politiquen’est-elle pas le ver dans le fruit qui a pourri la construction européenne ? Elle a soumis la communauté en formation à une loi sociologique qui veut que les structures bureaucratiques n’aient pour fin que leur propre expansion, à la fois en élargissant sans cesse leur sphère d’action et en accaparant toujours plus depouvoir dans un nombre toujours plus grand de domaines de compétence.

La règle s’est ainsi imposée selon laquelle devait être considéré comme bon tout ce qui allait dans le sens de l’intégration et du consensus, mauvais tout ce qui allait en sens contraire. L’objectif est devenu d’éliminer à tout prix les conflits, en oubliant que la démocratie se nourrit des conflits. Il est vrai que dans ce système les gouvernements démocratiquement élus sont perçus comme des institutions démagogiques, pour ne pas dire des empêcheurs de tourner en rond.

L’indépendance des  banques centrales, et singulièrement de la Banque centrale européenne (BCE), est devenue le symbole de ce dessaisissement des Etats. Ce n’était qu’un premier pas. Une étrange constellation s’est constituée, composée d’innombrables institutions communautaires non élues et de gouvernements nationaux. Ces derniers n’ont pas été à proprement parler dépossédés de leurpouvoir, mais ils ne peuvent l’exercer qu’à condition de suivre les normes qui leur sont imposées de l’extérieur. Cet extérieur n’est pas un pouvoir central, ni même un quelconque autocrate, mais une entité aux visages multiples, sans nom et sans contours précis, qui ne tire sa puissance que du mouvement d’expansion qui, une fois impulsé, échappe à tout contrôle.

En mettant en oeuvre une politique de relance communautaire, l’UE aurait pu contrecarrer le discrédit de la politique de la demande, qui à l’échelle nationale bute sur la contrainte extérieure. La plus grande partie des échanges des pays européens ont lieu, en effet, entre ces pays. De surcroît, une relance coordonnée de l’ensemble de la zone euro aurait entraîné une dépréciation de l’euro, favorable à sa balance commerciale avec le reste du monde. Au lieu de quoi, sous l’emprise de l’orthodoxie allemande et du libéralisme ambiant, les règles imposées aux Etats membres n’ont  fait que renforcer leur impuissance, sans que la Communauté en prenne le relais.

Les politiques budgétaires ont été enfermées dans un corset juridique. Dans une démocratie, les citoyens sont invités, au moment des élections, à se prononcersur les résultats obtenus, notamment en matière économique. Dans l’UE, où seul le Parlement européen est élu, mais avec une audience et des pouvoirs encore relativement limités, c’est moins l’efficacité de la politique économique qui est reconnue ou sanctionnée par les citoyens que sa conformité aux règles de droit qui est jugée par des commissaires, des commissions ou des juges. La question est alors de savoir si les critères de Maastricht et d’autres sont respectés et non si la croissance est excessivement faible et si le chômage augmente. La règle d’or que Mme Merkel a imposée à ses partenaires renforce encore ce juridisme.

Le comportement des dirigeants français illustre bien la perversion de la politique à laquelle peuvent conduire le mélange de règles rigides et l’obsession du consensus. En général, les hommes d’Etat définissent une stratégie faite d’avancées et de concessions en fonction des objectifs qu’ils se proposent. Nos dirigeants, mais ils ne sont pas les seuls, ont adopté la démarche  inverse : ils sont prêts à sacrifier leurs promesses électorales pour se conformer aux normes qui leur sont imposées. Les concessions ne sont plus pour eux un moyen de parvenirà leurs  fins. C’est de faire toutes les concessions nécessaires pour parvenir au consensus qui est devenu leur priorité, quelles qu’en soient les conséquences. Quand, à l’issue du Conseil européen des 7 et 8 février, François Hollande se félicite d’avoir obtenu un compromis, alors qu’il vient d’accepter une réduction du budget communautaire, c’est-à-dire d’avaliser que l’UE s’éloigne encore davantage de la perspective d’une politique de relance, il illustre parfaitement cette inversion des priorités.

Dans tout système qui se veut consensuel, la langue de bois est de règle. Elle est un moyen privilégié pour juguler les velléités de contestation qui pourraient déboucher sur des conflits. Parler de croissance quand on met en oeuvre une politique dont on sait qu’elle va conduire à la stagnation est devenu habituel. De même, les références permanentes à la convergence sont censées effacer la divergence des économies européennes que l’on observe pourtant depuis des années. Enfin, quiconque critique le fonctionnement de l’UE est aussitôt accusé d’être un antieuropéen primaire.

Dans ce contexte, les élections qui viennent de se dérouler en Italie sont symptomatiques du désarroi ambiant. Dans un système démocratique, et même dans une autocratie, le mécontentement populaire peut être dirigé sur une cible : une majorité que l’on peut espérer remplacer, un dictateur dont on attend qu’il soit renversé. Dans un système oligarchique comme celui qui prévaut au sein de l’UE, le pouvoir est suffisamment dilué pour être hors d’atteinte. Il ne reste pour témoigner de son mécontentement que le rejet et le ricanement. De la même façon, dans l’URSS, les anecdotes contre le régime étaient le principal moyen de contestation, un procédé passif et sans risque pour le pouvoir en place… jusqu’à son enlisement final. C’est ce dont viennent de témoigner les électeurs italiens, las de cet exécutant appliqué des exigences communautaires qu’a été Mario Monti. Beppe Grillo serait-il le triste avenir de l’Union européenne ?

André Grjebine, directeur de recherches au Centre d’études et de recherches internationales de Sciences Po

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Bilan du collectif Roosevelt sur la séparation des banques :

Posté par emmanuelesliard le 6 mars 2013

Séparation des banques :
Bilan après la première lecture
devant l’Assemblée nationale
Malgré une presse unanime pour dénoncer la faiblesse du projet du gouvernement, les députés ont voté la loi en première lecture comme un seul homme, à quelques exceptions près. Deux amendements ont tout de même été adoptés, notamment sur les paradis fiscaux, mais rien qui ne permet vraiment de muscler la loi et de mettre les économies des Français à l’abri d’un tsunami financier.

Contrairement à ce que nous réclamions et à ce que recommandent l’OCDE, le FMI et le Financial Times, le projet de loi ne contient pas de stricte séparation des banques. Des amendements rédigés par Olivier Berruyer et Gaël Giraud mais également par Thierry Philipponat et d’autres membres de Finance Watch ont pourtant été remis à certains députés mais ils n’ont pas été adoptés par l’Assemblée. En l’état actuel, le projet se contente donc simplement de cantonner les activités les plus dangereuses dans une filiale – et encore, à peine 1 % des activités jugées à risque sont concernées ! 99 % des activités des banques restent donc garanties par l’Etat, une situation que nous n’acceptons pas.

A l’Assemblée, les débats ont notamment porté sur la nature des activités à inclure dans la filiale. Une stratégie payante pour la rapporteuse du projet et le gouvernement puisque cela leur a permis d’orienter les discussions sur des détails très techniques. Or comme le reconnaissait l’un d’entre eux lors d’une réunion, « les députés sentent bien qu’ils sont en train de se faire rouler dans la farine. »

Nous sommes dans une véritable situation de tromperie des citoyens par le gouvernement. Tout est fait à la va-vite. Alors qu’au Royaume-Uni, ils ont pris un an pour discuter, débattre, auditionner près de 200 personnes, en France 9 personnes seulement ont été auditionnées publiquement et tout a été bouclé en quelques mois. Les conservateurs anglais seraient-ils plus raisonnables que les socialistes français ? On nous explique qu’avec cette loi, la France sera le premier pays de l’OCDE à se doter d’une telle réglementation. Nous pensons qu’il n’y a pas de quoi en être fier si notre loi ne change rien et qu’il vaut mieux être en retard par rapport à d’autres pays mais avoir à l’arrivée une bonne loi de séparation.

Séparer les activités bancaires, ce n’est pas tuer les banques. C’est revenir au paysage bancaire tel qu’il était en 1995, ni plus, ni moins. C’est même au contraire les renforcer et les remettre à leur place, c’est-à-dire au service des citoyens et de l’économie réelle : les dépôts, les prêts, l’épargne. Aujourd’hui, nos banques françaises ne consacrent que 22 % de leur activité à ces opérations qui sont pourtant indispensables au bon fonctionnement d’une société. Est-ce bien normal ? Certainement pas. En Allemagne, il n’y a qu’une banque universelle (contre quatre en France) et un tissu de 1600 petites banques qui consacrent 80 à 95 % de leurs activités au financement de l’économie réelle, et les entreprises allemandes ne se portent pas moins bien que les françaises.

Dans ce contexte, et alors que le projet de loi arrive le 12 mars devant la commission des finances du Sénat avant d’être examiné en séance plénière le 20 mars, nous devons rester mobilisés. Simplifier le message, expliquer concrètement en quoi cette réforme concerne le quotidien des Français et pas simplement les hautes sphères de la finance, éviter de tomber dans le piège tendu par la rapporteure du projet à l’Assemblée.

Conscient que les chances d’obtenir une vraie séparation sont cependant minces tant le gouvernement verrouille tout, nous devons veiller à ce que seules les activités vraiment indispensables soient garanties par l’Etat – les fameux 22 %. C’est là l’enjeu central de cette loi maintenant. L’Etat ne doit pas garantir autre chose que ce qui est vital pour l’économie réelle.

Des avancées notables ont tout de même été obtenues en matière de lutte contre les paradis fiscaux. Un amendement visant à obliger les banques à publier chaque année la liste de leurs activités pays par pays ainsi que les effectifs de leur filiale a été adopté, améliorant ainsi la transparence de leurs activités à l’étranger. C’est un premiers pas mais de l’avis de nos spécialistes, il manque encore et surtout les informations liées au bénéfice réalisé et aux impôts payés dans chaque pays pour que cette transparence serve efficacement la lutte contre l’évasion fiscale. Là encore, nous sommes mobilisés pour demander aux sénateurs et aux députés d’ajouter ces deux indicateurs au texte actuel.

En 2011, l’Autorité bancaire européenne avait jugé la Société générale et la Banque populaire Caisse d’épargne BPCE moins solides que la banque SNS Reaal qui vient tout juste d’être nationalisée et sauvée de la faillite par le gouvernement hollandais afin d’éviter une catastrophe au système financier du pays. En France, nous savons qu’un nouveau tsunami financier va se produire. Ce que nous ne savons pas, c’est quand : dans deux mois, deux ans ? Aujourd’hui, la question est la suivante : est-ce qu’on attend le prochain accident, la prochaine crise financière, pour voir si la solution du gouvernement suffit ou est-ce qu’on agit dès à présent pour éviter tout nouvel accident ? A Fukushima, le muret de protection anti-tsunami était beaucoup trop bas pour contenir la vague. On a vu le résultat.

Nous sommes désormais plus de 37 000 à avoir rejoint l’appel sur www.MonAdversaireCestLaFinance.fr et c’est en partie grâce à vous. Continuez à faire signer vos amis et votre entourage et n’hésitez pas à interpeler vos élus pour qu’eux aussi se mobilisent sur le sujet. Rendez-vous également sur le site www.scinder-les-banques.fr pour tout savoir sur la séparation des banques.

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Pétition contre l’ANI

Posté par emmanuelesliard le 1 mars 2013

Signé le 11 janvier 2013 par le Médef, la CFDT, la CFTC et la CGC, l’Accord national interprofessionnel (ANI) doit désormais être transcrit dans la loi. Un texte sera présenté en Conseil des ministres le 6 mars.

Attac, la Fondation Copernic, la CGT, rejoints par de nombreuses associations, syndicats et partis politiques, ont lancé la mobilisation contre cet accord jugé « illégitime », qui représente selon eux « un recul social majeur ». Une pétition circule sur Internet et une journée d’action est prévue le 5 mars 2013.

N’oubliez pas de signer cette pétition en cliquant sur le lien ci-dessous :

http://www.france.attac.org/petition/un-ani-qui-nous-veut-du-mal

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