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Honte et déshonneur !

Posté par emmanuelesliard le 27 janvier 2013

Le machin dont il est question dans ce billet a vraiment un titre ronflant :

« ACCORD NATIONAL INTERPROFESSIONNEL

DU 11 JANVIER 2013

POUR UN NOUVEAU MODELE ECONOMIQUE ET SOCIAL AU SERVICE DE LA COMPETITIVITE DES ENTREPRISES ET DE LA SECURISATION DE L’EMPLOI ET DES PARCOURS PROFESSIONNELS DES SALARIES »

 

Il a été signé par le Medef d’un côté, logique c’est son texte proposé au départ en version quasi intégrale, de l’autre par la CFDT, la CFTC et la CGC ! Ont échappé au déshonneur de la capitulation en rase campagne : la CGT et FO qui dénoncent vigoureusement l’accord.

On pourrait pinailler, comme l’a fait Gérard Filoche sur son blog (http://www.filoche.net/), mais c’est pas mon genre et surtout ce serait d’un fastidieux, aussi me contenterais-je de remarques plus générales !

L’avancée sur la complémentaire santé pour tous les salariés, même si elle ne concerne pas grand-monde (environ 6%), se fait néanmoins à minima, proche des tarifs d’appel que l’on constate dans les pubs des mutuelles ou des sociétés d’assurance, avec ça il vaut mieux bien voir, bien entendre et avoir d’excellentes dents ! Et de la manière dont la mise en place serait conduite, c’est du pain bénit pour les sociétés d’assurance.

La taxation des contrats à durée déterminée est à mourir de rire ! Rien de plus facile d’y échapper, l’employeur embauche en CDI avec période d’essai de deux mois (avec avenant d’un mois si nécessaire), puis vire les personnes avant la fin de la période d’essai sans avoir rien à payer, rien à justifier. Elle est pas belle la vie de patron en 2013 ? La seule mesure efficace consisterait à en limiter le nombre par entreprise, en pourcentage du personnel.

En matière de licenciements et d’accès à la justice, on revient fissa vers le XIXème siècle. On facilite les licenciements à outrance, en muselant les garanties existantes et les conseils de Prud’hommes deviendront de simples chambres d’enregistrement si quelques fous auront encore l’audace de les solliciter ! De plus on met en avant la compétence professionnelle, comme critère essentiel de choix dans des licenciements pour raison économique. Par expérience, je sais qu’aux yeux d’un patron les critères essentiels retenus pour juger la compétence professionnelle résident dans la souplesse de l’échine et l’art d’avaler les couleuvres !

Qui dit faire face aux problèmes conjoncturels dans cet accord crie chantage à l’emploi généralisé (la fameuse flexibilité), avec baisse des salaires et augmentation du temps de travail non payé. Tiens c’est bizarre, ne serait-ce pas le retour des accords « compétitivité-emploi » chers à Sarkozy ?

Ce qu’il y a de plus grave, c’est que cet accord s’inscrit parfaitement dans une politique économique et sociale réactionnaire, entièrement au service du capital, qui part du principe que le plein emploi se situe à 5% de chômeurs officiels. Ce qui signifie que l’on pratique une politique de chômage massif, qui s’appuie sur un arsenal d’outils destinés à éloigner de l’emploi tous les indésirables, ceux qui sont considérés comme insuffisamment productifs ou peu fiables : inaptes divers, sans formation professionnelle, niveau d’études générales trop bas, jugés techniquement dépassés, fortes têtes, psychologiquement fragiles, autrement dit tous ceux qui ne rentrent pas dans le moule, au besoin on donne un coup de pouce (remember France Télécom, Renault et tant d’autres) et ce sera sans risque pour le patron ! Dans l’accord il n’y a pas, ne serait-ce qu’une allusion, la moindre mention de licenciements boursiers, ce qui montre bien son idéologie et sa finalité !

C’est pas dans l’accord, mais il y a un espoir pour la suite du programme, car les organisations non-signataires (CGT et FO) participeront aux réunions de travail, au ministère du même nom, dans l’optique de la préparation du texte de loi devant être présenté au Parlement. Et si ça pouvait bouger un peu partout pendant ce temps ?

 

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Ça se corse !

Posté par emmanuelesliard le 8 janvier 2013

Trouvé sur le site corse « UMANI Fondazione di Corsica » le texte ci-dessous :

Lien : http://www.afcumani.org/terranea_caprette.html

 

Certains se gaussent d’une réputation, vraie ou fausse, des bergers corses et des liens particuliers qu’ils auraient avec leurs chèvres. J’en extrais cette perle qui semble accréditer ce que rapportent les mauvaises langues : « Pour faire face à cette réalité, il est impératif d’encourager une « pépinière » de chevrettes afin de pouvoir satisfaire les besoins des jeunes bergers et des aînés. »

 

Voici le texte complet :

Unir nos forces pour la sauvegarde de la chèvre de race corse

L’élevage caprin est emblématique et patrimonial en Méditerranée.
Il est le fondement de l’identité pastorale de la Corse. Pourtant le constat est amer dans la profession. Selon nombre d’acteurs, au rythme où vont les choses, sans changement profond, dans 15 ans, il n’y aura plus de bergers caprins dans l’île et plus de chèvres corses.

Consciente de ces réalités, l’afc-UMANI a pris l’initiative de réunir à plusieurs reprises, depuis plus d’un an déjà, tous les acteurs concernés afin de faire émerger des pistes de solutions.

Outre la pédagogie d’écoute et de concertation extrêmement précieuse pour des acteurs souvent isolés et démunis, cela a d’abord permis de préciser le constat :

• En 1990, il y avait dans l’île un cheptel de 150 000 chèvres. Il est de 30 000 aujourd’hui.

• En moyenne, tous les ans, 15 jeunes souhaitent s’installer et n’y parviennent pas pour de multiples raisons dont le manque de troupeaux à acheter. Paradoxalement la Corse importe chaque année 2 millions de litres de lait.

Aujourd’hui, la priorité est le maintien et la sauvegarde de la chèvre corse qui a le statut de « race menacée », ainsi que l’installation de bergers.

Pour faire face à cette réalité, il est impératif d’encourager une « pépinière » de chevrettes afin de pouvoir satisfaire les besoins des jeunes bergers et des aînés.

En phase d’élaboration, le projet « Caprette di Corsica » est porté par l’afc-UMANI, les institutions et les acteurs de la filière. Une période de réflexion a été entamée pour comprendre quelles solutions concrètes pourraient être envisagées pour sauvegarder la chèvre de race corse.

L’afc-UMANI a décidé d’acheter des jeunes chevrettes aux bergers chevriers installés en Corse. Le prix (130€) a été convenu avec les éleveurs. Une fois achetées, ces chèvres sont confiées à la pépinière d’Altiani.
Dans cet espace dédié où les chèvres sont élevées et soignées, l’afc-UMANI a missionné un vétérinaire afin de définir et d’optimiser un protocole sanitaire, assurant le suivi tout au long de l’année, en relation avec l’équipe. Sevrées, elles serviront à compléter des cheptels existants ou à fournir une partie des troupeaux à de jeunes agriculteurs en phase d’installation.

Une chose est certaine : nous avons déjà mis du baume au cœur des bergers et de leurs familles.

Et si nous PARRAINIONS une CHEVRETTE CORSE ?
Site pronti ?

L’afc-UMANI travaille main dans la main avec des spécialistes, des techniciens et des organismes liés aux filières soutenues. Dans le cadre de Caprette di Corsica, Jean-François Gauthier, vétérinaire, et Dominique Questel, coordinatrice de l’ILOC*, sont les référents de la Fondation.

* (Interprofession laitière ovine et caprine de Corse) 

 Nous ne pouvons qu’encourager ce type de parrainage, à condition bien entendu qu’il soit complètement désintéressé, en tout bien tout honneur. Notre but ultime étant le bien être des chevrettes couplé à la satisfaction suprême des jeunes bergers corses et de leurs aînés !

Parrainez un châtaignier avec l'AFC

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Réflexion sur la chasse à mains nues assistée par véhicule à moteur !

Posté par emmanuelesliard le 4 janvier 2013

Le monde est vraiment trop injuste et toujours aussi surprenant. Mon ami Pierrot et moi n’attendions pas d’exploits cynégétiques de la part de notre excellent BH, il n’a rien du chasseur fou de la Brière, on devrait dire plus sobrement brièron, tant les deux qualificatifs peuvent s’avérer être autant de pléonasmes. Donc, notre ami n’a jamais rien eu du brièron, par contre, depuis sa plus tendre adolescence, il est accro du grain de  beauté des Côtes d’Armor et de ses nombreuses enseignes si accueillantes, la porte y est quasiment toujours ouverte. Ce soir là, après quelques stations prolongées dans les estaminets les plus sympathiques de sa cité préférée, il décide de retourner au bercail par le chemin des écoliers, cet itinéraire lui permettant au passage de saluer sa chère maman. Ne l’ayant pas revue depuis de nombreuses semaines, il craignait de subir plus tard d’amers reproches, s’il n’effectuait  ce petit détour. Les nombreux automobilistes prudents qui connaissent cette route, l’apprécie pour sa tranquillité. Il est exceptionnel d’y rencontrer par exemple un certain type de fourgonnette bleue, à la satisfaction  générale, tant il est malaisé de se croiser sur ce petit chemin très étroit. Chacun sait qu’il est déconseillé d’emboutir une fourgonnette bleue le soir en rase campagne. Les frais occasionnés étant tellement dispendieux, qu’ils vous interdisent l’utilisation de votre véhicule pendant une longue période.

De jour, une faible vitesse s’impose, la nuit permet un transport plus rapide, la lumière des phares constituant un excellent avertisseur pour les autres utilisateurs, parfois un piège redoutable pour le lapin de garenne égaré en un lieu si dangereux pour sa santé. Cette nuit là, notre ami BH roule plutôt pépère sur la route champêtre. Soudain, une forme sombre surgit sur la gauche et s’immobilise un instant au milieu de la chaussée, comme fascinée par les deux gros yeux lumineux qui se rapprochent de plus en plus. Le conducteur du véhicule freine désespérément, mais il est trop tard, l’aile droite heurte la forme sombre qui s’était pourtant remise en mouvement. Le véhicule stoppe sa course dans un crissement de pneus. BH bondit hors de sa voiture et se précipite vers l’arrière. La forme sombre gît là, sur le bas côté un mètre derrière le véhicule, un chien pense-t’il ? Mais en s’approchant, il distingue difficilement dans le halo blafard du feu arrière, une queue touffue, un corps fin, un museau effilé, pas de doute c’est un renard. « J’ai tué un renard, moi qui ne suis pas chasseur, tandis que ce bon vieux Quess en trois saisons de chasse n’a même pas occis un moineau ! ». Cette pensée le dérida, elle lui fit évacuer le stress du choc et c’est tout à fait hilare, qu’il prit machinalement l’animal apparemment sans vie dans les bras. Oh mes aïeux, quelle odeur de fauve ! Gonflé d’inconscience, il l’installe pourtant délicatement à l’avant du véhicule sur le siège du passager, le coffre étant n’importe comment difficile à ouvrir et encore plus pénible à fermer. Tout guilleret, il redémarre et s’arrête quelques centaines de mètres plus loin, devant la maison de sa chère maman. « Regarde maman, ce que je t’amène ». Fier comme Artaban, BH tient dans les bras le magnifique animal dont la tête pendouille, attestant de son état.

« Mon pauv’gars, tu n’es pas un peu marteau, tuer un renard ! Qu’est ce que tu vas en faire ?». Comme d’habitude chez sa chère maman, l’aspect pratique prenait naturellement le pas sur l’extraordinaire, l’insolite, la part de rêve que chaque marin porte en lui, fusse t’il d’occasion. Il grommelle quelque chose d’incompréhensible en posant la bête par terre. Le chien de la maison, jusque là prudemment replié derrière une chaise, démontrant un sens aigu de la tactique militaire moderne, se risque à une approche graduelle, le poil hérissé, grondant d’indignation autant que de peur, puis s’en vient renifler consciencieusement l’intrus finalement fort peu inquiétant. Soudain, il recule lentement, à pas comptés, en montrant les crocs, le corps en biais, la queue au mieux de sa forme, le regard fixant constamment l’ennemi potentiel. Cette singulière attitude n’alarme aucunement notre larron, pas plus que son prédécesseur dans l’arbre généalogique. Fatale négligence ! Le chien gronde de plus en plus fort, il ne recule plus, on dirait qu’il se prépare à bondir. « Tais-toi Taïaut, fous le camp dehors » ! Mais le bâtard grogne encore et toujours. Quelques instants plus tard, BH se surprend à voir le renard ouvrir un œil. Il secoue la tête comme pour réveiller le cerveau endormi. Une petite hallucination se dit-il, à mettre sur le compte d’une fatigue bien compréhensible, après une journée aussi remplie, surtout dans sa deuxième phase. Déjà, sa mère retrouve ses gestes habituels, « tu mangeras bien un morceau » ! Ce n’était pas une question, mais l’invitation autoritaire d’une maman, sachant pertinemment ce dont son fils a besoin. D’ailleurs, en parlant elle glisse sur la table une assiette avec un couteau et une fourchette, tardivement suivis d’un verre. Goguenarde en voyant l’air vaguement inquiet de son fils : « t’inquiète pas, ici on n’a jamais taraudé à sec » !

La porte était restée ouverte en cette douce soirée de fin d’été. BH s’apprête à trancher une tartine de pain, quand un bruit bizarre le stoppe dans son élan. Les violents aboiements du chien le font se lever d’un bond, il aperçoit le renard soudain ressuscité qui passe à toute vitesse de l’autre côté de la table, suivi du roquet hargneux. Alors s’engage une sarabande échevelée, rappelant vaguement une course de lévriers sans leurre. Au deuxième tour de table, le renard prend une légère avance sur le chien, c’est le moment que choisit la mère de BH pour sortir de sa stupeur bien compréhensible. Elle saisit vivement une chaise, la lève vaillamment au dessus de la tête et au moment où l’animal se présente, elle lui assène un coup terrible. Du moins le croit-elle. Las, l’abat-jour de la lampe centrale se trouve sur la trajectoire de l’encombrante matraque ! Avant de voler en éclats, il ralentit et dévie de sa route la chaise qui s’écrase finalement sur le sol, frôlant la queue du renard, dans un horrible fracas de verre brisé et de bois craquant. La pauvre chaise, la moins solide de la maison, au demeurant un peu bancale, ne pouvait résister à un traitement aussi brutal.

Par contre, l’ampoule électrique, miraculeusement épargnée, éclaire joyeusement la scène. Pendant ce temps, l’audacieux goupil entame son troisième tour de table, c’est le moment que choisit le roquet pour rentrer piteusement aux stands. Effrayé par la tournure des événements, le poltron prend la poudre d’escampette. La queue entre les jambes, il franchit prestement la porte heureusement ouverte. Verte de rage, la mégère court vers un petit placard tapi dans un coin de la pièce, pour se saisir d’un solide balai. Brandissant sa nouvelle arme, elle se précipite en direction du lieu de la compétition, désormais sans le moindre enjeu. Un duel s’achève faute de combattant, mais un autre commence, plus âpre, tendu et sans merci que jamais. BH pas plus utile jusque là, qu’un piquet au milieu d’un but de football pour arrêter les tirs adverses, se ressaisit quelque peu. « Arrête, arrête ! Si tu continues à l’effrayer de la sorte, il ne trouvera jamais la porte ». Peine perdue, au comble de la fureur elle bondit sur une chaise, heureusement plus solide que la précédente, sans doute pour se mettre à l’abri des canines acérées de l’adversaire. De dangereux moulinets, touchant parfois le plafond, se mirent à rythmer la progression du renard, qui ne semblait pas faiblir. Il avait de l’entraînement le bougre ! Il pouvait dire merci aux chiens de chasse qui l’avaient si bien préparé à cette épreuve.

Un épisode si affligeant dans son épilogue pour notre héros, qui mérite néanmoins d’être conté par le menu.Le premier moulinet trouve le vide et manque de faire tomber la harpie de plus en plus furieuse, le deuxième après avoir heurté le plafond touche la queue de l’animal, ce qui le fait redoubler d’efforts. Quant au troisième, il fait de nouveau la bise à la paroi supérieure de la pièce, ils étaient de bons copains désormais, mais sans doute troublé par ces nouvelles effusions, le balai s’abat sur le bord de la table, qui surprise, sursaute violemment et balance sans ménagement l’assiette et le verre qui s’écrasent malencontreusement sur le sol, sans faire un pli, juste beaucoup de petits morceaux. Cela ne peut qu’affoler un peu plus le valeureux coureur, champion du tour de table. Sa course devient plus hasardeuse, hésitante, comme s’il cherchait tantôt à droite, tantôt à gauche, une échappatoire qu’il ne trouve jamais. Au quatrième moulinet, il se produit un inconvénient bien connu de tous les bûcherons qui manient encore la hache ou la cognée, mal emmanchées elles peuvent constituer de redoutables projectiles. Le balai déboîté par le choc sur la table, soudain libre comme l’air, s’en va joyeusement percuter la porte vitrée d’un magnifique buffet, qui subitement regrettait de ne pouvoir prendre ses pieds à son haut et devait se résigner à tendre l’autre porte. Les verres rangés derrière la vitre se mettent à protester violemment, loin de l’harmonieux tintement habituel. On suppose, que se voir ainsi pulvérisés, leur a fait monter la moutarde au col. Une fois en miettes, ils se taisent, comme honteux et confus de s’être laissés posséder par un pompier pyromane.

Ainsi va la vie, chaque jour nous rapproche un peu plus du trépas. Un verre ça va, mais BH aurait pu se trouver sur la trajectoire du missile à poils drus ! La mégère, pas la veille qu’elle soit apprivoisée, geigne lamentablement, agite sans conviction les bras, surtout celui portant le manche, sentant confusément qu’il n’a pas produit ce dont on pouvait en attendre. Le renard, lui, se porte comme un charme, galopant fièrement dans la douceur nocturne, le regard altier, quoiqu’une pointe d’effroi y perce indubitablement, le museau effilé fendant avidement l’atmosphère hostile, la truffe humide précédant fièrement le magnifique animal. Sans barguigner, on lui accorde les oreilles et la queue, du balai. Mais une fois de plus, la vie, cette chienne de vie, est notoirement injuste, cruelle, sans pitié. La bête fatiguait, BH avait disparu, les choses restaient en l’état. Soudain, notre ami apparaît tel le Sauveur s’apprêtant à chasser les marchands du temple, brandissant un solide bâton du type gourdin, il se précipite vers le renard. Il lui assène un coup à étourdir un bœuf, juste derrière les oreilles. La pauvre bête est stoppée net dans son élan, les pattes avant se dérobent, la tête s’incline comme si elle acceptait la défaite, l’ultime, celle dont on ne se relève pas. Cervicales sans doute brisées, elle gît désormais sans agonie sur le sol maudit, la gueule entrouverte, la langue impertinente, sur ce dur terrain honni qui pue l’homme et le chien domestique.

La vie reprit normalement après cet épisode, comme il se doit chez les gens normaux. Normalité soulignée par la naturalisation du renard, comme s’il était possible de conserver l’illusion du vivant à un animal mort. Les empaillés ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Par contre, les empaffés, ce sont toujours les mêmes. Nonobstant ses nombreux amis, surtout quand il rince la galerie, il s’est trouvé des engeances mal intentionnées, des esprits retords, des bêtes malfaisantes, des suppôts de Satan qui ont mal parlé. BH a été obligé de mettre les choses au point, quasiment aux poings d’ailleurs. Nous sommes tenus d’admettre, que sans ces médisants, l’épisode croquignolet que je viens de conter serait resté au mieux une obscure anecdote très édulcorée, au pire une vague rumeur sans fondement, aussi crédible qu’une escadrille de soucoupes volantes traversant notre espace aérien au son de « l’hymne à l’amour ». Aussi, pour éviter les fines dentelles que nos petites mains agiles et avisées, n’auraient pas manqué de broder, BH nous raconta l’aventure par le menu. Quelques questions posées à bon escient, nous convainquirent de la sincérité des propos. Pierrot, inspiré par une logique implacable et la vue récente d’un épisode de la célèbre série télévisée, proposa de rebaptiser BH.

Illustration d’une vaste culture, rarement prise en défaut, il connaissait trois mots d’espagnol, dont celui là. Le nouveau Zorro se montra flatté, à notre grand étonnement. Les piques agacées n’entamèrent nullement sa bonne humeur. Nous décidâmes alors de frapper un grand coup, mais c’est une autre histoire que je me ferai un plaisir de vous raconter prochainement.

 

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