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Une belle histoire pour finir l’année !

Posté par emmanuelesliard le 29 décembre 2012

Afin de quitter cette année 2012 sous une bonne note, je vais vous raconter une petite histoire vraie comme je les aimais étant enfant :

 

Une belle histoire pour finir l'année ! dans Liens chevreuil

Par une douce nuit du 3 juin dernier, la maman du jeune chevreuil si familier avec cet homme sur la photo se faisait percuter par un véhicule, du côté de Locqueltas dans le Morbihan. Tuée sur le coup sans doute, éventrée et pour cause elle attendait un petit, elle ne pouvait qu’offrir ses entrailles aux prédateurs de tous poils. Par chance, son corps fut découvert par un infirmier qui passait peu de temps après, il repéra immédiatement le petit faon prêt à naître. En homme de l’art il fit le nécessaire, ainsi naquit Fanfan, sans tambours ni trompettes !

 

Il le confia à un de ses amis, le bon Jeanjean (Jean Eveno) éleveur et chasseur à ses heures, mais dans un style écolo. Le petit faon fut élevé au biberon, un toutes les quatre heures les premiers jours. Afin de n’être point en contravention avec la loi interdisant de détenir du gibier en captivité, il le laissa en liberté mais en lui mettant un collier spécial que l’on remarque sur la photo, indiquant aux chasseurs qu’il est protégé. Espérons qu’ils aient tous une bonne vue, et l’éthylotest incorporé au fusil ! Maintenant Fanfan galope le nuit dans les bois avec les siens et rentre au petit matin faire un câlin à Jeanjean qu’il considère comme sa maman, il en profite également pour partager son petit-déjeuner en grappillant entre ses jambes les miettes de pain qui tombent généreusement par terre !

 

Belle histoire que je me fais une joie de partager avec tous ceux qui ont conservé et entretenu une partie de leur âme d’enfant.

 

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A star is born !

Posté par emmanuelesliard le 27 décembre 2012

Mon ami Zorro n’a pas toujours bénéficié de ce surnom des plus flatteurs, moins lourd à porter que Sergent Garcia. Pendant de nombreuses années, un présumé compère, resté courageusement anonyme, l’avait affublé du succinct mais en partie célèbre : BH. Son œuvre persistait, alors que nous l’appelions Zorro depuis des lustres, ce qui nous intriguait fortement. Aucun lien semble t’il avec la personnalité qui assure voler très haut avec un seul « L ». Pourtant ses collègues de boulot le gratifiaient régulièrement de ces deux lettres. Aussi, pendant quelques mois nous avons pensé qu’un rapport existait bel et bien, sans que l’intéressé volontairement ou non, ne nous confirme le bien-fondé de notre hypothèse.

Inutile de songer à lui poser la question le matin, tant sa mauvaise humeur du réveil se prolongeait tard dans la matinée. Les nombreux et intéressants sujets de discussion du midi prenaient largement la totalité du temps disponible, débordant régulièrement à notre plus grand regret sur la tâche assignée de l’après-midi. Le soir, sa tchatche sublimée par les nectars de Quess nous faisait souvent voguer sous pavillon de complaisance. Jusqu’au jour où une de ses relations de travail nous mit involontairement la puce à l’oreille !

Il nous fit part de son curieux penchant pour les célèbres biscuits fourrés nantais, lorsqu’à l’usine un petit creux se faisait sentir en pleine action. Ils sont d’ordinaire plus courants dans les cours de recréation que dans les ateliers de notre exploiteur favori. Ce petit travers, combiné avec quelques autres, avait de visibles conséquences pondérales. Ainsi naquit un sobriquet interdit d’exportation, sous peine de sanctions sévères à l’égard du contrevenant : BN. Mais dorénavant, il y avait prescription pour un surnom qui n’était plus usité.

Pierrot se souvint fort à propos d’une petite anecdote, que nous trouvions particulièrement distrayante, sur les premiers pas mémorables de notre ami dans un monde parallèle. Grand amateur de Gitanes filtre, il s’était vu offrir ce soir là par une vague relation philosophique, dans un estaminet du grain de beauté des Côtes d’Armor, une drôle de cigarette sans filtre ni tabac digne de ce nom, en couronnement d’une soirée particulièrement arrosée. L’effet fut des plus rapides, il devint hilare, plus volubile que jamais. Les yeux brillants d’une lueur inhabituelle, il continua dangereusement ses libations et finit debout sur une table, en se trémoussant au son d’une musique au rythme endiablé.

Le patron du bouge eût alors une inspiration lourde de conséquences. Pour lui faire plaisir, il lança un de ses airs favoris : Juliette Gréco chantant le célèbre « déshabillez-moi ». Notre ami prit cette invite torride pour un ordre, il se lança lascivement dans un strip-tease langoureux, à faire pâlir de jalousie les professionnels de l’effeuillage.

Le limonadier maladroit commença alors sérieusement à paniquer. La scène était visible de la rue, minuit largement dépassé, les rares passants ne seraient pas forcément effarouchés, mais il n’en allait pas de même d’une éventuelle patrouille du magasin bleu. Pris d’une frénésie malhabile, il changea prestement le programme musical pour un classique des soirées populaires où un type qui ne se nomme pas Bruel vous enjoint de tourner votre serviette, si possible au-dessus de la tête, en application du sempiternel principe de précaution. L’effet se révéla à la hauteur de la situation, on vit un jean bien délavé tourner plus vite que le pédalier du vélo d’Armstrong, menaçant d’écorner un lustre assurément mal placé, puis s’écrasant à grands fracas contre les pompes à bière, la boucle du ceinturon pulvérisant une pinte pleine d’eau, contenant aussi le coupe-mousse indispensable au bon service de la bière pression.

En poussant un cri effroyable, le bistrotier se précipita en catastrophe vers la manivelle du rideau de fer, mais plus affolé qu’un cerf poursuivi par la meute, il n’arrivait pas à l’engager sur le carré d’entraînement. C’est alors que, dans l’embrasure de la large vitrine, apparut lentement, comme si la scène se déroulait au ralenti, un véhicule roulant au pas, qui stoppa net à la vue du spectacle s’offrant au regard de ses occupants.

Les deux gendarmes se réjouirent fort du numéro comique offert par le cafetier à l’insu de son plein gré. Les cheveux hirsutes, les yeux exorbités, il n’arrivait toujours pas à descendre le rideau. Se rendant compte de l’inanité de ses efforts, il baissa lourdement les bras, la manivelle tomba, la tête se révéla trop pesante, les yeux fixèrent les chaussures. Résigné, il attendait l’inéluctable sanction, comme un gamin tout penaud d’être pris en faute par la maîtresse.

Le spectacle perdit de son intérêt pour les derniers parangons de la loi, aussi démarrèrent-ils avec la science des représentants de l’ordre ayant d’autres marins en bordée à surveiller. Sans plus prêter attention à la douzaine de clients qui, parfaitement visibles à l’arrière-plan, s’agitaient debout autour d’une table en frappant dans leurs mains, largement levées au-dessus de leurs têtes. Si bien qu’apparaissait à peine la poitrine nue d’un individu, lançant prestement vers la vitrine le dernier vêtement qui le recouvrait encore quelques secondes auparavant, en criant à tue tête : « braves pandores, tenez et conservez-la soigneusement, l’espérance reste au fond de ma culotte » !

Il paraît que le rideau de fer demeura ouvert cette nuit là au grand étonnement des graineux matinaux.

La vie n’est pas faite pour les ingénus, les candides. Notre ami avait parmi les témoins de cet exploit retentissant, un rapporteur obligeant, fidèle narrateur, témoin zélé, que quelques facilités bacchusiennes suffisaient à dérider les zygomatiques, lançant ainsi le récit chatoyant d’un spectateur à l’œil égrillard, respectant néanmoins la vérité historique et les nuances subtiles d’une situation, qui dans une autre bouche auraient pu friser la vulgarité et ses affres télévisuelles.

Je n’affirmerais pas, qu’à partir de ces confidences l’avenir nous échappa tout à fait. Il est néanmoins vrai que ce récit, largement répandu par nos soins auprès de ses collègues, ne trouva l’aboutissement que nos efforts de vulgarisation méritaient amplement, qu’à partir du moment où notre compréhension des événements se révéla sans faille : le puzzle n’avait plus de pièces manquantes.

Auparavant, même après cet épisode croustillant, il nous était impossible de comprendre la signification du surnom : BH, sans l’information sur le biscuit fourré.

Qui avait changé la deuxième lettre ? Un collègue facétieux bien entendu, soucieux de porter à la postérité un exploit retentissant. Cette heureuse initiative avait permis d’instruire un public plus large, la circulation de l’information vers un monde hostile, ironique, sarcastique, tailleur de réputations, bonnes ou mauvaises : le nôtre ? « La vérité avant tout », telle était notre seule mais intransigeante et implacable devise.

La popularisation fut certainement l’œuvre de Zorro en personne, tant il était soucieux de ménager un orgueil, qui aurait difficilement survécu à une explosion de la chape de plomb entourant des secrets si mal gardés. Dans ces conditions, mieux valait lâcher quelques miettes aux vautours que se faire dévorer par la meute des loups affamés.

Nous avons compris BH, une fois au courant de BN et grâce à la mémoire de Pierrot. Maintenant plus rien ne pouvait nous empêcher de tailler en pièces menues, menues, notre désormais souffre-douleur patenté. Hélas, la guigne nous rattrapait une nouvelle fois à grandes enjambées ! Un nouvel épisode de ce feuilleton fertile en rebondissements allait modifier tout à fait nos rapports amicaux : une chasse à mains nues assistée par véhicule à moteur, en nocturne qui plus est. Sans avoir pu tirer le moindre profit de notre récente découverte, à notre plus grand regret. Quelle poisse !

Mais ceci est une autre histoire !

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Dix ans avant la fin du monde, c’était déjà pas drôle !

Posté par emmanuelesliard le 21 décembre 2012

En 2002, c’était pas toujours gay à l’usine,
quand le chef de service était homophobe !

 

- Je n’en crois pas mes petits yeux ! Nic donnant un coup de balai, par terre qui plus est, une première depuis tes folles années de boniche parisienne ?
- Mon cher ami, je n’étais pas boniche, mais caissière, dans une académie de billard gérée par mon mari, est-ce si dégradant à tes yeux ?
- Je ne vois pas la différence, mais je comprends ton embarras, s’agissait pas de perdre la boule ! Pourtant tes débuts n’ont pas dû se faire en tant qu’encaisseuse. À l’instar de ton mari, le sol du magasin à queues a dû souffrir sous les assauts répétés de tes talons aiguilles, avant qu’il ne t’accorde la faveur de t’asseoir devant le bandit manchot enregistreur ?
- Évidemment, j’avais pas de diplômes, c’était pas encore la mode, il a fallu que je travaille dur, avant d’obtenir un emploi un tant soit peu intéressant.
- Cosette sans les Thénardier, Victor en serait resté baba ! Et vous avez économisé patiemment, sans relâche, sou après sou, afin de vous offrir le commerce de vos rêves : un magnifique crapier, avec hôtel, pis tout, pis tout, que vous avez transformé en résidence de luxe pour VRP pas difficiles, artistes au cacheton menu et prolos envahissants, pleins de sueur, d’huile de coupe, de sable brûlé, de calamine poussiéreuse et d’espérance toujours renouvelée.
- Et le monsieur de la banque, tu l’as oublié le monsieur de la banque ! Sans lui rien n’était possible ! Qui l’a remercié lors de ses nombreuses visites dans notre villégiature ? Personne ! Heureusement d’ailleurs, vu ce qu’on lui donne indirectement. Nous, on trinque tout le temps, parce que justement, on ne trinque plus avec le patron ! La tournée du lundi : passée à l’as ! Elle doit servir à le rémunérer, le saligaud ! Encore un exemple, d’un acquis des travailleurs lâchement volé par les goinfreux ! Les capitalos s’empiffrent, les prolos crèvent la gueule ouverte !
- Ne sachant comment nous remercier, il aurait dû nous couvrir de papouilles ! Que nenni ! Il nous a superbement ignorés. Au lieu de nous étreindre sur son cœur comme il se devait, il nous évitait d’un rond de jambe sinon élégant, du moins efficace. Tournant prestement le dos, il relevait la pointe d’un menton qui se voulait outragé, on ne sait trop pourquoi ! Combien de fois ai-je eu envie de l’aider à franchir la porte un peu plus vite ?
- M’en fous de la tournée du lundi. Je ne mets plus les pieds ici que le vendredi. S’il était un peu moins con, ton banquier devrait se déplacer tous les vendredis soir, une fois atteint son quota de clients escroqués. Il nous offrirait l’apéritif, en remerciement de notre loyauté envers cet établissement, malgré l’absence totale de services annexes, telle la tournée du patron, qu’il a mise dans sa poche ce salopard.
- C’est curieux, ce manque de reconnaissance, de la part de gens qui nous doivent tout. Sans bibi et quelques autres, que ferait ce détrousseur légal de braves gens ?
- Personne n’en voudrait, il serait résolu à nous détrousser illégalement !
- Je l’attends de pied ferme, qu’il y vienne, s’il veut recevoir, légalement ou pas, quelques baffes et faire plusieurs tours dans ses chaussettes ! Ce serait un plaisir non dissimulé.

Que de haine dans ce monde sans pitié. Il est pourtant si facile de semer la joie et l’espérance, de choyer les personnes qui nous entourent, qu’elles soient banquiers, huissiers, juges ou avocats, capitalos de tous poils, hommes politiques véreux. Un sourire, un mot aimable, une expression de gratitude envers ceux qui n’arrêtent pas de vous flouer, que la vie serait plus belle, si tout le monde acceptait l’ordre naturel des choses : les plus riches doivent devenir toujours plus riches et les pauvres rester toujours plus pauvres !

La véritable richesse n’est-elle pas celle du cœur ? Ne sont-ils pas aveugles, tous ces courageux possédants, en ne s’en rendant pas compte ? Aidons-les à devenir plus clairvoyants. Si par exemple, un richissime entrepreneur, au hasard Pinault, a des problèmes avec le méchant fisc, qui lui réclame des sommes exorbitantes, tirons-le de cet embarras momentané en lui offrant massivement un ou deux mois de nos revenus.

Cela ne nous rendra pas plus pauvres, celui qui n’a rien ne peut pas tomber plus bas, tandis que le riche peut perdre sa fortune. Par contre, nous pouvons ainsi aider François Pinault à comprendre notre désintéressement, lui permettant d’être mieux armé lorsqu’il aura la nécessité de comprimer le salaire de ses employés, voire d’en licencier un grand nombre.

Il le fera sans pitié, sans plan prétendument social, au cri retentissant de : « Thatcher, me voilà ! », rentrant ainsi brillamment dans le cercle fermé des bienfaiteurs de l’humanité nantie, la seule, la vraie. Nous ne sommes que des larves, indignes de nos trop gentils patrons et dirigeants, si scrupuleux et honnêtes avec ça.

- Si je te comprends bien, tu es d’accord pour te faire empapaouter, payer à boire et leur dire de garder la monnaie, sans leur frotter un tant soit peu les oreilles !
- Tu crois que les tenanciers, forcément un peu poujadistes, de ce sympathique établissement comprennent notre humour ? Si nous osions une image quelque peu audacieuse : rappelons-nous la cruelle destinée du bombyx du mûrier, le ver à soie, personne n’a besoin de lui pour fabriquer de la soie artificielle. Et bien, nous sommes tous des bombyx, notre seule chance de survie, c’est d’attendre patiemment qu’un producteur de soie naturelle ait besoin de nos services, sinon il nous faut disparaître à tout jamais, c’est ce que disent à demi-mot les tenants du système libéral impur et dur.

Ils n’ont rien compris ! Il est simplement nécessaire que vous vous adaptiez aux nécessités du marché, de la libre concurrence sans entrave d’aucune sorte, c’est pas sorcier, il suffit de le vouloir ! La diminution des salaires est obligatoire dans un tel système, mais comme les prix ont tendance à baisser, l’un dans l’autre ! Quoi ? Vous dîtes que la qualité des produits est de plus en plus médiocre et que leur prix augmente souvent d’une manière bizarre ! Vicissitudes du marché et il faut bien que les courageux investisseurs y trouvent leur compte ! Comment ? Vous vous demandez où vont les fruits de la croissance ! La machine est très complexe vous savez. Difficile d’avoir des certitudes ! C’est une création divine, personne ne peut la remettre en cause !

- « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage », disait La Fontaine. Il ne parlait pas du bombyx, ni de nos misérables vies, mais quelle belle illustration du dilemme actuel : patienter ou réagir brutalement ?
- Inadapté, ceux qui réagissent brutalement sont dans l’erreur, ils ne font réellement du mal qu’à eux mêmes. D’un autre côté, la patience peut-être une vertu, à condition de ne pas durer l’éternité. Un chouia de fermeté, surtout ne rien lâcher, un seau d’organisation des opprimés du monde entier, quelques belles tranches de propositions radicalement différentes, un zeste d’une autre finalité, quelques gouttes d’humour, juste pour le fun. En touillant bien, on ne sera pas loin de ce que devraient être les idées forces d’une nouvelle mobilisation générale des travailleurs.
- C’est un vrai programme que tu nous exposes là ! Aurais-tu à l’instar d’un certain nombre de comiques, plus ou moins célèbres, plus ou moins comiques, des velléités de candidature à l’Élysée ?
- Tu as déjà la santé, pas de problème, tu ne risques rien. C’est pas comme Chichitou, s’il n’a pas l’Élysée, il se retrouve à la Santé ! Monde cruel pour les braves ripoux !
- Demande à celui qui arrive, ce qu’il pense de tes fines réparties, il a l’habitude de ce genre de situation.
- Tu dis vrai, regardez ! C’est Trigano qui se pointe à l’horizon, l’a pas l’air ravi le camarade.
- Pourquoi l’avez-vous affublé de ce surnom ?
- Oh Quess, une fois de plus tu nous déçois ! Un cerveau peut servir à autre chose qu’à compter la caisse le soir ! Réfléchis bien ! Non, ça percute pas ? Parce que c’est une tante, pardi ! Alors, question empapaoutage, il s’y connaît. Un expert en quelque sorte.
- Regarde plutôt ta femme qui nous tourne le dos, on dirait qu’elle porte un string à manches longues !
- Curieux ! Oh j’y suis ! C’est simplement la culotte qui est coincée dans la raie.
- Hé, les pieds nickelés ! Vous parlez de moi ?
- Non, non ! On essayait de philosopher. Pas facile, dans un bistrot à beaufs !
- Ah la la ! Que serait l’insoutenable légèreté de l’être sans une poitrine généreuse ?
- Encore plus insoutenable !
- Et sans être callipyge ?
- Nic te répond à sa manière, ouvre les yeux, elle en coince sa culotte de dépit !
- Vaux mieux ça, que coincer la bulle !
- Oui, elles finissent toujours par éclater !
- Salut Trigano ! Viens te joindre à nous.
- Tu en fais une tête ! Un frangin qui t’a plaqué ?
- Si ce n’était que ça ! Nez de Pioche n’arrête pas de me pourrir l’existence. Ce soir, pendant une heure dans le bureau, il n’a pas arrêté de faire des allusions, de balancer des plaisanteries qui se voulaient fines. J’en ai marre ! Mais bordel, qu’est ce que je peux faire ?
- Tu portes plainte pour harcèlement moral. On te soutiendra, il y a bien des témoins !
- Difficile ! Il fait toujours son cinéma, quand il n’y a personne ou seulement quelqu’un de sa clique. Pas un copain ne pourra témoigner !
- Quel salaud ce Nez de Pioche !
- J’ai une idée, j’ai une idée !
- Zorro une idée ! C’est la première fois, il était puceau jusqu’ici, ça s’arrose !
- Le coup du poulet, tu lui fais le coup du poulet !
- Le cou du poulet ! À poils ou à plumes ?
- Le nez dans le croupion. Regarde !

Joignant le geste à la parole, Zorro mime tenir un poulet verticalement dans la main gauche, la main droite saisit la tête, puis lui imprimant un ample geste circulaire, la fourre dans les fondements de la bête virtuelle.

- Peut-être qu’il y prendrait goût à la fin. Tu lui fais le coup tous les matins en arrivant au bureau. Qui dit que dans quelque temps, tu n’aurais pas une nouvelle copine ?
- Plutôt crever ! J’aimerai mieux les lui couper.
- Ah, si tu veux en faire un chapon, je crains qu’il ne soit un peu tard ! Comme personne n’en voudrait en eunuque, je ne vois que la transformation en cendrier, l’aspect purement décoratif laissera à désirer, mais avec le tabac on ne se rendra pas compte de la mauvaise odeur.
- Mieux vaudra l’installer dans un hall bien ventilé. Pitié pour les innocents !

Voilà où mènent les idées libertaires et égalitaires ! L’infâme agression d’un brave et courageux cadre d’un fleuron de notre industrie, parce qu’il est coupable de faire notre métier en accord avec notre éthique ! Une nouvelle affaire Calas en vue ! Est-ce notre faute si certains de nos subordonnés ont des mœurs contre nature, est-ce notre faute si ces anormaux s’allient à d’autres fauteurs de trouble pour tenter de nous déstabiliser ? Nous sommes en état de légitime défense !

- Ou le mettre dans un endroit où il est question de lui ?
- Là, je sèche !
- Moi itou ! On donne notre langue au renard.
- Vous ne connaissez pas le graffiti dans les toilettes du service de Trigano ?
- Mais bon dieu, c’est bien sûr ! Attends, attends ! Je m’en souviens parfaitement, enfin je crois. Cette inscription qui est là, si je ne m’abuse, depuis des lustres, n’est pas signée par le distingué poète qui l’a gravée. Elle dit ceci : « quand j’étais petit, je n’étais pas riche, je gardais les vaches pour gagner mon pain. Maintenant je suis grand, les vaches me gardent et je crève de faim ! ».
- Ce graffiti lui va comme un gant.
- Pas d’accord, ce sont les chiottes qui lui vont comme un gant, sur son nez de pioche.

La violence des propos illustre parfaitement l’importance des contentieux qui opposent nos interlocuteurs à ce Nez de Pioche tant honni. L’importance et leur profondeur : il ne s’agit pas d’une quelconque incompatibilité d’humeur, qui au fil des années peut, il est vrai, gravement dégénérer, mais de comportements objectifs qui d’emblée, entraînent une profonde répulsion de la part de toute personne sensée, honnête et non servile.

Magouilleur, menteur, arriviste, rancunier, pervers, petite bite, chiraquien, coureur cycliste, pignouf, sac à merde, tels étaient parmi les plus gentils, les qualificatifs dont tout un chacun l’affublait, en dehors de ses semblables pas forcément en voie de disparition ou des poltrons va sans dire, et encore mieux en le disant.

Nez de Pioche connaissait évidemment le mépris, dont il était l’objet de la part de ses subordonnés, ouvriers et employés. Il paraissait n’en avoir cure, alimentant sa méchanceté chronique avec l’hostilité générale, comme si mettre de l’essence dans la voiture faisait avancer le scooter.

C’est évidemment plus aisé, quand on est investi d’une quelconque autorité, d’en user et d’en abuser. Mais tôt ou tard, un retour de bâton vient interrompre ou contrarier la carrière du tyran. Dès que Nez de Pioche sentait le vent du boulet de la révolte organisée, il devenait encore plus qu’à l’habitude, sournois, malfaisant, tordu, vicieux. Sans une once d’intelligence ce n’était pas du machiavélisme, mais il faisait preuve d’une telle perversité, qu’il arrivait à jeter le trouble parmi les contestataires, suffisamment pour faire réduire leurs exigences à la portion congrue. Un exemple parmi d’autres : il donnait une promotion à la plus forte tête et sanctionnait la pire des lavettes, lèche-bottes et mouche patentée. Diviser pour régner, la recette est ancienne, mais toujours aussi efficace. Une vague promesse de sucette à tout le monde par-dessus le marché, et le tour était joué !

Ce comportement amenait un climat délétère. Personne ne semblait s’en préoccuper, pourtant la qualité du boulot s’en ressentait et les retours vers son atelier se multipliaient. Les autres chefs de service se méfiaient beaucoup de ce dangereux manipulateur borné. Sans doute passait-il une partie de son temps à constituer des dossiers, afin d’être prêt à menacer de les sortir s’il en ressentait le besoin ?

Direction le plus souvent aux abonnés absents, syndicat affaibli, il n’y avait plus de matous dans l’usine, les rats s’en donnaient à cœur joie. Comme son collègue et ami Jolinabot qui était quand même tombé sur un os l’année précédente. L’entreprise ayant changé de propriétaire, ses velléités de devenir calife à la place du calife étaient brutalement tombées à l’eau. Il s’était consolé en se lançant dans la politique, lui l’apolitique déclaré, en se présentant aux municipales sur, ô quelle surprise, la liste d’opposition ! De droite, de gauche, d’ailleurs ou de nulle part ? De droite bien entendu, comme il se doit pour tout apolitique déclaré, ni pour ni contre bien au contraire. Laquelle, à la surprise générale remporta l’élection. Voilà notre Iznogoud du pauvre, investi d’un mandat d’adjoint au maire de notre ville, à notre plus grande fureur. Si les électeurs sont masos, tant pis pour eux, tant pis pour nous. Tant pis pour Jolinabot, on se laissera pas faire, la vengeance sera terrible, foi d’éternels rebelles !

- Et, c’est un plat qui se mange froid !
- Comme l’oseille, mais certains l’aiment chaud !
- Les baffes itou ! Il va manger chaud tous les jours dorénavant, et à n’importe qu’elle heure !
- Justement, regardez qui passe sur le trottoir ?
- Mais c’est P’tit Jon, le nouveau maire ! Il en a eu marre de se faire sonner les cloches par tout le monde, disant qu’il avait roupillé depuis son élection il y a un an et demi. Normal, il n’avait aucun projet ! Son programme se résumant à une simple critique de l’ancienne municipalité. C’est parfois dur à entendre, la vérité, alors il a décidé de se montrer un peu partout, de s’agiter pour que ça mousse. Il se prend pour Chirac ou quoi ?
- Mais il vient ici ! Planquez-vous, rigolez moins, sinon il va se sauver en courant comme un lapin, par peur des baffes !
- Trop tard, il nous a vus ! Il fait demi-tour, quel courage !
- Qui c’est la chose, l’immonde larve qui le suit maintenant, on ne voit que le nez ? Mais c’est Iznogoud !
- L’infâme Iznogoud, celui qu’Ariel Sharon nous envie !
- A la place de P’tit Jon, je me méfierais ! Surtout se tenir éloigné de son grand nez qui traîne par terre en bon chien-chien à son maîmaître qu’il est, un croc en jambe délibérément involontaire est vite arrivé par accident intentionnel et les bordures de trottoir si dures pour les trop tendres occipitaux des apprentis de l’écharpe tricolore !
- Ils font une manif ? Si la banderole a trois piquets, on va leur donner un coup de main pour la porter ?
- Je sais ce qu’on va faire avec les piquets !
- Tais-toi Trigano ! D’abord, les piquets n’existent pas plus que la manif, ensuite il n’est pas bon pour ta santé mentale, que tes turpitudes interfèrent avec le bon déroulement de notre juste combat contre ces nains politiques.
- T’as pas honte de t’en prendre à plus petit que toi ?
- Mon cher, ils sont petits par l’esprit mais grands par leur capacité de nuisance. Une armée de beaufs est toujours une armée. Certes, de temps à autre ils se tirent une balle dans le pied, mais quelques hommes hors de combat n’empêchent pas la colonne d’avancer, l’histoire nous l’a suffisamment montré.
- Tu parles du CPNT ?
- Non, je n’y pensais pas du tout, mais réflexion faite, ma petite démonstration lui convient parfaitement.
- A son propos, j’ai entendu que son cheffaillon, euh… ! Je ne souviens pas de son nom. Oh ! Je vous cause, il y en a peut-être un qui suit la conversation, ou c’est juste comme potiches arrosées de temps à autre et en pure perte, que vous trônez dans ce lieu distingué et charitable ?
- Saint-Josse !
- Priez pour lui ! Je disais donc que ce donneur de leçons en tous genres, était parmi les moins assidus au parlement européen, il ne participe quasiment jamais aux travaux. Pourtant, il me semble que l’Europe s’occupe beaucoup de la chasse, de l’agriculture aussi bien entendu, donc de la nature. C’est curieux que cela n’intéresse pas notre saint homme ; ne trouvez-vous pas ?
- Comme le pape, il a sans doute une ligne directe avec Dieu ou je ne sais qui !
- Là ce serait plutôt avec des déesses, Diane ou Artémis, suivant son penchant : les orgies romaines ou aller se faire voir chez les grecs !
- Qu’il aille chez les grecs et qu’il y reste !
- S’ils veulent le garder ! Il donne beaucoup moins de lait qu’une chèvre ; quant à la cueillette des olives, il vaut mieux ne pas y penser, ce serait chercher une aiguille dans une botte de foin ou une perle dans la forêt vierge. Au moins il ne chante pas, c’est peu, mais par les temps qui courent cela s’avère souvent fort précieux !
- On pourrait pas y joindre Iznogoud, voire P’tit Jon !
- Affrète un charter pour Myconos tant que tu y es !
- J’ai pas dit tout le conseil municipal ! Un ballon difficilement dirigeable ferait l’affaire, deux jours de vivres, avec un vent du sud ils arriveront dans deux ou trois ans, s’ils survivent au survol du pôle Nord.
- Ce serait étonnant, Iznogoud est plus méchant qu’une teigne. Au bout de trois jours, il balancera P’tit Jon par dessus bord, après il deviendra fou, non en raison de tardifs remords, mais parce qu’il l’est déjà pas mal. Fatalement, un jour ou l’autre, il se jettera volontairement dans le vide. Ainsi finira tragiquement une audacieuse expédition, qui sans avoir le relief de la tentative de Nungesser et Coli, montre combien l’homme recherche sans cesse le dépassement de soi, ce qui n’est pas évident quand on est l’ombre de soi-même avec le soleil dans les yeux.
- Manu, tu peux répéter très lentement, j’ai l’impression que Quess et Nic n’ont absolument pas percuté, quant à Marie-Norway, comme d’habitude elle vogue sur son frêle esquif, la météo est bonne, que demander de mieux ?
- Nous ne vous écoutions pas !
- Et l’air ahuri, c’était pour la photo ? Une grosse betterave trop rouge avec une morille pas fraîche, le cliché était saisissant de vérité ! Dommage que la betterave soit cuite et pas la morille !
- Je suis tout de même flattée, c’est bon les morilles !
- Par quel miracle, par quelle fulgurance as-tu deviné que la betterave n’était pas pour toi ? Quant aux morilles, crues elles sont toxiques. La tentation de te mordre n’a jamais traversé notre esprit, pas fous ! Sinon, crois-moi, on se serait gênés !
- Encore deux ou trois années, et on pourra la mordre, elle sera cuite à point !

Nic n’était pas une grosse blonde, mais j’estimais que la comparaison n’était pas mauvaise. Elle lui convenait parfaitement, n’en parlons plus ! Pourquoi me contredisent-ils sans cesse, que faites-vous du droit de l’auteur ? Que je sache, un observateur n’est pas un acteur, sinon je rends mon tablier ! Qui a dit : chiche ? Encore ce salaud de néo-libéral !

Les gens sont méchants, surtout les autres, ceux qu’on ne connaît pas bien. Tous des tordus et des vicieux, il faut s’en préserver. Barricadons nos demeures, l’étranger commence au pas de la porte. Tirons en les conséquences : armons-nous !

- De patience ?
- Ffuit ! Toujours à dénigrer, tu rigoleras moins quand Trigano ou un de ses semblables viendra te violer chez toi !
- Chez toi serait préférable, on pourrait faire une petite partie. C’est sans conteste plus confortable que dans le parc des promenades !
- Surtout au milieu de l’hiver !
- Puis-je vous faire humblement remarquer, que pour l’instant je n’ai violé personne, encore moins dans un jardin public ? J’ajoute pour l’honorable limonadier qui vient de me mettre en cause, avec tant de légèreté, que notre sexualité n’est sans doute pas dans la norme généralement admise par la société bien mal-pensante, mais cela ne signifie pas qu’il ait le droit de nous mettre dans le même sac que les malades ou les pervers sexuels, qui nous sont sans le moindre doute plus étrangers qu’à ce commerçant trop bavard !
- T’énerve pas Trigano, Quess voulait rigoler, il a été maladroit, tu le connais !
- J’espère simplement que ce digne cabaretier fait preuve d’un peu plus d’adresse dans ses habituels transports amoureux, avant que Nic n’aille ailleurs !
- Désolé, je ne voulais pas te blesser, toutes mes excuses !

Maudits soixante-huitards, ce sont eux les responsables de la situation actuelle. Ils ont confondu permission et perversion, éducation et laisser-faire, tentacule et …, pardon je m’égare ! Voyez, ils ont jeté le trouble dans les esprits les plus purs. Revenons aux vraies valeurs de la famille, du travail, de l’abbé Cottard, du borgne de La Trinité, pas la sainte, la voile et nous irons à toute vapeur vers un avenir radieux.

- Pète un coup, t’es pâle !
- Je faisais un mauvais rêve.
- Arrête la came, tu vois où cela mène !

Quand la confusion mentale rencontre la réaction, il ne reste plus qu’à attendre le déclenchement de la crise. Hé banane ! Près de trente ans, c’est pas un peu long pour des prémices ? Pour une mèche lente, c’en est une, il t’a pas volé le vendeur. Tu as dû louper un épisode ! A moins que ce ne soit toute la série, interminable la série, avec un flot continu de catastrophes, un condensé des malheurs du monde depuis son origine, un mauvais trip qui vire rapidement au cauchemar. Réveillez-moi ! J’en peux plus, qu’est ce qu’ils attendent ?
Non, c’est pas gai ! Vous avez bousillé deux générations, c’est pas suffisant ? Pardi, vous avez trouvé la solution, plus besoin de guerres, incertaines par nature, devenues trop dangereuses pour tout le monde, si un camp s’énerve un tantinet. Aujourd’hui, on casse par temps de paix, sans bombes et sans soldats. Les armées sont composées de traders, de banquiers, de mafias, de paradis fiscaux, de politiciens véreux, type Berlusconi ou Chichitou. Menteurs, magouilleurs, tripatouilleurs disent certains. D’autres parlent de politiciens modernes, d’esthètes de l’arnaque, d’experts en filouterie, de libérateurs de l’imagination populiste, d’innovateurs sociaux incompris, de poètes maudits véreux ! Qui croire, que croire ?

Le désarmement général, c’est pour quand ?

De l’initiative, que diable ! Pas une minute à perdre ! Tout de suite, on peut les envoyer en orbite autour de la planète Mars, ces faces de carême ! J’appuie personnellement sur le bouton de mise à feu de la fusée, tant mieux si elle explose ! Bon débarras, plus de parasites, enfin presque, on vivra en paix ! Éternelle ?

- Faux pas t’énerver, Manu ! C’est pas bon pour la santé, cool mec, laisse-toi vivre un peu, lâche-toi, la colère est mauvaise conseillère, même contre le système Chichitou.
- On va pas te rappeler une fois encore ce bon Jean de La Fontaine ! Laissons-le reposer en paix.
- J’en ai ras les écoutilles, personne ne m’empêchera de déclencher une bonne colère si j’en ai envie. Contrairement à vos affirmations si péremptoires, je la trouve excellente pour la santé, tant mentale que physique.
- Sans doute, mais faut pas que ça dure. Tu fais monter la pression depuis une heure, c’est pas sain !
- Tu te goures, Pierrot ! Les pressions, je les descends, un peu vite parfois, je l’admets volontiers. C’est Marie-Norway qui les fait monter, pas assez vite, souvent.
- Un honnête pourboire de temps à autre m’encouragerait.
- Un pourboire ? Que nenni ! Nous refusons absolument d’effectuer le moindre geste, aussi anodin puisse t’il paraître, pouvant être considéré par les vertueux que nous sommes comme une incitation à picoler, quelle qu’elle soit ! Notre sens élevé des responsabilités et de la santé publique nous l’interdit. Oyez, oyez, braves gens, nous ne le répéterons pas !
- On en connaît trop bien les conséquences : violences conjugales, divorce, les enfants qui trinquent à leur tour. L’engrenage infernal, le cauchemar de Macha Béranger devenu réalité ! Une mine d’or pour tous les Delégouts de la télé, qu’ils aillent se faire poivre !
- Par contre, soyons magnanimes, on veut bien t’offrir gracieusement tous les jours nos petits restes de la veille. Du genre : une croûte de fromage, un quignon de pain rassis riche en moisissures, la ficelle du saucisson, y’a toujours un petit bout qui reste accroché, la peau d’une pomme, ma chère et dure épouse a la sale manie de les éplucher, pourtant c’est plein de vitamines, le yaourt aux fruits que ma gamine n’a pas voulu, alors qu’il a tout juste dépassé la date depuis trois semaines ! Avec ces provisions gargantuesques, ton mari ferait un véritable festin. Le freiner serait salutaire, vu qu’il est pas plus épais que la tranche de barbaque hachée d’un MacDo, une sortie de diète aussi fastueuse pourrait lui être fatale. C’est pas qu’on ait envie de l’embrasser sur la bouche ton bonhomme, mais c’est comme l’affreux roquet des voisins, le jour où on ne le voit plus, on se sent tout chose, y’a comme un manque, un petit bleu à l’âme. J’aime pas avoir des bleus à l’âme, je préfère les donner, autour des yeux de ton épouvantail de mari par exemple !
- Calmos, mon époux fait et dit ce qu’il veut, tant qu’il ne marche pas sur mes pieds. Débrouille-toi avec lui, mais si vous souhaitez absolument vous taper dessus, foutez le camp ! Ici, c’est moi qui fait le ménage ! Méfiez-vous, un coup de manche à balai arrive plus vite derrière les oreilles, que le porte-monnaie de Pierrot sur le comptoir.
- Quoi, quoi, on m’attaque !
- Fais pas attention, elle doit les avoir. Elle est toujours grincheuse dans ses mauvais jours.
- Que ça la rende grignouse, je m’en fous ! Mais elle m’a offensé, voilà tout !
- Ah, ah ! Offensé ? Quel grand mot pour la mise au jour d’une petite mesquinerie, elle t’a juste un peu vexé, oui ! La vérité n’est pas toujours bonne à dire, la preuve, mais cela reste la vérité pure et dure à ton oreille.
- C’est ta fête ! Tu réagis comme certains hommes politiques, le premier d’entre eux est un bon exemple, un vrai chef celui-là, il a inventé le Berniethon à pièces jaunes douillettes sans valises, c’est couillon hein ! Égoïste surtout ! Comme eux, tu es sur la pente fatale, les valises de billets en moins, dommage pour toi et pour nous également, j’espère !
- Rends-toi compte, mets-toi à sa place ne serait-ce qu’un instant ! Plus besoin de sortir ton porte-monnaie, juste la valise à ouvrir, le pied quoi ! D’accord, c’est un peu plus encombrant, difficile de cumuler tous les avantages. Si elle t’embarrasse un chouia, on peut la porter, toujours là pour rendre service ! Que dis-tu ? Elle est trop lourde ! Ça pèse le papier, pas de problème, on peut l’alléger en moins de deux !
- Rêvez les mecs ! Si j’avais une valise comme vous dites, j’éviterais soigneusement de me balader avec. Ensuite, bande d’enfoirés, je vous ferais tourner en bourrique. Qui me cirerait les pompes, sans que j’émette la moindre suggestion ? Qui m’ouvrirait les portes, avec une courbette des plus obséquieuses à la clé ? Qui viendrait tondre ma pelouse, gratis avec enlèvement de la tonte en plus ? Qui s’empresserait de peindre mes volets, avec fourniture automatique de la peinture et du matériel, cela va se soi ? Qui me servirait un demi, dès que mon auguste personne apparaîtrait dans l’embrasure de la porte ? Hein ! C’est qui ? C’est kiki ?
- Qui te bottera les fesses, avant que tu n’aies eu le temps de faire ouf ? Qui t’enfoncera la valise dans la tête, afin d’y remplacer ton cerveau parti en couille ? Hein ! C’est Qui ?
- T’es pas encore le roi du pétrole, heureusement pour nous. Il t’arrive de payer à peu près régulièrement ta tournée, mais là je crois qu’on ne verrait jamais la couleur de ta fraîche ! Il y a des gens comme ça, il faut surtout pas qu’ils deviennent riches. La plupart d’entre eux devraient y penser sérieusement et nous abandonner leur fortune, ça soulage ! Comme jadis chez les aristos, ça part vite dans tous les sens : viveurs, nymphos, évêques, militaires, explorateurs, rats des villes et rats des champs, raseurs en tous genres. Un seul point commun pour la quasi totalité : y lâchent pas facilement les pépettes, comme si cet argent ils l’avaient durement gagné à la sueur du front des autres.

Quelle démonstration ! Nous en sommes tout ébahis ! La plupart de nos contemporains, de plus en plus nombreux à comprendre que l’ordre des choses est parfait en ce bas monde, le sont également. Il ne serait pas sain de confier des capitaux à ces débris d’humanité, ce serait la catastrophe, pire qu’une guerre des gangs ! Tandis qu’en les confiant à quelques personnes compétentes, dont l’intégrité ne peut être mise en doute, comme Berlusconi et Messier par exemple, le succès et la prospérité sont assurés pour longtemps !

- Toute cette salive pour m’inciter à payer une tournée, votre soif n’en sera pas pour autant étanchée. En fermant votre bouche, un verre pouvait y remédier, suffisait ensuite de tirer entre vous deux l’heureux gagnant de l’addition, et le tour était joué ! Vous manquez d’imagination, cela risque de vous perdre.
- Imagine que l’on suive ton exemple, on boit sans soif ! T’es d’accord ou pas ?
- Pas du tout ! Car comme dirait l’autre : on voit quand j’ai bu, mais on ne voit pas quand j’ai soif ! Toute l’injustice de la vie est résumée dans cette phrase, les apparences sont souvent trompeuses. Comme aujourd’hui, paraître et communiquer sont les seules mamelles du succès, vous mesurez l’étendue du drame de ma vie ?
- Nous apprécions avant tout l’étendue de ton hypocrisie. S’il y en a un qui se pose parmi nous, c’est bien toi ! Et un boit sans soif poseur se remarque forcément.
- C’est la marque des poseurs, en quelque sorte. Marque, remarque et dix filles derrière Pierrot !
- Si elles aiment la misère, c’est leur affaire. On les aura prévenues et plus d’une fois.
- Heureusement pour Pierrot, il n’y a que les hommes avertis qui en valent deux. Les femmes aussi, quel cauchemar ! Ce serait l’enfer, pas possible de raconter des craques, surveillance de tous les instants, j’imagine le cauchemar. Comme disait ce bon vieux Francis : « c’est pas à raconter que c’est rigolo, il faut voir le tableau » !
- Bande de jaloux ! Le dépit vous fait parler. Si, ne serait-ce qu’une fois, une lueur d’intelligence, une soudaine illumination, la grâce quoi, vient vous visiter ! Par erreur évidemment ! Vous seriez bien obligés d’admettre que tout cela n’arrive pas par hasard. J’ai beaucoup travaillé dans ma jeunesse, ma classe naturelle a fait le reste.

Force est de constater, qu’en ces temps troublés où la vie d’un homme vaut moins qu’un grain de sable du désert, Pierrot continue de s’envoyer des paniers emplis de fleurs. Les invendus du fleuriste de la rue ? Personne ne sait !

Volontiers hâbleur, juste ce qu’il faut, sans faute de goût, il n’engendre pas la mélancolie. Ses tirades, un soupçon vantardes, sont un régal et un hommage à l’intelligence populaire, tant décriée par ceux qui en sont dépourvu tout court. Ce qu’il dit dans ces cas là, est infiniment plus profond, que tous les écrits réunis, des représentants tant médiatisés du mieux disant culturel.

Philosophes, vous avez dit philosophes ? Bon, on verra, on verra ! Une autre fois, ce soir il est temps de rentrer. Pierrot, Zorro, nous partons, ça va devenir rasoir, monsieur veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Et que personne ne parle de fuite devant l’adversité, je vous promets, on en reparlera, je ne m’appelle pas Jacques. C’est heureux, manquerait plus qu’ils soient quatre comme les regrettés chanteurs fantaisistes. Les trois Jean de Nantes suffisent à notre malheur, alors quatre Jacques à Bity, ce serait au moins cinq de trop !

La fuite est leur meilleur argument, quand les débats deviennent un peu houleux, aveu d’impuissance ? Comparer avec ce qui se passe en haut lieu, Organisation Mondiale du Commerce, Fond Monétaire International, Banques centrales, Commission de Bruxelles, tout est transparent, démocratique, les populations ont toujours été consultées pour toute décision importante et les ont approuvées sans barguigner. Qui nous traite de menteurs ?

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La parité, solution du « mariage pour tous » !

Posté par emmanuelesliard le 12 décembre 2012

S’inspirant du projet de loi réformant l’élection des conseillers généraux devenant conseillers départementaux (conseil des ministres du 28 novembre 2012), à savoir un binôme homme-femme élu dans chaque circonscription regroupant deux cantons, une éminence grise de l’Elysée a eu une idée géniale !

 

Il s’agirait, si j’ai bien compris, d’instaurer la parité dans le « mariage pour tous », un binôme masculin-féminin serait uni à un autre binôme de la même composition, libre à eux ensuite de s’organiser suivant leur bon-vouloir dans la vie courante. Ainsi, plus de clause de conscience pour les maires, on se demande comment Hollande n’y a pas pensé plus tôt !

 

Mais, des désaccords apparaissent déjà, DSK aurait manifester son mécontentement, s’il est d’accord pour le mariage de deux couples, il souhaite laisser la libre composition aux intéressés, par exemple, je cite : « couple homme-femme marié à couple femme-femme, dans le souci évident de conserver les capacités de reproduction de l’espèce ! »

 

Nombreux sont au PS ceux qui se demandent où DSK veut en venir ? Une petite voix s’est fait entendre de l’autre côté de l’Atlantique, mais ils ne l’ont pas distinguée, pensez donc : une domestique que l’on peut trousser à tire-larigot ! Comme quoi il n’est pire sourd … !

 

Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, donc particulièrement connaisseur en la matière, mais en se basant uniquement sur sa qualité d’avocat a soulevé un lièvre (toujours gaillard, le bougre) ! « Et s’il y a divorce ? »,  s’est-il écrié !

 

Un peu mesquin le Arnaud ! Ou volonté de prendre sa revanche d’un récent combat ? En tout cas il a fait un flop, car de bonnes âmes ont immédiatement précisé que cela était prévu, le couple souhaitant divorcé doit auparavant trouvé un couple équivalent pour le remplacer dans le mariage pour tous, ainsi la morale est sauve, et les vaches sont toujours bien gardées !

 

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Toute honte bue,

Posté par emmanuelesliard le 7 décembre 2012

Hollande vide la moitié de son propre verre !

C’est la nouvelle inaperçue. François Hollande s’est encore distingué dans l’art précieux du double langage. Pendant la bataille de marchand de tapis qu’a été la négociation du prochain budget de l’Union européenne, chacun a fait ses annonces. François Hollande a encore été transparent avant de faire une proposition avec laquelle il a réduit à néant son propre soit-disant plan de relance.

Le capharnaüm a été tel que toutes les décisions sont remises à janvier. En fait tous les présents sont venus proposer une baisse du budget de l’Union et des « économies ». Le plus provocateur dans ce domaine a été l’anglais Cameron qui a proposé 200 milliards de soustractions ! Quelle riche idée ! En pleine période de récession, retirer des montagnes de crédits pourtant essentiels pour les fonds qui viennent en aide aux régions sous développées de l’union ! Dans la cohue des surenchères aucune voix ne s’est exprimée pour proposer la manœuvre inverse c’est-à-dire d’augmenter le budget pour provoquer un choc contre-cyclique. Ou bien pour proposer que l’Union puisse s’endetter directement auprès de la BCE sur ses projets de développements. Rien ! Tous à la baisse ! Et François Hollande le prétendu partisan de la relance comme les autres ! Mais le savoureux en matière de cynisme est sa proposition. Il a suggéré comme un « compromis » de ne retirer que 75 milliards ! On voit que nous pouvons être fiers de sa capacité de résistance. L’ennemi propose de vous couper les bras ? Héroïquement Hollande exige qu’on vous en laisse un ! Ce chiffre de 75 milliards doit être rapproché d’un autre : les cent vingt milliards du prétendu plan de relance européen échangés contre sa signature sans condition du traité Merkozy ! Sur ces 120 milliards, on avait révélé que soixante étaient déjà dans le budget européen. Avec ce retrait proposé de soixante-quinze milliards, cela reviendrait à dire qu’il resterait moins quinze milliards. Plus cent vingt d’une main. Moins soixante de l’autre le même jour. Et encore moins soixante-quinze sept mois après ! Telle est la relance version Hollande. Le philosophe Platon disait : « la perversion dans la cité commence avec la falsification des mots » !

 

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