Viande tueuse aux USA et au Canada !

Posté par emmanuelesliard le 16 mars 2011

Dans un article paru dans le numéro de septembre/octobre 2010 du magazine canadien anglophone « Briarpatch », Ian Lordon fait le point sur une curieuse maladie, réputée extrêmement rare il y a seulement 20 ans, qui commence à faire des ravages en Amérique du Nord.

Ci-dessous le lien avec le site internet de Briarpatch, avec l’article original de Ian Lordon :

http://briarpatchmagazine.com/2010/09/09/breeding-disease/

 

Briarpatch est une publication qui se veut engagée dans la guerre contre l’erreur (« war on error » est son slogan), en référence et opposition aux prétentions de Bush à son époque. Briarpatch se déclare également anti-néolibéralisme.

 

Cette maladie que l’on appelle fasciite nécrosante (pour en savoir plus, un lien avec un site officiel canadien :  http://www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/iyh-vsv/diseases-maladies/flesh-chair-fra.php ) a eu son heure de gloire médiatique, lorsque en 1994 Lucien Bouchard futur premier ministre du Québec (en 1996) est amputé d’une jambe, et passe à deux doigts de la mort à cause d’elle.

La bactérie responsable de cette maladie, fut alors appelée improprement « mangeuse de chair », mais ça y ressemble beaucoup. Elle produit des toxines qui détruisent les tissus sous-cutanés et le muscle, sans traitement la maladie se propage au sang, et le patient meurt d’une septicémie.

De rare, cette maladie est devenue plus commune dans les années 2000, aussi bien au Canada qu’aux USA. Cette affection apparaît généralement chez des malades ayant un système immunitaire affaibli par des streptocoques, alors le SARM (Staphylocoque doré résistant à la Méthicilline) peut proliférer.

Canada Surveillance a enquêté sur les maladies nosocomiales, il s’avère que le nombre de malades infectés directement ou colonisés par le SARM a été multiplié par 17 entre 1995 et 2007 ! Aux USA, dix huit mille personnes en meurent chaque année, soit plus que les morts liées au SIDA !

Mais d’où peut provenir cette explosion de SARM en Amérique du Nord ?

Tout simplement des élevages industriels de bovins, porcs, volailles, gourmands en antibiotiques (12000 tonnes aux States soit 70% de la production annuelle), parce-que l’on traite de manière préventive. Les bestiaux sont gavés d’antibiotiques à priori, cela évite d’améliorer les conditions d’élevage, où la densité, le manque d’hygiène sont une source continuelle de maladies devenant vite des épidémies. Mais le SARM, le fameux « staphylococcus aureus » résistant à l’antibiotique appelé Méthicilline, se sent alors comme un poisson dans l’eau et il prolifère !

An Canada, une enquête a été effectuée en 2007 dans les élevages de porc de l’Ontario, il a été montré que 45% des exploitations visitées étaient infectées par le SARM, 25% de la population porcine étant concernée.

Mais les Pays-bas sont aussi touchés par le SARM, une étude a montré que les producteurs de porcs étaient 760 fois plus porteurs de la bactérie que le reste de la population, et que 12% de la viande présente en supermarchés était infectée.

Plus récemment, en Iowa, une étude a donné des résultats voisins de l’Ontario, 45% des agriculteurs et 49% des porcs étaient porteurs du SARM !

L’OMS a tiré la sonnette d’alarme en 2004, en indiquant que la preuve était établie du lien entre l’utilisation extra-humaine des antimicrobiens et la prolifération de bactéries résistantes. Elle a qualifié la situation de « crise qui menace le monde, nous enlevant la possibilité de traiter ou guérir de nombreuses maladies infectieuses », et a recommandé aux gouvernements de légiférer  afin d’interdire l’utilisation non-thérapeutique des antibiotiques dans l’agriculture. En 2006, L’Union Européenne prenait une directive dans ce sens.

Pendant ce temps au Canada ? En 2009, le gouvernement fédéral a dissous le Comité Canadien sur la résistance aux antibiotiques (PICRA) !

Aux USA, ce n’est pas mieux, la politique de l’autruche et du profit maximum sont la règle.

Au Canada, les autorités ne nient pas le problème, mais indiquent cyniquement que la santé de la population est moins importante que l’avantage concurrentiel donné ainsi aux élevages industriels !

On reste pantois devant une telle négation de la vie humaine !

 

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Algues vertes: le Comité Scientifique donne raison à la campagne du FNE !

Posté par emmanuelesliard le 16 mars 2011

On se souvient des remous provoqués récemment par une campagne d’affichage dans le métro de Paris, à l’initiative de l’association FNE (France Nature Environnement)., dont a rendu compte Velveth sur Mediapart dans un billet publié le 16 février dernier ( http://blogs.mediapart.fr/blog/velveth/160211/algues-vertes-les-affiches-que-vous-ne-verrez-pas).

Parallèlement, le Comité Scientifique créé par la Préfecture de région Bretagne remettait son avis au Préfet, sur les actions envisagées en Côtes d’Armor pour lutter contre la prolifération des algues vertes. Par un curieux hasard du calendrier, à moins que ce ne soit en prévision des élections cantonales, comme certains l’ont si finement suggéré sur le fil du billet de Velveth, cet avis vient conforter et implicitement justifier la campagne d’affichage de l’association écologiste.

Seul point positif relevé par le Comité Scientifique à une très large majorité, le projet porté par l’agglomération de Lannion concernant la baie de Saint-Michel-en-Grève reçoit leur approbation

Par contre celui concernant la baie de Saint-Brieuc reçoit une volée de bois vert, en langage clair il est estimé que seule une remise en question des pratiques agricoles actuelles (cultures et élevages), peut entraîner à moyen terme une évolution positive et significative de la situation !

L’avis du comité estime par exemple que : « il s’agit d’un projet trop conventionnel qui ne se place pas d’emblée dans la nécessité de la mise en place d’un nouveau modèle agricole », on ne saurait mieux dire !

Il relève par ailleurs l’excès du budget réclamé, qui représente sur une période de cinq ans 2 250€ par hectare. Des sommes faramineuses ont déjà été englouties dans différents plans depuis une vingtaine d’années sans résultats probants.

Le comité souligne également « que même le projet le plus abouti, … , ne constitue qu’une première étape dans la démarche pouvant mener à des réductions importantes des flux d’azote. Cependant, il est également clair … qu’une étape plus importante devra être conduite après 2015 au vu des résultats obtenus. Prenant en compte l’inertie et le temps de réponse des bassins versants, … , en l’absence d’une forte réduction de la pression agricole, qui pourra nécessiter des changements structurels majeurs, les efforts entrepris aujourd’hui semblent avoir peu de chances d’aboutir aux objectifs escomptés en 2027 par le plan algues vertes, à savoir le bon état écologique des cours d’eau. Il semble important au comité de poursuivre la réflexion, sans contraintes, sur le long terme. »

Ce n’est pas un pavé, mais un menhir qui est envoyé dans la mare de la FNSEA, du Conseil Régional et des hommes politiques de droite, qui ont tous crié à l’assassinat de l’agro-alimentaire breton !

 

Pour ceux qui souhaitent connaître les détails du rapport, voici un lien qui permet de le consulter :

 

http://www.sourcews.fr/avis-comite-scientifique-algues-vertes

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« Il faut fermer Wall Street ? »

Posté par emmanuelesliard le 16 mars 2011

François Morin, économiste, professeur à Toulouse I, l’annonce clairement dans son dernier livre : « Il faut fermer Wall Street ? » (aux éditions du Seuil), la prochaine crise s’annonce déjà. Seule solution à ses yeux : fermer Wall Street et toutes les grandes places financières mondiales. Il s’en explique clairement dans une interview parue dans le quotidien belge « Le Soir » :


« Il faut changer le système de financement de l’économie mondiale. Wall Street – je veux dire par là : les grandes places financières – ne remplit plus sa fonction de financement des entreprises, de l’économie réelle. Depuis le milieu des années 90, les émissions nettes d’actions sont nulles, voire négatives dans la plupart des pays développés. En revanche, les crises financières se succèdent. Les marchés sont instables, notamment à cause de la spéculation sur les produits dérivés – une véritable folie ! Et l’Europe, face à une crise des dettes souveraines, est entrée dans un cycle infernal. En Grèce, l’Union et le FMI réclament désormais 50 milliards d’euros de privatisations d’ici à 2015, au lieu des 7 milliards sur trois ans initialement annoncés. Au Portugal, les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi élevés. Et je n’imagine même pas les conséquences qu’aurait un défaut sur la dette espagnole… Je suis habité par un sentiment d’urgence. Je sens venir de nouvelles catastrophes, auxquelles les États ne pourront plus répondre comme ils l’ont fait. »

Il poursuit en expliquant que la dette mondiale a augmenté de 45% en raison du coût du sauvetage des banques et de la relance de l’économie. La montée des inégalités est une conséquence intermédiaire, née de l’abandon des parités fixes (début des années 70) puis de la libéralisation des taux d’intérêt (années 80) abandonnés aux caprices du marché. Il remarque que les crises financières n’apparaissent qu’après ces erreurs et que :

« Cette libéralisation a provoqué le développement des produits dérivés et des innovations financières, car il était devenu nécessaire de se couvrir contre les variations des parités et des taux. Mais elle a aussi provoqué l’émergence de très grands investisseurs institutionnels, qui ont pu exiger des entreprises des taux de rentabilité faramineux, dont on a vu les effets catastrophiques sur le monde du travail. »

Il suggère de revenir à une organisation monétaire internationale, qui tuerait dans l’œuf la spéculation sur les taux de change et d’intérêt, avec taux de change fixes mais ajustables.

Pour lui, en France, le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, est le seul à avoir correctement diagnostiqué la puissance excessive de la finance libéralisée et mis en évidence les conséquences néfastes du seul critère retenu : la rémunération de l’actionnaire. Au sujet du PS et de DSK, son avis est particulièrement clair :

« Si Dominique Strauss-Kahn se contente de répéter le discours du FMI, il fera face à une forte opposition à gauche. Fondamentalement, la question centrale est de savoir s’il suffit simplement d’imaginer des règles qui limitent les dégâts que provoque le fonctionnement de la sphère financière (à l’image de ce qui a été fait lors des quatre dernières réunions du G20) ; ou bien s’il faut rompre avec cette logique et – osons l’expression – chercher la confrontation avec la sphère financière. Car ce qui est véritablement en jeu aujourd’hui, c’est la maîtrise par les gouvernements du financement à long terme de l’économie. »

François Morin explique également pourquoi beaucoup d’économistes se conduisent en fidèles valets du néo-libéralisme :

«À partir du moment où vous avez dans la tête un modèle d’équilibre général des marchés qui représente un optimum social et que vous êtes persuadé que tout écart par rapport à cette situation est source d’inefficacités, vous ne pouvez même plus concevoir qu’il est des domaines, comme les services publics et la sphère financière, où l’État doit absolument intervenir.»

 

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Filière Agricole + Grenelle : Clap de Fin ?

Posté par emmanuelesliard le 16 mars 2011

Dans ses voeux au monde agricole, hier mardi 18 janvier 2011 en Alsace, au delà des mots convenus comme : « agriculture durable, respectueuse de l’environnement » ou se préoccupant « de la santé des paysans », Nicolas Sarkozy semble avoir donné le clap de fin d’une filière agricole grenello compatible. Il suffit de se référer aux mesures concrètes annoncées pour en être persuadé.

Tout d’abord, celle concernant l’autorisation de circulation sur nos routes des camions de 44 tonnes !

En 2011, il s’agit d’un cadeau de Noël tardif à l’industrie agro-alimentaire, mais en 2012 tout le monde y aura droit, comme si le président voulait se faire pardonner de l’éco-taxe poids lourds qui entre en vigueur la même année.

On mesure tout de suite la puissance du signal envoyé, pour le développement du ferré et du fluvial ! Cela ressemble à un enterrement de première classe, et l’argument de moindre pollution fait doucement rigoler, il y aura ainsi de plus en plus de camions sur les routes.

Et une infrastructure routière qui souffrira le martyr. Bien entendu, il est promis d’imposer petit à petit un sixième essieu aux camions, mais les transporteurs (FNTR) réclament immédiatement en contre-partie de passer à 48 ou 50 tonnes ! Donc plus de camions de plus en plus gros égalent des frais routiers de plus en plus importants et une pollution accrue, s’il neige, n’en parlons pas, ça va rappeler de mauvais souvenirs à nos ministres !

Ensuite, un nouveau décret est paru hier au journal officiel, portant sur l’application de la loi de la modernisation de l’agriculture et de la pêche et traitant de la modernisation des élevages. C’est exactement ce que l’on subodorait, et que j’avais déjà dénoncé dans un précédent billet paru le 3 juillet 2010.

Les précisions du ministère de l’agriculture sont particulièrement intéressantes : « le décret permet de dispenser d’étude d’impact et d’enquête publique certaines opérations de regroupement sur des sites d’accueil déjà autorisés au titre des installations classées pour la protection de l’environnement ». Plus de 95% des élevages classés seraient concernés par cette libéralité.

L’association Eau et Rivières de Bretagne a immédiatement réagi, en dénonçant un nouveau recul dans la prévention des pollutions et nuisances et une aggravation automatique des pollutions de l’eau, de l’air et des sols.

Le mot d’ordre de Sarkozy : « Priorité à la compétitivité » ! Que l’on peut traduire à sa manière par : « l’environnement, ça commence à bien faire » !

Évidemment, quand Sarkozy parle de filière agricole, il fait uniquement référence à la filière ultra-productiviste, et annonce d’autres mesures facilitant les contrats entre producteurs de grandes cultures, les collecteurs, les entreprises d’alimentation animale et les éleveurs.

Faut-il y voir là le début d’une intégration encore plus poussée, que celle existant jusqu’ici entre fournisseurs d’aliments et éleveurs, qui sont devenus en réalité de faux salariés à risques (risque de l’investissement effectué) ?

 

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