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Un point d’histoire récente enfin élucidé !

Posté par emmanuelesliard le 4 juillet 2010

Après l’affaire Boulin qui semble définitivement enterrée, des scellés compromettants ayant semble t’il étés jetés dans le lac, nous pouvons avoir honte de notre justice ! Mais, Esliard est là, m’appuyant sur le club de ce redresseur de torts, je suis enfin en mesure de lever le voile sur un épisode abracadabrantesque (pour paraphraser Rimbaud) de notre histoire politique récente.

 

 Il était une fois, à la mairie de Paris, temple obligé de la Chiraquie triomphante, une consigne qui avait la singulière particularité, en ces temps troublés où les microprocesseurs règnent en maîtres, de ne pas être automatique. Elle était fort prisée d’hommes bien propres sur eux, qui régulièrement venaient y déposer de lourdes valises, avant de prestement s’éclipser sans attendre le moindre reçu, ni proposer quelque paiement. L’employé, un vétéran de la dernière guerre chiraquienne, ne s’alarma point, pensant qu’il s’agissait de gros clients ayant passé un accord préalable avec sa hiérarchie, qui comme d’habitude avait négligé de l’avertir.


Les grosses mallettes métalliques, identiques en tous points, étaient bien pratiques. Elles s’empilaient sans problème, mais au bout de quelques jours le gerbage manuel atteignit rapidement ses limites, il s’avérait nécessaire d’entreprendre une autre pile. Un mois plus tard, il se rendit compte qu’il n’avait pas perdu la face, mais bon dieu c’est bien sûr : une mission de confiance lui avait été secrètement confiée. Les valises étaient de plus en plus nombreuses, il fallait faire preuve d’initiative, le repérage de chaque bagage était indispensable. La sécurité la plus élémentaire imposait la matérialisation d’un couloir d’une largeur suffisante, permettant le repli rapide, en bon ordre, en cas d’écroulement accidentel d’une pile.


Il en était maintenant certain, le destin venait de frapper à sa porte, il l’ouvrit prestement et sortit à sa rencontre d’un pas guilleret. Il n’avait pas fait plus de deux enjambées qu’il se retrouva nez à pif avec le maître des lieux : Chichitou 1er ! Lequel revenait, l’air satisfait, d’une pause réparatrice de cinq minutes dans les étages, assisté d’une collaboratrice avenante, Véronique, la foutrement bien nommée !


Sa confusion était extrême, il bredouilla : « les vava …, les valili …, les valises, je les quéquette, je les sodopile jour après jour, heure par heure, cul à tête, un peu moins de soixante-dix jusqu’ici, je sécurise, je couloirise suffisamment en cas d’épilation accidentelle, heu … ! Si la tombe pile ! Sur la face ! Je me fais trancher en deux, enfin je crois ! »


Après un temps d’incrédulité qui lui parut une éternité, Chichitou 1er éclata de rire. Puis tout en continuant de peloter l’arrière-train avantageux de Véronique, il s’adressa enfin à l’employé devenu écarlate : « ne vous inquiétez pas mon brave, nous verrons cela après le salon de l’agriculture, Véro, faites-moi plaisir ! Apportez-moi tout de suite un pack de Corona dans mon bureau, ensuite veuillez prendre note des inquiétudes de monsieur, afin de me les rappeler le moment venu, et ainsi les vaches seront bien gardées ! »


Chichitou 1er prit son envol vers son bureau au premier étage. Le suivant du regard, le popotin enfin libéré, Véro revint peu à peu à la vie normale, en tournant la tête elle lança une œillade convenue au petit homme cramoisi qui tremblotait de tous ses membres, en précisant : « sois pas vache, les élections sont dans deux ans, refile une valise de temps à autre et laisse celles qui restent bien au chaud ! »


Le brave homme ne comprenait plus rien, sa tête était vide, « comme d’habitude » aurait précisé sa femme ! Il revint tout penaud vers la porte où scintillait en lettres d’or la mention : « CONSIGNE », en dessous plus discrètement on pouvait lire : « valises conformes », et encore plus petit : « tous billets ayant cours » !


L’employé aujourd’hui si perturbé, s’était souvent interrogé sur la signification de ces mentions, à ses yeux extrêmement sibyllines. Il se promit d’en parler à Véro, lors de sa prochaine visite, ce qui ne saurait tarder.


Mais Véro dut avoir un emploi du temps chargé, un tas d’étages à monter afin d’alléger le maître des lieux, car elle ne vint pas ce jour, ni le lendemain, pas plus que les jours suivants. Il se consola en confectionnant de magnifiques étiquettes, sur lesquelles il reporta le jour et l’heure d’arrivée de chaque mallette inscrits sur le cahier de réception. Il ne pouvait se tromper, les mallettes étaient entassées dans l’ordre d’arrivée, première pile au fond à gauche, deuxième toujours au fond mais à droite de la première et ainsi de suite. Il refit les piles, les aligna au cordeau, séparées par de magnifiques et larges allées matérialisées à l’aide de bandes adhésives bleues. L’ensemble avait fière allure, un seul détail retint sa réflexion pendant une bonne journée : la hauteur des piles !


Considérant la capacité physique de gerbage vertical du sujet, elle ne pouvait dépasser deux mètres, l’utilisation d’un escabeau étant exclue par la simple application du principe de précaution. Mais, le déstockage d’une telle pile pouvait s’avérer périlleux. En tirant sur la poignée de la valise la plus élevée pour la saisir, il y avait un risque d’entraîner dans une chute dramatique une ou plusieurs mallettes. Il était donc nécessaire que l’opérateur puisse soulever facilement l’objet placé le plus haut d’une seule main, avant de passer l’autre main en dessous, permettant ainsi de saisir la mallette en douceur et de l’amener au sol en toute sécurité.


Une rapide évaluation d’une semaine, permit de déterminer par l’expérience la hauteur maximale de pile. Notre chercheur en gerbage manuel de mallettes métalliques en conclut, qu’elle ne pouvait dépasser la taille du sujet, soit un mètre soixante. Chaque objet ayant une épaisseur hors tout de vingt centimètres, un calcul aisé donna le chiffre de huit valises.


Mais, si certaines étaient cabossées ! La hauteur de la pile deviendrait supérieure à l’évaluation théorique ! Suprême inquiétude : les bosses menaceraient la stabilité de l’ensemble ! On repartait de zéro ! Rassurez-vous, notre homme ne s’en laissa pas compter, il examina une à une les cent cinquante valises, mesurant au pied à coulisse, les passant au marbre et à la règle rectifiée, n’ayant pu se doter d’un comparateur électronique à visée laser. Cet examen, cette recherche scientifique aboutirent trois mois plus tard à l’élaboration d’une communication, qu’il jugea plus prudent dans un premier temps de garder pour lui.


Elle était sans appel, toutes les valises aboutissant à sa consigne sortaient d’usine, sans le moindre accroc, sans la plus petite bavure. Il n’y avait donc aucun risque.


Mais, au nom du sacro-saint principe de précaution, au cas où un objet présenterait des défectuosités, il fut décidé par l’autorité compétente, que chaque arrivage, sans la moindre exception, serait soigneusement contrôlé par l’opérateur qualifié, à l’aide des moyens techniques conséquents mis à sa disposition par lui-même. Si un objet s’avérait défectueux, il serait immédiatement retiré du circuit habituel et entreposé dans un espace prévu à cet effet, sur la tranche, côte à côte, poignée visible sur le dessus. Pas con, hein !


Cet épisode édifiant montre d’une manière éclatante, que ceux qui affirment avec une grande légèreté que Chichitou 1er n’a jamais fait le moindre effort pour la recherche scientifique, ne sont que de vils calomniateurs, qu’il convient de clouer au pilori, avec toute la sévérité que requiert leur attitude inqualifiable, avant que leur rouerie ne trouve l’ultime aboutissement qu’ils ont amplement mérité.


Après une telle période de labeur exaltant, notre petit homme était comme transformé, j’ose même dire : révélé ! D’ailleurs sa femme ne le reconnaissait plus, elle avait épousé le premier clampin venu, elle se retrouvait avec un gourou digne de la Revelation. Attention aux coups d’épingle cependant, les baudruches y sont très sensibles !


Après cette longue période enivrante, les mois passèrent dans une routine apaisante, les valises continuaient de s’entasser, personne ne semblait s’en préoccuper. Un an et un jour après le premier dépôt, l’employé eut la surprise de la visite impromptue de Chichitou 1er, il était accompagné de la fidèle Véro pour une fois entièrement libre de ses mouvements. Elle lui montra les centaines d’objets identiques savamment alignés, scientifiquement entassés, il apprécia en connaisseur et félicita l’employé pour son sens de l’initiative.


Tout à sa joie, celui-ci ne remarqua pas le curieux manège du grand homme, qui tout en toisant les piles, retenait à grand peine de curieux gloussements. Il s’arrêta, son corps tressaillait, un coude sur une pile, l’autre main tentant maladroitement d’étouffer une quinte de rire, il eut le temps de souffler : « vite une corona ! » Véro sortit prestement de la petite glacière qu’elle portait à la main un de ces flacons si prisés du grand homme, elle le décapsula avec adresse et le lui tendit dans le même mouvement, il s’en empara brutalement et but la canette d’un trait !


Enfin apaisé, il déclara vouloir passer aux choses sérieuses, le scientifique évidemment ne comprenait plus rien, la science a ses limites. Le roi de Chiraquie ne riait plus, sur un ton sévère il s’enquit de la présence en ces lieux du juriste maison. Véro bredouilla quelque chose que le scientifique ne saisit pas. « Comment ! Que me dites-vous ? Parti faire du trekking dans l’Himalaya ! Il choisit bien son moment celui-là ! Comme si moi, j’avais l’audace de rester me prélasser au Québec quand tout va mal ! »


Chichitou 1er entra dans une colère noire, à cet effet il sortit de ses gonds, blanc d’une rage difficilement contenue ! Curieusement, un pâle sourire satisfait se dessinait de temps à autre sur ses lèvres frémissantes. Un tic nerveux pensa le scientifique. La science fait des progrès constants, la couillonade itou ! Réunir d’urgence le cabinet ? « Bonne idée ma petite Véro, mais où sont-ils ces bons à rien ? Ils courent la gueuse ou le guignedoux, se gobergent royalement, en loucedé c’est heureux, on n’est pas concernés ! J’ai l’impression qu’une fois de plus, nous allons être obligés de nous débrouiller avec les moyens du bord ! »


Le roi de Chiraquie et sa fidèle assistante s’éloignèrent peu à peu, s’entretenant à voix basse. Au bout de longues minutes, qui lui parurent des siècles, le couple revint vers l’employé, qui leva la tête timidement, attendant la royale sentence.


Chichitou 1er prit la parole avec toute la force de persuasion que tout un chacun lui reconnaît : « mon brave, je viens de prendre une décision difficile qui vous concerne. Tous les objets entreposés dans cette consigne deviennent propriété de la Chiraquie au bout d’un an et un jour. Dans sa grande bonté, notre royale suffisance a décidé d’en faire profiter les nécessiteux de la Chiraquie, souffrant d’un handicap qui dépasse mon entendement. Ils auront droit à deux mallettes par personne. Afin que vous puissiez les reconnaître sans peine, une carte spéciale leur sera délivrée par nos soins, elle portera en grand la mention RPR, qui signifie Ranidé Particulièrement Rare. Est-ce bien clair mon ami ? »


« Y’a pas de lézard », répondit l’employé avec satisfaction. Chichitou 1er tourna les talons, se dirigea vers la porte suivi comme son ombre par la fidèle Véro et sa petite glacière. Dans le couloir, l’employé entendit distinctement : « Véro, vite une corona ! » Les choses reprenaient leur cours normal, le scientifique en soupira d’aise.


La morale de cette histoire, véridique en tous points, n’en est pas une, ou alors elle n’est pas édifiante : « donne une valise de billets à un pauvre le fera vivre quelque temps, apprends-lui à en voler le rendra riche ! »

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