11 septembre 2001 : la grande peur de l’an 2000 avait une année de retard !

Posté par emmanuelesliard le 28 mai 2010

Manu remarqua tout de suite l’embarras du loufiat, Quess n’avait pas l’air dans son assiette ce soir là. Une contrariété tourmentait son esprit, le minait de l’intérieur. Une vigoureuse thérapie s’imposait : un simple signe de Manu à ses amis les convainquirent en bonne intelligence de garder le silence. Il désirait l’inciter à s’exprimer sans avoir l’air d’y toucher, sur un sujet qu’il pressentait, sans pour autant bénéficier d’un quelconque don de voyance, ni d’un verre de cristal en forme de boule. Le simple résultat d’une analyse psychologique événementielle des plus élémentaires.
- New York, New York ! Deux petites tours et puis s’en vont ! Quels monstrueux attentats !  Pas bon du tout, si les ricains déconnent comme ils en ont la triste habitude dans les grandes occasions, ils sont capables de déclencher une guerre mondiale, pour outrage à maître du monde !
- Pas de doute, il convient de s’y préparer sans perdre un instant, mais ce qui m’a le plus étonné, c’est la remise en cause de toutes nos connaissances en balistique.
- Tu vas pas nous faire le coup des experts consultants des chaînes de télé pendant les guerres ?
- Non, je ne suis qu’un péquin de base qui constate que notre gigantesque savoir en la matière s’en trouve bouleversé ! Rendez-vous compte, un boomerang lancé en Afghanistan, semble-t’il par inadvertance, peut vous revenir dans la gueule aux USA, quinze ans plus tard ! S’était-il mis sur orbite ? Certains affirment l’avoir vu passer au Soudan, au Kenya, en Tanzanie, dans un tas d’endroits ! Les mains m’en tombent ! Que croire, qui croire ?
- C’est désarmant !
- Ils avaient activé une bombe à retardement, le top du top, à fragmentation ! Rien n’est trop beau pour les ricains !
- Pourquoi se fâcheraient-ils maintenant ?
- Absence de fair-play, mesquinerie légendaire, pression des marchands d’armes, Rambo n’a jamais accepté d’être mis au rancart, Mickey chez eux n’est pas en trois dimensions, une seule leur suffit, ces crétins portent sans cesse des œillères !
- Les réservistes vont être rappelés !
- Aux États-Unis ?
La voix de Quess était devenue blanche, quasi éteinte. Le fruit semblait mûr désormais, la cueillette pouvait commencer, instant rare et délectable. Nos amis s’y employèrent avec la science et la patience du pêcheur s’efforçant de ramener une grosse prise certes fatiguée mais particulièrement rétive.
- Pas uniquement, en France aussi, jusque cinquante ans paraît-il ! Ils en ont parlé à la radio.
- Ce,…, c’est pas possible, la loi dit que le maximum est de quarante-cinq !
- Je t’assure, vu que pour les jeunes le service militaire était devenu quasiment facultatif, maintenant tout à fait ! Il faut compenser avec les vieux, le temps de remettre la machine en route. Au fait patron, tu as quel âge ?
- Quarante-huit !
- Aïe, aïe, aïe ! Mais rassure-toi, les plus de quarante ans seront versés dans la défense passive : organisation des abris, nettoyage des décombres. Il y aura de la barbaque bien dégoulinante à nettoyer un peu partout, faudra refaire les tapisseries, du travail pour les petites mains habiles, les compétences seront recherchées. Tu t’y connais en papier peint ? Remarque, le rouge si on aime, ça flashe ! C’est une couleur qui explose au premier regard.
- Avec un peu de chance, tu te sentiras en pays connu, au pied de la tour Montparnasse, le nez en l’air à surveiller le ciel. Le soir, tu pourras aller faire un tour « à la ville de Guingamp », pour t’enfiler une ou deux brassées de Mort-Subite, de grenadines à la rigueur si tu veux garder l’esprit éveillé en cas de coup dur. Tu seras heureux comme un prince, loin des soucis quotidiens, des aléas du petit commerce et de la facture du garagiste après la révision de la grosse Mercédès. Côté féminin, crois-nous c’est gratiné, dommage que tu saches pas claquer les doigts !
- La vie rêvée quoi ! C’est quelque chose la guerre, quand t’es planqué à l’arrière. T’as le choix, te beurrer la gueule tous les soirs ou te remuer les orteils en cadence jusqu’au bout de la nuit. La plupart des femmes aiment les héros, même s’ils sont de pacotille, à défaut des premières tiges sujettes aux aléas des permes rares et courtes, elles se rabattent sur le tout venant, avec l’avidité de vaginales frustrées. Si t’assures que moyennement, elles considèrent que c’est toujours mieux que rien, à toi de leur prouver que si le ravissement se fait rare, il n’y a pas que les prix qui montent en flèche. Dans ces conditions, un monticule se transforme en Everest, une léchouille clitoridienne se métamorphose en met raffiné, une brouette de Zanzibar à la roue un soupçon voilée se change en carrosse royal, une posture inconfortable t’élève au rang de pédagogue averti, expliquant amoureusement les subtilités de la guerre de positions, une audace animale réputée contre nature, douloureusement effectuée, devient une extase inégalée, sans que le sujet soit le moins du monde maso, une série droit au but entraîne une béatitude émerveillée ! Que demande le peuple ?
- Ne te laisse quand même pas trop, ni surtout trop souvent entraîner dans l’ivresse du transport, sinon tu ne pourras plus t’en défaire ! Elles s’accrocheront avec l’avidité des morpions sur le bas-clergé breton. Après, pour s’en débarrasser c’est la croix et la bannière. Tu serais obligé de demander ta mutation au sommet de la tour, comme guetteur de première ligne, fonction qui réclame un don complet de soi, autant de préparation et de concentration qu’à un chasseur, le jour de l’ouverture de la chasse à la galinette cendrée.
- Ton premier retour en permission se fêtera comme il se doit, champagne et petits fours avec la famille et les voisins pour commencer, en amuse-gueule quoi ! Gueuleton et orgie ensuite, pour nous et nos nombreuses amies. Il faut bien que quelques uns se dévouent pour distraire, consoler les veuves, garder le moral de celles qui ont oublié que leur mari ou compagnon était vraiment parti au front trois mois auparavant et non pour acheter un paquet de cigarettes au tabac du coin de la rue. En temps de guerre, il n’y a rien de plus important que le moral de l’arrière, nous nous sacrifions pour ce travail ingrat, mal payé, toujours injustement déconsidéré. La gloire ? Non monsieur, non madame, le patriotisme le plus pur guide notre action ! Nous laissons les honneurs et les colifichets aux ambitieux et aux opportunistes.
- Vive la guerre et les orgies !
- Vive le tabac du coin de la rue !
- Vive Quess et tous les chasseurs de galinettes cendrées !
- C’est parti comme en quatorze, on les aura ! On sait pas qui, on sait pas quoi, mais on les aura. La fête terminée, enfin pour toi que le devoir appellera, nous te conduirons à la gare avec fanfare et majorettes. C’est pas maintenant qu’on va te laisser tomber, notre amical souvenir ne sera pas un vain mot. J’espère simplement que nous n’aurons pas affaire à un ingrat, ni à un vulgaire pignouf. Ton sens aigu du commerce bien compris t’incitera à laisser des instructions circonstanciées à qui de droit. Nous sommes même prêts à assumer la lourde tâche de fondés de pouvoirs.
- Confie nous les clés et tu trouveras à ton retour, l’établissement dans l’état où tu l’as quitté. Nous pouvons même améliorer la décoration, surtout dans les lieux d’aisance, c’est la spécialité de Zorro. Pars serein, on s’occupe de tout.
- Vous rigolez, vous rigolez, c’est pas vous qui allez partir ! Au fait pourquoi pas vous, qui êtes plus jeunes que moi, des pistonnés hein ? Toujours les mêmes qui dégustent, toujours les mêmes qui se sacrifient !
- Tout simplement en raison de l’absence totale de mobilisation générale en France !
- Hein, vous m’avez fait marcher ?
- Non, on t’a fait courir et à bride abattue !
- Jeanne Calment dans les mêmes conditions, la veille de sa mort, battait le record du monde du cent mètres toutes catégories confondues !
Quess se rendait compte qu’il avait été berné. Le choc était si rude qu’un vertige le prit, il se massa le front de la main gauche. Entre soulagement et vexation, devait-il éclater de rire ou écumer de rage ? Aussi en commerçant prudent et avisé, se contentait-il de fulminer en silence, de ronger son frein en attendant des jours meilleurs, seules les mâchoires frémissantes, légèrement disjointes, traduisaient cet état. Il les aurait volontiers étranglés l’un après l’autre, lentement, posément, consciencieusement, dans l’ivresse d’une vengeance trop longtemps contenue. Au même moment, la pression lui cracha au nez des éclats de mousse, vestiges de nos consommations maintenant bien calées dans nos estomacs. Il lâcha un juron retentissant que l’on dût entendre à un kilomètre à la ronde.
- On t’a demandé trois mousses, pas la table des matières !
- Maintenant, énervé comme il est, il va mettre une plombe à changer le fût. Quess, file-nous cent balles, on va voir la concurrence, quand tu seras calmé, on reviendra !
- Je ne vois pas ce qui a pu le contrarier à ce point, vous avez une petite idée ?
- Aucune ! Peut-être la blanquette qui n’a pas trouvé sa place entre les douze pastagas, le kil de rouge et les quatre calvas de ce midi ?
- Je penche plutôt pour le café, qu’il a glissé sournoisement entre le troisième et le quatrième calva, afin de laisser croire à Nic qu’il s’agissait du premier.
- Vous n’y êtes pas du tout ! C’est la farine de la sauce qui était périmée, ça ne pardonne pas, bonjour la gastro !
- A moins qu’il ne s’agisse de la farine du pain. Je dirai deux mots à « La Boulange », lors de sa prochaine visite ! Pour qu’il arrête enfin de picoler. Y en a marre de ses pains spéciaux à l’alcool pré-digéré ! Une fois de plus, il a dégueulé dans le pétrin. Ah, il va m’entendre ! Qu’en penses-tu, Quess ?
- Ce que j’en pense ! Si vous ne valiez pas à vous trois, cinquante pour cent du chiffre du bistrot, il y a longtemps que je vous aurais virés à coups de lattes !
- Répondez pas ! Il n’est pas dans son état normal. Un peu grincheux, il cherche à nous vexer, mais ça ne prend pas. On n’est pas nés de la dernière pluie.
- Ni de la dernière bière !
- Vous voyez, il s’aigrit. Il se fait du mal tout seul. Acariâtre tendance suicidaire ! Demandons discrètement à Nic de le surveiller constamment les prochains jours ! Je ne voudrai pas avoir sa mort sur la conscience. Quand on peut aider un pauvre malheureux dans la détresse, l’hésitation n’est pas de mise. La solidarité est un devoir du vin entre les hommes, euh, je voulais dire divin ! J’te dis pas le paquet d’indulgences plénières que tu ramasses !
- Ça nous fait une belle jambe, je pencherai pour une brassée de demis à la place de tes indulgences. Ce que le clergé perdra, les brasseurs y gagneront. J’aime autant qu’ils évitent la faillite, que leurs ouailles restent fidèles. Y en a marre de ces curés, qui n’offriront jamais de vin de messe à leurs paroissiens, ne serait-ce qu’une petite lichette. Ils s’étonnent après, de la désaffection de leurs contemporains dans les églises, hypocrites va ! Jésus partageais lui, le pape non ! S’il tend la main, c’est pour que tu l’aides à se relever ou pour que tu lui refiles un gros biffeton, à moins de cinq cents balles pas de salut ! Je sais, la vie est dure pour tout le monde. Lui, comme Seillière, ne vit pas de prières et d’eau fraîche, mais de contributions volontaires conséquentes et de vin de messe en quantité raisonnable.
- Alors beau militaire, tu le mets en perce ce fût tout neuf ou tu pars au front sans attendre ?
Pierrot finissait à peine sa phrase, que le contenu de la chope d’eau, rinçage habituel du coupe-mousse, se déversa sur son front surpris, mouillant par l’application de la loi de la pesanteur liquette et jeans à satiété, maintenant ainsi au frais pour quelque temps des outils qui devraient, paraît-il, toujours y être. Cette douche surprise eut pour effet de couper la parole de l’arrosé, le visage dégoulinait, aucun son ne sortait de la bouche entrouverte. Notre Pierrot, devenu muet, mit un temps, qui dut lui paraître une éternité, avant de descendre péniblement de son tabouret. D’une démarche flottante, il prit la direction de la porte des toilettes.
Pierrot dorénavant à l’abri des regards, la lumière crue des feux de la rampe nous éblouissait, jusqu’au trouble manifeste. Nous ne savions quelle attitude adopter ! L’auteur de l’agression n’était pas plus vaillant, il se demandait s’il n’avait pas dépassé les bornes. Nous ne voulions surtout pas prendre le risque de blesser notre ami, par les éclats de rire que nous maîtrisions à grand peine. Aussi, par accord tacite, nous attendîmes son retour à la dignité. L’humiliation quoique essuyée était loin d’être sèche, mais son visage s’éclaira d’un léger sourire quelque peu contrit qui donna le signal. Nos mines s’illuminèrent, quelques gorgées plus tard nous nous esclaffions bruyamment, bientôt imités par un Quess régénéré et soulagé par la tournure des événements.
- La douche était bonne ? C’est excellent, un peu de bière, pour le rinçage après un shampoing !
- Le problème, c’est que tu as oublié le shampoing. Donc, je ne paye pas une prestation aussi salopée. Je me verrai plutôt réclamer des dommages et intérêts pour préjudice moral, trois fois rien, une poignée de formidables par exemple !
- Puisque je me suis bien défoulé, je vais être bon prince, je vous offre à chacun une pinte de spéciale et sans faux-col !
- Merci mon prince, tu es formidable, pour une fois que tu es à moitié sérieux, ou l’inverse !
- Plus que sérieux ?
- Il n’est pas si coincé que ça, notre loufiat en chef ! Beaucoup moins que la gripsous bavarde qui ne sait pas rigoler. La moindre fine plaisanterie est une atteinte à sa dignité, pas en tant que femme, elle en ignore la subtile quintessence, mais en tant que « madame la patronne » !
- C’est logique, elle place la dignité où elle en manque le plus ! Comme vous dès le quinze du mois, l’argent n’est plus qu’un souvenir, une évocation ! Pourtant, votre générosité naturelle vous pousse à sortir votre porte-monnaie sans retenue, comme si vous étiez richissime.
- On te retourne le compliment Manu. Notre dignité est inattaquable, aucune raison de mollir, Quess ! Avec un tel soutien psychologique, nous ne craignons rien ! Une tournée de spéciale à la clé, des pintes qui plus est, tu es le mec plus ultra de la limonade costarmoricaine !
- Un début de pintée, quoi !
- Stylée, à l’image de notre loufiat en chef. Parfois même un peu trop, quand il manque de la rondeur habituelle, de l’onctuosité vinicole rituelle, contrôle serré occasionnel de l’alcoolémie journalière par Nic oblige, il lui arrive d’être aussi raide qu’un british !
- Please, three pints of lager !
- Et sans faux-col, pas comme la dernière fois où elles étaient plutôt half tes pintes ! Des bières sont réclamées instamment, pas des verres de mousse. Si l’envie nous suggère quelque chose qui ressemble à de la chantilly, on avise le glacier le plus proche !
- Mais, si la conversation prend un tournant britishant, c’est pas évident que le tavernier vous comprenne !
- Ils sont bien fournis côté glottes maintenant, surtout Quess en raison d’une lubrification constante de bon aloi.
- Et polis avec ça !
- Pas comme Nic, ni polie, ni glotte !
Une fois de plus l’inéluctable venait de se produire : à force de vouloir péter plus haut que le fondement, la chute devient prévisible, la honte barrant le front d’une rougeur suspecte. Rassurons tout ce petit monde, les dents des ambitieux rayant le parquet des ambitions n’ont jamais empêché la cireuse de le faire reluire, plus éclatant que la veille, un peu moins que le lendemain !
L’ambitieux n’a pas peur du ridicule, à ses yeux avertis il ne tue que les jaloux. Ils peuvent rire sous cape, il est persuadé qu’ils finiront par s’étrangler. Son aveuglement ne le gêne aucunement, c’est son éthique personnelle, mais il ne faut pas lui briser ses illusions ! Si son ego, supérieur dans sa dimension, lui laisse le loisir de se rendre compte que l’exquise félicité du pouvoir, les fabuleux avantages de toute position en vue, relèvent plus du fantasme que de la réalité, que le respect qu’il revendique avec force ne s’octroie pas automatiquement, mais uniquement aux gens respectables, alors c’est la fin de son monde virtuel, tout s’écroule !

11 septembre 2001 : la grande peur de l'an 2000 avait une année de retard ! dans Liens mp3 Mouloudji Le Déserteur

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Cauchemar

Posté par emmanuelesliard le 17 mai 2010

Dimanche soir, ou était-ce lundi matin ? J’ai fait un rêve peu commun. Comme souvent la nuit, quand l’obscure clarté hésite entre l’aube et le crépuscule, je me baladai tranquillement dans les rues de Londres, du côté de Soho. Soudain, au détour d’un coin sombre, je tombe sur Boy George (enfin, façon de parler, heureusement pour moi), je le salue poliment et poursuis mon chemin, mais il s’accroche à mes basques. Je me retourne, pour lui faire part de mon irritation, là en pleine lumière je vois une vieille pomme fripée plus maquillée qu’une voiture volée, je pousse un cri et m’enfuis en courant. Vingt-cinq ans plus tard, ça fait drôle !

Vint une rue plus large et bien éclairée, mais quasi déserte. J’appréhendai au loin une vieille dame échevelée qui effectuait de grands gestes en criant : « Argentina, Argentina », puis s’efforça de chanter un air qui me titillait affreusement l’oreille : « Don’t cry for me Argentina ! ». C’était insupportable, je m’arrêtai, ce qui eu pour effet d’attirer l’attention de la mégère qui se précipita vers moi en titubant. Je la distinguai mieux, une choucroute sur la tête, un visage hideux, ravagé par les ans, la maladie et peut-être le remords, mais, mais, on dirait Maggie ! Demi-tour, au pas de course, puis à la vitesse d’un « Exocet », elle criait : « Don’t forget me ! », « Don’t forget me ! », qui bientôt se transformèrent en : « Où est Sarkozy ? », « Où est Sarkozy ? », puis s’éteignirent lentement à la vitesse de ma course finissante.

Reprenant difficilement haleine, je croise Jimmy Sommerville, quelques mots sympas, on discute amicalement. Il me demande où en est « La Commune » ? Je lui réponds que justement, sa principale qualité c’est de ne pas l’être (je ne perds jamais le sens commun) ! Puis du tac au tac, ou peu s’en faut, je lui réplique : « les Communards, qu’en as-tu fait, où les as-tu mis ? »

Je les ai expédiés en Nouvelle Ecosse, me dit-il ! Puis me prenant par le bras gauche : « mais viens, je vais t’expliquer tout cela en détails, en explorant les parties communes ». Je hurle, bondis de mon lit en sueur ! Ouf, ce n’était qu’un cauchemar !

 Je réfléchis et de fil en aiguille, de chas en couture, me reviens en mémoire l’émoi et la satisfaction d’une amie très chère d’être assise en classe à côté du plus joli garçon. Mais moi aussi, au lycée, il m’est arrivé d’être assis près d’un beau garçon ! Pourtant, je ne me souviens pas de la moindre émotion, l’indifférence plutôt ! J’en conclus doctement que face à une situation identique, les filles et les garçons ne réagissent pas de la même façon, ils sont donc différents ! La nuit du 16 au 17 mai 2010, grâce à votre aimable serviteur, la science a fait un grand bond en avant !

C’est comme aux élections régionales, les votants et les abstentionnistes, sont-ils si différents ? Quel mal ont-ils fait ? La question me pénétra tout à fait, Jimmy avait sans doute la réponse, pourquoi ai-je fui aussi sottement ? Les abstentionnistes chantent-ils un avenir radieux, ou un rêve sans lendemain ?

 Ne me retenant plus, il m’est soudain agréable de me remémorer tous les efforts que je prodiguai alors dans mon bahut pour raconter des histoires drôles. Pas celles que certains colportaient à tort et à travers, après les avoir entendues au mariage de la grande sœur, ou à la communion de la petite (pas à l’église quand même, quoique). Non, les miennes étaient originales, tirées de mon cerveau fécond et pas du médiocre « Cent Blagues » à 1 Franc, que d’autres se passaient en gloussant peu discrètement, en salle d’études le soir. N’importe comment, je ne les retenais jamais, tellement elles étaient nulles, et toc !

Je me souviens de celle où prenant un air déprimé (rôle de composition), j’abordai fermement un de mes potes, en lui tenant ce langage :  » j’en ai marre, ça ne peut plus durer, si tout cela continue, je vais de ce pas me jeter dans la Garonne ! »

Surpris et inquiet, l’ami répondait : « reprends toi John (c’était mon surnom) ! », puis réaliste : « mais pourquoi la Garonne ? »

Changeant de ton, soudain rigolard, je lui lançais : « hé patate ! C’est tellement loin qu’avant d’y arriver, j’ai mille fois le temps de changer d’avis ! »

Mes meilleurs potes riaient franchement : « ah ce John, toujours le même, s’il n’existait pas il faudrait l’inventer ! »

D’autres, l’air furibard, tournaient bêtement les talons en haussant les épaules.

Certains (très rares il est vrai) posaient la main sur mon épaule, me regardaient droit dans les yeux : « tu as un problème, toi ! »

Gêné : « ben non ! ». Et le traître s’éclipsait en s’esclaffant, pour aller en raconter une bien bonne à ses copains.

Je me rends compte que la vie a rarement été tendre avec moi. Surtout, le jour où j’entendis à la radio une de mes précieuses histoires faite main  avec amour, racontée par un inconnu !

Voleur, mécréant, iconoclaste, m’écriai-je ! Mais le mal était fait ! Elle est où la Garonne ?

J’aurai mieux fait de m’abstenir, mais l’abstinence n’est elle pas prêchée par de fâcheux américains culs-bénits rétrogrades ? Rêve ou cauchemar ? J’aperçois tout à coup le petit nabot à talonnettes, pas le moindre doute, lui, j’en suis sûr, est un cauchemar !

Manu.

 

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Bonjour tout le monde !

Posté par emmanuelesliard le 17 mai 2010

Juste quelques mots pour ce premier article.

Tous les commentateurs sont les bienvenus, les contradicteurs ne risquent en aucun cas l’expulsion, contrairement à un certain Eric B.  je n’entretiens pas de centres de rétention. Aussi, soyez sans crainte surtout si vous n’êtes pas sans reproche, parce que ça fout la trouille, les hommes parfaits !

Vous pouvez parler de tout et moi de rien, que voulez-vous c’est le privilège du blogueur !

Au plaisir de vous accueillir et de vous lire.

Manu.

Bonjour tout le monde ! mp3 Loguivy de la mer par François Budet

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